Djamilia (Jamila) / Tchinguiz Aïtmatov

«Djamilia était vraiment très belle. Élancée, bien faite avec des cheveux raides tombant droit, de lourdes nattes drues, elle tortillait habilement son foulard blanc, le faisant descendre sur le front un rien de biais, et cela lui allait fort bien et mettait joliment en valeur la peau bronzée de son visage lisse. Quand Djamilia riait, ses yeux d’un noir tirant sur le bleu, en forme d’amande, s’allumaient… Et j’étais jaloux d’elle, comme les jeunes frères sont jaloux de leurs sœurs…»

djamilia

Le récit de cette superbe histoire d’amour, préfacée par Louis Aragon, est fait par un enfant qui découvre l’amour en même temps que les sentiments qui unissent ces deux êtres qui deviennent inséparables l’un pour l’autre.

L’histoire se passe durant la guerre de 40,  au cœur du Kirghizstan, un pays d’Asie centrale montagneux longtemps habité par des nomades.  Tous les hommes valides sont partis au front ce qui obligent les vieillards, les jeunes enfants et les femmes à travailler dur pour permettre à leur famille de subsister.

Seït, le narrateur se souvient du temps où alors qu’il avait 13 ans à peine, il a dû aider à la maison sa jeune belle-sœur restée seule suite au départ au front de son frère, le mari de Djamilia. Censé la protéger contre les avances des autres hommes, leur complicité est troublante, car elle est elle-même à peine sortie de l’enfance et Seït tombe amoureux d’elle.

Mais les choses ne sont pas si simples…et d’autres hommes sont amoureux de la jeune femme dont le taciturne Danïiar…

Ce petit roman, très poétique,  pourra nécessiter quelques explications et l’accompagnement d’un adulte. L’auteur met du temps à installer ses personnages. Le lecteur devra faire un effort pour comprendre les traditions de ce pays et de cette époque. De plus, il y a plusieurs histoires qui s’imbriquent les unes dans les autres...et ce roman ne nous parle pas seulement d’amour mais aussi d’art, de liberté, de chansons, de la beauté de la vie et des paysages.

Mais c’est un roman aussi court qu’une nouvelle qui pourra plaire aux élèves dès la 3ème.

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