PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS DANS LE SONNET VIII (JE VIS, JE MEURS), DE LOUISE LABÉ

28 12 2011


 I.                     Type de texte.

? Texte poétique.

 

II.                    Genre littéraire.

? Grand genre : poésie.

? Genre : sonnet.

 

III.                  Situation d’énonciation.

a) Locuteur et destinataire.

Locuteur : Forte présence du locuteur, marquée par la forte présence des pronoms personnes et des déterminants de la première personne du singulier. Mais ce locuteur est anonyme (aucun indice, dans le texte, ne permet de deviner l’identité de l’énonciateur, ni de dire si c’est un homme ou une femme).

Destinataire : Aucun indice, dans le texte, ne permet d’identifier un destinataire.


IV.                 Thème(s) du texte.

Les tourments causés par l’amour.

 

 

V.                   Les figures de style.

a)  Les figures d’insistance.

? Anaphore : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie, /  J’ai chaud extrême en endurant froidure » (vv. 1-2).

? Hyperbole : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1) ; « me noie » (v. 1) ; « chaud extrême », v. 2 ; « trop molle », v.3 ; « trop dure », v. 3 ; « grief tourment », v.6 ; « je sèche » (v. 8) ; « je verdoie » (v. 8).

 

b)              Les figures d’opposition.

? Antithèse : « Je vis » (v. 1) / «  je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1)  / « me noie » (v. 1) ; « chaud extrême » (v. 2) / « froidure » (v. 2) ; « trop molle » (v. 3) / « trop dure » (v. 3) ; « grands ennuis » (v. 4) / « joie » (v. 4) ; « je ris » (v. 5) / « je larmoie (v. 5) ;  « plaisir » (v. 6) / « tourment » (v. 6) / « s’en va » (v. 7) / « à jamais il  dure » (v. 7) ; « je sèche » (v. 8) / « je verdoie (v. 8) ; « plus de douleur » (v. 10) / « hors de peine » (v. 11) ; « joie » (v. 12) / « malheur » (v. 14).

 

c)  Les figures d’équivalence.

? Métaphore : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1) ; « me noie » (v. 1) ; « je sèche » (v. 8) ; « je verdoie » (v. 8).

? Personnification : « Amour » (v. 9)

 

VI.                 Les figures de son.

? Allitérations en r et, d’une façon plus générale en liquides (r + l), dans tout le texte : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. / J’ai chaud extrême en endurant froidure : / J’ai grands ennuis entremêlés de joie : / Tout à un coup je ris et je larmoie, / Et en plaisir maint grief tourment j’endure : / Mon bien s’en va, et à jamais il dure : / Tout en un coup je sèche et je verdoie. / Ainsi Amour inconstamment me mène : / Et quand je pense avoir plus de douleur, / Sans y penser je me trouve hors de peine. / Puis quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon désiré heur, il me remet en mon premier malheur. ».

? Allitérations et assonances  en nasales (consonnes et voyelles prononcées avec un passage de l’air non seulement par le nez, mais aussi par le nez : m + n + an + en + ain + un + on + in), et plus spécialement en et en an en, dans tout le texte :

–  « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. / J’ai chaud extrême en endurant froidure : / J’ai grands ennuis entremêlés de joie : / Tout à un coup je ris et je larmoie, / Et en plaisir maint grief tourment j’endure : / Mon bien s’en va, et à jamais il dure : / Tout en un coup je sèche et je verdoie. / Ainsi Amour inconstamment me mène : / Et quand je pense avoir plus de douleur, / Sans y penser je me trouve hors de peine. / Puis quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon désiré heur, il me remet en mon premier malheur ».


 

VII.                Les procédés métriques et les licences poétiques.

a) Structure du poème

Ce poème est un sonnet, c’est-à-dire un poème de quatorze vers doté d’une structure de rimes particulière.

Au seizième siècle, on écrit généralement le sonnet  en un seul bloc. Mais il est devenu de tradition de l’écrire sous forme de deux quatrains suivis de deux tercets. On peut aussi considérer, compte tenu de la structure des rimes des six derniers vers que l’on a deux quatrains suivis d’un sizain.

 

b) Structure des rimes.

Dans ce sonnet, la structure des rimes est la suivante : abba  abba  cdc cdd

 

c) Type de vers utilisé.

Ce sonnet est écrit en décasyllabes canoniques, composés selon le rythme 4 + 6 (donc en cadence majeure : la mélodie monte dans la première partie, la protase ; elle descend dans la seconde, l’apodose), avec une césure après la quatrième syllabe.

 

VIII.              Les procédés grammaticaux.

 

a) Le jeu des pronoms personnels et des déterminants possessifs de l’énonciation (première et deuxième

personnes).

? Forte présence du pronom personnel de la première personne du singulier, avec :

– treize  occurrences de « je » et de « j’ »  (« Je vis », v. 1 ;  « je meurs, v. 1 ; « je me brûle », v. 1 ; « J’ai »,v. 2 ; « J’ai », v.  4 ; « je ris », v.  5 ; « je larmoie », v.  5 ; « j’endure », v. 6 ; « je sèche », v. 8 ; « je verdoie », v. 8 ; « je pense », v. 10 ; « je me trouve », v. 11 ; « je crois », v. 12) ;

– six  occurrences de « me » ou de « m’ » (« je me brûle », v. 1 ; « me noie », v. 1 ; « m’est », v. 3 ; « me mène », v. 9 ; « je me trouve », v. 11 ; « il me remet », v. 14).

? Présence du déterminant possessif de la deuxième personne du singulier (« Mon bien », v. 7 ; « ma joie », v. 12 ; « mon premier malheur », v. 14).

? Absence totale des pronoms personnels et des déterminants de la deuxième personne.

 

b) Le rythme de la phrase.

– La subordination n’est pas employée dans les deux quatrains et la coordination entre propositions n’est utilisée que deux fois (dans le deuxième quatrain) : le rythme est donc rapide et traduit la confusion mentale du personnage. Il n’y a pas non plus de mots de liaison.

– Dans les deux tercets, la subordination est employée deux fois (« quand je pense », v. 10 ; « quand je crois », v. 12). En outre, chaque tercet est introduit par un connecteur (« ainsi », v. 9 ; « puis », v. 12).

 

 IX.                  Le lexique.

a) Mots et constructions qui ont disparu :

– « J’ai grands ennuis » (v. 4) = « J’ai de grands ennuis ».

– « Tout à un coup » (v. 5) = « en même temps ».

– « je larmoie » (v. 5) = « je pleure ».

– « grief » (v. 6) = « grave ».

– « quand je pense avoir plus de douleur » (v. 10) = « quand je pense avoir le plus de douleur ».

– « quand je crois ma joie être certaine » (v. 12) [L’utilisation de la proposition infinitive est un latinisme] = « quand je crois que ma joie est certaine ».

– « heur » (v. 13) = « bonheur ».

 

b) Champs lexicaux :

? Champ lexical de la joie : « Je vis » (v. 1) ; « joie » (v. 4) ; « je ris » (v. 5) ; « plaisir » (v. 6) ;  « à jamais il dure » (v. 7) ; « je verdoie (v. 8) ; « hors de peine » (v. 11) ; « joie » (v. 12) ; « désiré heur » (v. 13).

? Champ lexical de la peine : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle et me noie » (v. 1) ; « J’ai chaud extrême » (v. 2) ; « en endurant froidure » (v. 2) ; « trop molle » (v. 3) ; « trop dure » (v. 3) ; « grands ennuis »  (v. 4) ; « je larmoie » (v. 5) ; « grief tourment » (v. 6) ; « mon bien s’en va » (v. 7) ; »je sèche » (v. 8) ; « douleur » (v. 10) ;

 

 

X.                   Les registres littéraires [= les tonalités].

? Lyrisme amoureux :

–          description des effets de la passion  avec l’évocation des conséquences contradictoires de l’amour (voir les antithèses, supra) ;

–          évocation de l’amour (« Ainsi Amour inconstamment me mène », v. 9) ;

–          forte présence de la subjectivité du locuteur (= expression du moi) : voir, supra,  le jeu des pronoms personnels et des déterminants possessifs de l’énonciation ;

–          champs lexicaux concernant la psychologie et l’affectivité (amour, joie, tristesse). ;

–          figures de style traduisant l’émotion du locuteur (voir les antithèses, supra).




NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE MÉTRIQUE

27 12 2011


 

La métrique est la branche des études littéraires qui étudie la façon dont sont composés les poèmes.

 

 

I.                    Les différents types de vers.

Un vers d’une syllabe est un monosyllabe.

Un vers de deux syllabes est un  dissyllabe.

Un vers de trois syllabes est un trisyllabe.

Un vers de quatre syllabes est un quadrisyllabe (ou tétrasyllabe).

Un vers de cinq syllabes est un pentasyllabe.

Un vers de six syllabes est un  hexasyllabe.

Un vers de sept syllabes est un heptasyllabe.

Un vers de huit syllabes est un octosyllabe.

Un vers de neuf syllabes est un ennéasyllabe.

Un vers de dix syllabes est un décasyllabe.

Un vers de onze syllabes est un hendécasyllabe.

Un vers de douze syllabes est un dodécasyllabe (appelé plus couramment alexandrin).

 

 

II.                  Les différents types de strophes.

Les strophes sont appelées couplets dans les chansons et stances dans les tragédies classiques ou les poèmes religieux.

 

Une strophe d’un vers est un monostiche.

Une strophe de deux vers est un distique.

Une strophe de trois vers est un tercet.

Une strophe de quatre vers est un quatrain.

Une strophe de cinq vers est un quintil.

Une strophe de six vers est un sizain.

Une strophe de sept vers est un septain.

Une strophe de huit vers est un huitain.

Une strophe de neuf vers est un neuvain.

Une strophe de dix vers est un dizain.

Une strophe de onze vers est un onzain.

Une strophe de douze vers est un douzain.

 

 

III.                Strophe isométrique et strophe hétérométrique.

Une strophe où est employé un seul mètre (c’est-à-dire un seul type de vers) est appelée isométrique.

Une strophe où sont employés différents mètres est appelée hétérométrique.

 

 

IV.                Rimes et assonances.

Lorsque, dans deux mots, la dernière voyelle accentuée est suivie d’éléments qui se prononcent différemment, on a une assonance.

Ex. : voiture et cellule

 

Lorsque, dans deux mots, la dernière voyelle accentuée est suivie d’éléments qui se prononcent de la même façon, on a une rime.

Ex. : voiture et ramure

 

 

V.                  La structure des rimes.

Lorsque les rimes ont la structure AABB, on les appelle rimes plates (ou rimes suivies).

Lorsque les rimes ont la structure ABAB, on les appelle rimes croisées.

Lorsque les rimes ont la structure ABBA, on les appelle rimes embrassées.

 

 

VI.                Rimes masculines et rimes féminines.

Lorsque le dernier mot d’un vers se termine par un e muet (quelle que soit la façon dont il s’écrit), la rime est féminine ; dans tous les autres cas, elle est masculine.

 

 

VII.              Rime pauvre et rime riche.

Une rime est pauvre quand elle ne comporte que la dernière voyelle accentuée (et éventuellement ce qui suit).

Elle est riche si elle comporte d’autres éléments devant cette voyelle.

 

Ex. : cantine et margarine offrent une rime pauvre. [Il n’y a rien de commun devant le i.]

marine et margarine offrent une rime riche. [Il y a un r dans les deux mots devant le i.]

 

 

VIII.         Diérèse et synérèse.

Il y a diérèse quand on décompose une syllabe pour en obtenir deux.

Ex. : On prononce li-on au lieu de lion.

 

Il y a synérèse quand on prononce en une seule syllabe ce qui se prononce normalement en deux.

Ex. : On prononce ou-vrier au lieu de ou-vri-er.

 

 

IX.            La césure.

Certains types de vers présentent normalement une coupe qui les décompose en deux parties : la césure. L’absence de celle-ci a généralement un sens qu’il faut comprendre.

Ex. : L’alexandrin a normalement une césure après la sixième syllabe : 6 + 6.

Le décasyllabe a normalement une césure après la quatrième syllabe : 4 + 6.

 

 

X.                L’enjambement, le rejet et le contre-rejet.

Il y a enjambement lorsque la phrase ne tient pas dans un seul vers, mais comprend :

–          une partie du vers précédent (celle-ci s’appelle alors contre-rejet) ;

–          une partie du vers suivant (celle-ci s’appelle alors rejet).




L’ALBATROS : SUGGESTION DE PLAN

27 12 2011

Question (pour l’épreuve d’oral) : Quelle est la nature de ce texte ? [Cette question va servir de problématique.]

 

 

  1. Un texte poétique.

a)       Exigences de la métrique.

b)       Abondance des figures de style.

c)       Présence de figures de son.

 

  1. Un texte narratif.

a)       Utilisation de verbes d’action.

b)       Le jeu des temps : utilisation du présent de narration.

 

  1. Un texte argumentatif (qui cherche à persuader).

a)       Présence d’une ponctuation expressive (le narrateur cherche à créer une relation empathique avec le lecteur).

b)       Raisonnement par analogie.




TYPOLOGIE DES TEXTES.

27 12 2011

 

Caractéristiques du texte narratif.

– Dessein : Raconter une histoire.

– Structure : Forme du récit (schéma narratif).

– Procédés caractéristiques : Emploi du passé simple, emploi du présent de narration, verbes d’action.

– Exemple(s) : Reportage journalistique, fait divers, biographie, autobiographie, parabole, conte, légende, roman nouvelle, histoire drôle, etc.

 

Caractéristiques du texte poétique.

– Dessein : Créer un univers imaginaire.

– Structure : Très variables, mais avec une grande importance donnée à la valeur des mots, aux images et aux sonorités.

– Procédés caractéristiques : Retour d’éléments semblables (son, nombre de syllabes, structure grammaticale du texte, vers ou groupe de vers, glissement de sens, formulations et associations inhabituelles, création de mots, mise en forme graphique, reprise et refonte de textes connus ou d’expressions diverses.

– Exemple(s) : Multiples formes de poème, comptine, chanson, comptine, proverbe, slogan publicitaire, dicton, certaines formes d’humour, etc.

 

Caractéristiques du texte argumentatif.

– Dessein : Modifier les opinions par des moyens rationnels (convaincre).

– Structure : Thèse + arguments rationnels + conclusion.

 

Caractéristiques du texte persuasif.

– Dessein : Modifier les opinions par des moyens non rationnels (persuader).

– Structure : Thèse + arguments irrationnels + conclusion

– Exemple(s) : Publicité, plaidoyer, critique (de film, de livre, …), etc.

 

Caractéristiques du texte explicatif.

– Dessein : Accroître les connaissances.

– Structure : Questionnement + résolution.

 – Exemple(s) : La plupart des textes contenus dans les manuels scolaires et les encyclopédies, compte rendu d’expérience, article scientifique, etc.

 

Caractéristiques du texte injonctif.

– Dessein : Pousser à agir.

– Procédés caractéristiques : Temps et modes particuliers (impératif, subjonctif, futur et présent de l’indicatif, infinitif), supériorité (réelle ou supposée) de l’énonciateur.

– Structure : Ordre ou défense.

 

Caractéristiques du texte dialogal.

– Dessein : Rapporter les paroles prononcées.

– Structure : Absence du narrateur.

– Procédés caractéristiques : Discours direct, tirets, guillemets, deux-points, changement d’interlocuteur.




Bonjour tout le monde !

1 11 2011

Bienvenue sur mon blog !

Je viens de créer ce blog éducatif sur LeWebPédagogique. Encore un peu de patience et vous retrouverez mes articles.

A bientôt.