Interview d’Hafid Haggoune

Photo prise par Simon-Pierre 2009

Photo prise par Simon-Pierre 2009

 

 

Biographie : Interview :

Hafid Aggoune est né le 17 mars 1973, à Saint-Etienne. D’origine kabyle et espagnole par son père et berbère marocain et juive par sa mère, Hafid Aggoune a reçu une éducation basée sur la laïcité, l’amour et la persévérance. Après son bac, il quitte Saint-Etienne pour Lyon. Il finance ses études avec différents petits emplois. Parallèlement, il écrit de la poésie et un important journal intime pendant cinq ans. Licencié en lettres modernes et en histoire de l’art et titulaire d’un DUT Métiers du livre, Hafid Aggoune a vécu à Aix-en-Provence, Venise et Paris où il a choisi de s’installer. En 2004, il publie Les Avenirs, son premier roman, très bien accueilli par la critique et les libraires. En 2005, Hafid publie son deuxième roman, Quelle nuit sommes nous ?, toujours chez Farrago. Il revient en 2007 avec Premières heures au paradis chez Denoël. Sa dernière publication, en 2009 est une sorte de roman autobiographique, Rêve 78.

 

Elèves : Quelles études avez-vous faites ?

Hafid Aggoune : J’ai fait des études à Lyon, puis une année de psychologie, et une licence de lettres modernes pendant trois ans. Ensuite, pour le plaisir d’apprendre, j’ai fait des études d’histoire de l’art, suivies d’un DUT de deux ans à Aix-en-Provence à la Cité du livre. C’est durant ces deux années que j’ai découvert le métier de libraire, de documentaliste, de bibliothécaire et d’éditeur.

E : Quelle est l’origine de votre vocation ?

H.A : J’ai toujours voulu être écrivain. Amoureux de la littérature, j’ai commencé à écrire des poèmes et un journal intime dès la fin du collège, ce qui m’a permis de rechercher mon style.

E : Vivez-vous de vos livres ?

H.A : Je donne des cours de soutien en français et en latin pour compenser mon métier d’écrivain. En effet, j’aime initier les jeunes enfants à la lecture et partager mon savoir.

E : Combien de temps prenez vous pour écrire un livre ?

H.A : Je ne peux pas répondre précisément, cela dépend du livre, de l’inspiration, du temps… J’ai mis dix ans à écrire Les Avenirs, alors que je n’ai mis que six mois pour Quelle nuit sommes-nous ?.

E : Quel genre de livres écrivez-vous ?

H.A : J’écris des romans dans un style poétique en m’inspirant de thèmes philosophiques. Dans mon esprit d’écriture, je pense avant tout à la mélodie de mes phrases. Voilà pourquoi, comme Flaubert, je m’essaye à la lecture à haute voix.

E : Est-ce facile d’éditer ?

H.A : Le premier livre est très difficile à éditer, mais une fois ce cap passé, tout devient plus simple, si ce n’est qu’il faut essayer de garder les livres le plus longtemps possible en librairie. Je dois avouer que je m’en suis assez bien sorti jusqu’à maintenant. En effet, mon premier livre, Les Avenirs, a été accepté par deux maisons d’éditions, sur les trente à qui je l’avais proposé. J’ai choisi Farrago, car cela correspondait mieux à ce que je recherchais. Je suis conscient de ma chance, puisque très peu de premiers romans sont acceptés : Gallimard ne publie que 5 ou 6 premiers romans par an sur les 6 000 demandes ! Cependant, je sais qu’un jour, on me refusera un de mes livres. J’espère seulement que ça ne sera pas tout de suite.

E : Est-ce qu’un prix littéraire facilite la vie ?

H.A : J’ai obtenu tout d’abord le prix Félix Fénéon, accompagné d’une somme de 6600€,, ainsi que le prix Armitière pour mon premier roman. Cette récompense m’a beaucoup aidé et recevoir un prix, même s’il n’est pas connu donne du courage et de la confiance en sois. Cependant, contrairement à d’autres auteurs, je n’ai pas pour but d’avoir un prix, j’écris avant tout pour le plaisir. J’ai par la suite obtenu le prix de la Nuit de Limoges pour Quelle nuit sommes-nous ?

E : Avant d’écrire, faîtes-vous un plan précis de votre histoire ?

H.A : Non, je suis incapable d’être rationnel, je vis l’histoire en même temps que mes personnages. Quand je commence l’écriture d’un roman, je ne sais pas où je vais, je ne connais pas la fin.

E : Dans quelles conditions matérielles écrivez-vous ?

H.A : J’écris la plupart du temps la nuit, et sur mon ordinateur. J’ai essayé tous les supports : la machine à écrire, l’ordinateur, le téléphone ; mais je retravaille toujours au stylo. Je garde en général mes brouillons retravaillés au stylo, mais toujours la version retravaillée avec l’éditeur.

E : Faîtes-vous lire vos livres avant de les envoyer aux éditeurs ?

H.A : J’ai fait lire la première version des Avenirs à mon professeur de lettres ; mais aujourd’hui, j’ai confiance en mon travail et ne le fais lire à personne. Mais si vous souhaitez publier un livre, ne le faîte pas lire à un de vos proches qui n’oserait pas vous faire part de vos défauts, plutôt à une personne que vous ne connaissez pas vraiment.

E : Quels sont vos auteurs préférés ?

H.A : Je ne les citerais pas tous, ils sont très nombreux, mais certains livres m’ont particulièrement touchés, comme La ballade de l’impossible, de Murakami ; Martin Eden, de Jack London ; La conversation, de Lorette Nobécourt que j’ai d’ailleurs rencontrée. J’apprécie aussi énormément le recueil poétique de Bettancourt, Ecrit dans le vide ; ainsi que le roman de Koltès, La solitude des champs de coton.

E : Comment voyez-vous l’avenir du livre ?

H.A : Je pense que le livre électronique va se développer. En ce qui me concerne, je l’ai essayé, et je me suis avéré incapable de lire sur un écran. Cela me fatigue les yeux.

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