Tous les billets de la catégorie ‘Ecrits de 2009-2010’

Eloge du roman d’Alexandre Jardin, Le Zèbre

lundi 24 mai 2010

Le roman autoboigraphique, Le Zèbre, écrit par Alexandre Jardin est une exellente preuve d’amour et l’une des plus belles reconquêtes qu’une femme puisse espérer !

En effet, l’auteur a su à travers le protagoniste, Gaspard, raviver l’amour d’un couple. Après plus de quinze ans de mariage, le zèbre et sa bien- aimée se voient obligés d’acquérir des stratèges pertinents pour pouvoir retrouver leur passion.

Alexandre Jardin met en avant son style, qui sans être trop soutenu permet à la majorité des couples de s’identifier aux personnages. Il propose un style distingué, où le language employé par Gaspard touche la sensibilité et la compassion du lecteur comme le prouve cette déclaration:  » J’aime Dieu de t’avoir créée » , adressée à Camille,sa femme.

Un homme qui perd jour après jour sa raison de vivre ne peut qu’émouvoir le lecteur. Un livre comme celui-ci se lit avec émotion jusqu’à la dernière page ! En outre, l’espoir crée par Gaspard d’un amour sans fin, d’un amour divin rend le récit splendide. La recherche d’un amour éternel suscite une émotion tout à fait plaisante voire même intense !


Un auteur vu de l’intérieur

samedi 1 mai 2010

L’écrivain Hafid Aggoune est venu nous rencontrer les  6 et 13 novembre 2009. A l’occasion de ces rencontres, il a rédigé deux monologues où il se met dans la tête des élèves. A notre tour d’imaginer ce qui se passe dans la tête d’un auteur face à trente et un adolescents. Voici l’auteur, vu de l’intérieur :

Allez, je vais me lancer. Pourquoi j’ai peur cette fois ? Je l’ai déjà fait des centaines de fois. Bon peut être pas autant, c’est vrai, mais je devrais pourtant y être habitué. Oh, l’angoisse. L’angoisse, l’angoisse. Elle monte, elle monte, la petite peste … C’est toujours la même chose. Allez, respire un bon coup. Va-y, lance-toi. N’aie pas peur, ils ne vont pas te manger. Ah, la petite qui essaye de se caser. Pas trop à droite, ni à gauche, un peu devant, mais pas trop. Whaou, ils sont nombreux. Allez calme-toi, ne stresse pas. Souris, ça va passer. Pense à ce discours que tu as préparé : « Bonjour, je m’appelle Hafid Aggoune et je suis écrivain ». Au moins, tu sais ce que tu vas leur dire. Eux aussi, tiens, ils ont tout préparé. Les questions, et tout. Qu’est-ce qu’ils ont bien pu préparer ? Le professeur parle, me présente. Me présente ?! Alors je ne pourrais pas sortir « Bonjour, je m’appelle… » ? La petite boule dans ma gorge continue de grossir. Angoisse, quand tu me tiens …

Ah, c’est à moi. Ca y est, c’est à moi. Bon alors, qu’est-ce que je dis ? Aucune idée. Zen, calme. Inspiration, expiration. Allez. Je m’éclaircis la voix. La première question fuse. Je réfléchis un moment, puis je commence mon explication. Trente paires d’yeux, plus celles des deux professeurs, plus celle de la documentaliste me fixent alors. Emporté par ma passion et mon élan, je leur raconte tout. Horreur ! Ils prennent des notes ?! J’ai peut être parlé trop vite. Vite, vite, vite, mon débit de parole. Plus lent. Allez ! laisse leur le temps d’écrire ta vie …

Deuxième question. Quelle est l’origine de ma vocation ? Ah, c’est une question assez simple. J’ai toujours voulu devenir écrivain. Je peux le dire ? Hum … Oui, de toute façon, s’ils sont là, c’est bien pour me demander comment je suis devenu écrivain, non ? Ce sont les questions qu’on me pose souvent. Curiosité y oblige. Oui c’est vrai. Vais-je avouer que je tenais un journal intime au collège ? Ils vont se moquer de moi, non ? Enfin, c’est du passé, un passé qui m’a marqué quand même. Ils sont bien élevés, ils ne vont pas se moquer. Allez, je leur dis et puis tant pis pour la suite. Après tout, je ne risque rien. Encore une fois, je me laisse emporter par mon élan. C’est qu’ils ont l’air d’écouter en plus. Je m’arrête un peu, de peur qu’ils n’aient pas le temps d’écouter et d’écrire en même temps. Faudrait pas qu’ils s’endorment non plus. Encore un petit effort. Les questions fusent de plus en plus vite. Ah, cette question là est intéressante. Qui sont mes écrivains et livres préférés ? J’ai tout préparé, tout apporté … heureusement, je dois dire.

L’heure est déjà passée. Oh mon Dieu ! Je ne m’en étais pas rendu compte. Ils sont sympathiques finalement, ces élèves. Je reviendrais bien les voir. Attentifs, un peu sérieux quand même. J’espère que j’ai été clair … et précis. A voir leurs têtes j’ai l’impression que oui. Tant mieux. Je n’ai plus cette petite boule au fond de ma gorge, c’est bon signe, non ? Il me reste encore des choses à régler. Mais maintenant que je me suis dis que j’allais les revoir, cette idée ne cesse de me trotter dans la tête. Alors peut être que finalement, je reviendrais les voir ? Qui sait ?

Mélanie P.,
Sucy-en-Brie, le 8 février 2010

Tags :

Dans la tête d’un(e) élève

samedi 1 mai 2010

Après avoir échangé avec les deux classes de seconde puis les avoir accompagné à la librairie « Arthur » à Nogent, Hafid Aggoune a écrit deux monologues pour ces élèves.

Nous les publions ici avec son aimable autorisation.

« Un auteur parmi les livres »

Rencontre avec Hafid Aggoune les 6 et 13 novembre 2009

Lycée Albert de Mun – Nogent sur Marne –  élèves de 2nde  

__________________________________________________________________________

 

MONOLOGUES

 

    1.      Intérieur intérieur

 

Ah non, pas devant ! Sur le côté, deuxième ou troisième rang… ni cachée ni trop exposée…


C’est lui ? Il a un air sérieux… mais ça va, il sourit. Pas cette chaise, c’est là où… tant pis, j’aurais pu m’installer plus vite au lieu de rêvasser comme d’habitude. Et voilà, je me retrouve devant, sur le côté mais devant quand même…
Est-ce qu’il aurait imaginé, en commençant à écrire, qu’il viendrait dans les classes parler de son travail ? Non. Je n’ose pas. Putain qu’est-ce que je suis timide ! ça me perdra ! C’est une bonne question pourtant. Il a l’habitude des questions, mauvaises ou toutes simples, naïves, idiotes parfois… il n’a pas l’air de juger, rien de prétentieux, plutôt gentil… qu’est-ce que je risque ? Absolument rien. La classe ne va pas exploser, je ne vais pas me retrouver nue au milieu de la pièce, mes cheveux ne vont pas devenir rouges, mes chaussures ne vont pas se transformer en pantoufles comme dans ce rêve horrible où je me retrouve devant le portail du lycée déchaussée et en peignoir et sacrément à la bourre, obligée d’aller en cours telle quelle…

Non, je ne risque rien à lever le doigt. Etre là devant l’écrivain n’a rien à voir avec la préparation classe, quand les questions fusaient et que nous nous demandions toutes et tous sans frein qu’est-ce que c’est d’écrire des livres, d’aimer la littérature, d’être sauvé par la lecture, d’apprendre à vivre par l’écriture comme il dit… Rien à voir sur le moment. On ne nous a pas prévenu de ce trouble, de cette paralysie, de cet élan coupé quand il serait là, devant nous, passionné par sa vie. Moi aussi, j’aimerais être une femme passionnée par ma vie, passionnée tout court…
Il dit qu’il était timide et calme étant petit, puis un adolescent discret au regard aiguisé sur les choses… ses mots me rassurent. Oui, ça me fait du bien de l’entendre dire cela, qu’on peut mettre du temps à devenir soi, la gestation, la maturité, l’éclosion. De belles images. Prendre le temps. Grandir. Avec les livres. Calme comme une page. Tranchant comme son bord…
Alors, je la pose cette question ? Elle n’a rien de débile, personne ne va rire. Ils y arrivent bien les autres et personne n’est mort.. Rien de honteux. Vraiment. Juste à lever la main dans un silence. Ne pas rougir. Ouvrir la bouche comme quelqu’un de normal. Prendre la parole. La prendre. Oser. Dire… « Monsieur… », non pas monsieur, dire tout de suite, lancer la question, directement, dans le mouvement de l’instant, sans cassure : Est-ce que vous auriez imaginé, en commençant à écrire, venir dans les classes parler de votre travail ? Trop construit, trop « élève sérieuse »…
« En imaginant le métier d’écrivain, est-ce que vous pensiez venir parler de votre travail devant des élèves » Non plus…Allez ma fille ! Du courage, du courage, du courage ! Bon… « Au début, vous imaginiez venirparler de votre écriture comme aujourd’hui ? » Là, c’est bien, simple et concis. Oui, c’est beaucoup mieux… Oublier son regard, le regarder sans le voir, comme une professionnelle, directe, franche, journalistique, droite, fière, sûre de moi, la voix claire…
Allez je me lance…

Hafid Aggoune

Paris, le 7 décembre 2009

 __________________________________________________________________________

 

MONOLOGUES

 

    2.      Intérieur extérieur :

 

Elle est encore loin cette librairie ? Pourvu que je ne passe pas au tableau en maths… il faut que je me couche plus tôt.

Tiens c’est drôle… comme quoi les souvenirs ne préviennent pas : ça me rappelle la sortie au théâtre en cinquième… mon premier baiser sur la bouche d’une fille, le goût de sa langue, sucrée et douce, fraîche, caressante… On était là sur le trottoir, comme aujourd’hui, elle avec une copine, derrière Paul et moi. On a un peu traîné par rapport au groupe. Au croisement de deux ruelles, juste avant d’arriver, elle a choppé ma main et c’est arrivé comme un pot de fleur tombé d’un balcon ! Sa bouche a pris la mienne. Le temps était suspendu… Dans la salle, je ne pensais qu’à la chercher du regard, au goût sur mes lèvres, son corps contre le mien. Plongé dans le noir de la salle, je n’avais pas l’impression d’être au théâtre (d’ailleurs je ne me souviens pas du tout de la pièce programmée).

Sous mes paupières, un écran imaginaire faisait défiler le moment que je venais de vivre, mais, étrangement, tout apparaissait comme s’il s’était déroulé il y a mille ans. Je n’avais plus de repère alors je cherchais son visage parmi les silhouettes des élèves. Je ne la voyais pas. A la tombée du rideau, j’ai cru l’apercevoir au moment des saluts des comédiens. J’avais envie de revivre l’instant du baiser, mieux le vivre, ralentir, mettre pause.

Pourquoi était-ce passé si vite ? Pourquoi les belles choses sont si éphémères ? Peut-être est-ce cela que l’écrivain tente de ressusciter par les mots : se replonger dans des instants oublier, rendre hommage à la beauté de nos vies, à ces détails gravés dans nos mémoires pour les faire revivre, scintiller au soleil pour toujours aux yeux du monde ? J’aimerai lui parler de ça dans la librairie, avoir cette discussion, lui demander comment il fait lui pour mettre le passé sur nos lèvres…

Nous arrivons chez Arthur. C’est grand, convivial, chaleureux… la libraire est sympa, elle explique tout et moi je ne pense qu’à ce baiser perdu qui surpasse tous les suivants par la perte et le sentiment de ne jamais pouvoir le goûter à nouveau… le premier… et pourtant il est là, dans un coin de ma peau… Mon dieu, quel fichu romantique je fais ! Moi qu’on imagine si froid, si moqueur, si sûr de moi… Pourquoi marcher dans la rue, venir dans cette librairie en groupe me replonge dans un souvenir jamais réapparu auparavant ? Quel sordide mécanisme de la mélancolie me met dans cet état intérieur ? Trouverais-je, comme l’écrivain, la réponse dans les livres ?

Il a l’air si fort de sa littérature, si remplie d’elle, si émue par elle : Elle… Comment peut-on se laisser émouvoir comme je le fais ? J’ai honte de moi… Lui demander conseil. Quel livre pour un pauvre garçon malade subitement prisonnier dans un instant du passé ? Si lire lui a sauvé la vie, peut-il en être de même pour un autre… pour moi, là maintenant ? Dans tous ces livres, il y en a qui parviendra à extraire la douleur de mes pensées… oui, mais lequel ?

Lui demander à lui… il doit savoir. A dû vivre ça. Peut m’aider. Donner une idée. J’ai beau parcourir les titres, les noms d’auteurs, lire la quatrième… Quel est le livre qui sauvera ce baiser oublié qui ne s’oublie pas et le reste à venir ?

 

Hafid Aggoune

Paris, le 7 décembre 2009

Tags :

Interview de Hafid Aggoune

samedi 13 février 2010

 

Photo venant du site « www.tilawin.fr »

Quelles études avez-vous faites ?

 J’ai fait mon collège et mon lycée à Saint-Étienne, puis je suis allé à Lyon pour une année de psychologie. Lassé par cette branche, j’ai entamé des études d’histoire de l’art et de lettres modernes en parallèle. Après avoir obtenu mes licences, je suis parti à Aix-en-Provence pour un D.U.T. des métiers du livre à la Cité du Livre.

Existe-t-il des études particulières pour devenir auteur?

 Je ne pense pas qu’il en existe. C’est mon observation du monde, mes conversations avec les autres, mes rêveries qui me donnent les bases de mes romans.

Quelle est l’origine de votre vocation?

 J’ai ressenti très tôt le besoin d’écrire, vers la fin de ma 3ème. Mes premiers écrits furent des poèmes et un journal intime. Doucement, plus je grandissais, plus je voulais en faire le métier de mon existence.

Vivez-vous de vos livres?

 J’arrive à en vivre en complétant mes revenus littéraires avec des cours de soutien et de lecture que je donne aussi par plaisir à des jeunes .

Quels genres de livres écrivez-vous?

 J’ai écris quatre romans, le premier et le deuxième Les Avenirs et Quelle nuit sommes-nous ? qui ont obtenu respectivement le Prix de l’Armitière et le Prix Fénelon (prix récompensant le premier roman, obtenu aussi par Patrick Modiano et Jean-Marie Le Clézio), et le Prix de la Ville de Limoges. Le troisième Premières heures au Paradis publié chez Denoël et le quatrième Rêve 78 publié chez Gallimard dans la collection Joëlle Losfeld.

Est-ce facile de se faire éditer?

 Il est très difficile de se faire éditer quand on ne connaît pas le fonctionnement des milieux littéraires. En ayant été stagiaire dans une grande maison d’édition et en ayant fait les métiers du livre, je n’ai heureusement que peu rencontré ce problème que connaît tout jeune auteur. J’ai donc envoyé mon manuscrit à une trentaine d’éditeurs et j’ai eu la chance d’être accepté par plusieurs dont Farragot, une petite maison d’édition traditionnelle avec de très beaux textes qui a malheureusement déposé le bilan et qui fut mon premier éditeur.

D’où tirez-vous votre inspiration?

 Je me pose sans arrêt des questions, auxquelles je cherche de bonnes réponses ce qui me permet de repartir sur de nouvelles questions. Je m’inspire aussi de ma propre existence comme dans Rêve 78 qui est un texte intimiste à caractère autobiographique. J’aime aussi marcher dans les rues en regardant la vie qui passe. Je la tire aussi des films voire même de la musique que j’écoute car j’essaye de faire en sorte que ma prose soit la plus poétique possible, un peu la manière de Flaubert, son « gueuloir » mis à part. Je peux aussi la prendre dans mes lectures.

 Combien de temps prenez-vous pour écrire un livre ?

 Mon premier livre Les avenirs a pris dix ans. Je l’ai commencé lors de ma première année en faculté et ai terminé sa version finale dix ans plus tard. Mais en moyenne écrire un livre me prend de six à dix-huit mois. J’ai besoin de beaucoup de temps pour passer du rêve au concret, j’imprime mes premiers jets et passe des heures et des heures à les corriger au stylo. Il m’arrive de changer une page entière si une sonorité dans une phrase ne me convient pas.

Quels sont les rapports avec votre éditeur ?

 J’ai de bon rapport avec mes éditeurs, je considère qu’un éditeur se doit d’être presque comme une famille pour l’auteur. Un bon éditeur défendra un de ses livres, comme une mère défendra son enfant. Je préfère les éditeurs « de la vieille école » qui privilégient la qualité des livres à la quantité vendus.

Quels sont vos auteurs préférés ?

 Dans le désordre, je dirai Marguerite Duras, Jack London, Haruki Murakami, Lorette Nobécourt, Pierre Bettencourt, Bernard-Marie Koltès, Edmond Jabès, Albert Cossery, Fedor Dostoïevski, Friedrich Nietzsche, Stendhal et Albert Cohen.

Est-ce qu’un prix littéraire facilite la vie ?

 Pour un jeune auteur, recevoir un prix littéraire pour son premier roman est très important. Un prix littéraire permet aussi souvent de vendre plus de livres comme un prix d’une librairie ou un grand prix comme le Goncourt ou le Médicis. Un prix littéraire offert par un jury de lecteurs est je pense le plus gratifiant pour un auteur car ce sont les lecteurs qui le lui offrent presque directement.

Dans quelles conditions matérielles écrivez-vous ?

 J’écris le plus souvent la nuit, par jets sur l’ordinateur. Puis quand j’ai fini le livre sans l’avoir même relu sur l’écran, je l’imprime. C’est là la phase qui me prend le plus de temps, celle des corrections que je fais à la main.

Gardez-vous vos brouillons ? Accepteriez-vous de les publier ?

 Oui je garde mes brouillons, ainsi que la version corrigée par mon éditeur. Je fais aussi des brouillons sur mon téléphone, et essaie en les relisant d’être mon lecteur averti.

Avez-vous décidé d’écrire pour raconter une histoire précise, dans votre premier roman?

 Dans mon premier roman l’écriture était plus une pulsion qu’un désir de raconter une histoire. C’est pour cela que je l’ai autant retravaillé et qu’au cours des dix ans que m’a pris l’écriture de Les Avenirs, il m’est arrivé de changer plusieurs fois le fond même de l’histoire.

Quelle vision du métier d’écrivain aviez-vous?

 Quand j’étais adolescent, je voyais l’écrivain comme une sorte de sorcier capable d’écrire des chefs d’œuvre en quelques heures. Maintenant que je le suis devenu, je me rends compte de la souffrance d’être devant la page blanche. On est comme une sorte de funambule.

« Le travail le plus dur pour un écrivain est celui de faire sa propre critique. »

 

Élise WILBROD et Simon-Pierre BENSOUSSAN


Interview de Hafid Aggoune

mardi 9 février 2010

                                                                         
Beau, jeune et talentueux, Hafid Aggoune représente la littérature mature, accomplie, et poétique. Il est né en 1973 à Saint-Étienne. Après Les Avenirs, Quelle nuit sommes-nous et Premières heures au paradis, l’auteur a sorti dernièrement Rêve 78 dans lequel il confie aux lecteurs toute une partie de sa vie qu’il explique dans la description de la photo en couverture. Nous l’avons rencontré et lui avons posé quelques questions sur sa vie, son inspiration, ses rêves…

ADM : Combien de temps avez-vous mis pour écrire vos deux premiers romans ?

Hafid Aggoune : Pour Les Avenirs, j’ai mis dix ans en tout pour arriver à la version finale de mon livre. Je l’ai commencé au tout début de mes études, à vingt ans. Pendant quelques temps, j’ai fait des études en travaillant et en même temps, j’écrivais ce roman. A la fin de mes études, on m’a appelé pour me proposer un poste de gardien d’une île et d’un hôpital désaffecté. Pendant 9 mois, j’ai beaucoup avancé sur ce livre, et la tranquillité de l’île à Venise m’a permis de trouver le courage d’avancer sur mon premier roman et l’inspiration pour le deuxième. A trente ans, j’ai fini l’écriture de ce premier livre.
Pour Quelle nuit sommes-nous ? , j’ai mis beaucoup moins de temps à l’écrire : je l’ai écrit en six mois, il est paru en 2005.

ADM : En parlant de vos études, lesquelles avez-vous faites ?

H.A : J’ai commencé par faire une année de psychologie, puis une licence en lettres modernes et en histoire de l’art, pendant laquelle j’ai commencé à écrire Les Avenirs. Ensuite, j’ai fait un DUT sur les métiers du livre à Aix-en-Provence sur les métiers des livres, pendant deux ans.

ADM : Comment vous êtes vous fait éditer ?

H.A : Tout d’abord, j’ai envoyé mon premier manuscrit à une trentaine d’éditeurs après m’être installé à Paris. Deux éditeurs m’ont répondu, Farrago, un petit éditeur et Denoël. Cependant, j’ai préféré conclure avec Farrago, car c’est une maison d’édition qui est plus dans l’aspect littéraire que dans l’aspect commercial. Je suis un amoureux de la littérature et j’ai signé pour trois livres avec eux. Cependant après deux livres, Farrago a déposé le bilan. J’ai donc signé un nouveau contrat de trois livres avec Denoël. Il m’en reste donc encore deux avec eux. J’ai édité mon dernier roman aux éditions Gallimard. Il ne faut pas oublier que l’écrivain est dépendant de l’éditeur.

ADM : Quel est le sujet de ce dernier roman ?

H.A : Ce dernier roman est une fiction autobiographique qui décrit une photo de ma mère et moi tout en racontant une petite partie de mon enfance.

ADM : D’où vous vient votre inspiration et quels sont vos intérêts ?

H.A : J’ai toujours aimé la philosophie, et tout naturellement, dès le lycée, j’y ai voué un intérêt intime. J’aime donner à la prose un style poétique et des thèmes philosophiques. Je construis mes livres tel un cinéaste. Je vis l’évolution du personnage au fur et à mesure de mon écriture. Je m’inspire beaucoup de la façon de travailler de David Lynch qui arrive à décrire des choses très complexes avec des choses très simples. Ma façon de travailler n’est pas rationnelle dans mon inspiration mais dans le style de mon écriture. J’ai travaillé pendant un an dans des petits boulots pour connaître la vie. C’est important pour entretenir l’imaginaire. L’écrivain a les clés du monde, il rêve du monde et s’extrait du réel.

ADM : Quelle est votre vision du métier d’écrivain ?

H.A : Pour moi, un écrivain doit souffrir pour son art, ne vivre que pour son écriture, connaître la faim, la pauvreté, les changements de situations,…
J’ai connus des périodes pendant lesquelles mon réfrigérateur était vide et ou le chauffage me manquait et ou j’étais livreur de pizza ou réceptionniste, mais bizarrement durant cette période, j’étais vraiment heureux.
Ce qui me plait, ce sont les changements de situations, je n’ai pas de situation stable et définie. Par exemple, comme je vous l’ai dit, je peux vivre dans la misère et peut de temps après me retrouver tout frais payés dans des palaces pour assurer la promotion d’un de mes livres.

ADM : Avez-vous reçu des prix littéraires ?

 H.A : J’ai reçu trois prix littéraires : le prix Fénéon de littérature – avec lequel j’ai reçu une récompense de 6 600€ -et le prix de l’Armitière pour Les Avenirs, ainsi que le prix de Limoge pour Quelle nuit sommes-nous ?

ADM : Dans quelles conditions et de quelle manière écrivez vous ?

H.A : Je peux écrire n’importe où, que ce soit chez moi, à mon bureau ou même dans la rue. J’ai toujours un petit carnet sur moi pour y noter des idées qui me viendraient à n’importe quel moment ou alors je les inscris dans mon téléphone portable. Vive la technologie ! [rires]
Mais il est vrai que j’aime beaucoup écrire installé à la terrasse d’un café avec un pastis lorsque les premiers rayons de soleil apparaissent… [rires]
Sinon, en ce qui concerne ma manière d’écrire, j’utilise le même processus que les cinéastes : je crée mes personnages par une situation précise, puis je vis leur évolution, les suis et écris le tout. Je ne sais pas où je vais. Pour moi, c’est cela la magie de l’écriture : partir de quelque chose de simple et qu’il devienne complexe, ne pas suivre de plan…
Je n’ai pas peur de la « page blanche » mais j’aime cette situation car elle me procure un sentiment de liberté totale.

ADM : Pour finir, avez-vous des œuvres qui vous ont particulièrement touché ?

H.A : Sur la manière d’écrire, il y a évidemment Ecrire de Marguerite Duras et Ecrit dans le vide de Bettancourt. Des écrivains modernes tels que Lorette Nobecourt ou Koltès me transportent dans la magie littéraire. Enfin je ne peux et ne dois oublier mes classiques, Stendhal, Flaubert et Dostoïevski qui ont marqué ma façon d’écrire. Enfin La ballade de l’impossible de Murakami montre l’apprentissage de la vie, qu’il faut devenir la personne qui nous rendra heureux.

La lecture de livres nous remplit l’esprit et nous fait ressentir pleinement la vie.

ADM : Auriez-vous des conseils à donner aux jeunes lycéens ?

H.A : Ne cessez jamais de lire. La lecture vous permet une liberté de penser et de rêver. Et voyagez. On ne connaît la vie que lorsque l’on connaît le monde.

 

Propos recueillis par Eva Viana, Valentine Tournier et Hélèna Jestin

 

Tags : , , ,

l’histoire du livre

mardi 9 février 2010

Il existe trois grandes faces historiques du livre:

-l’apparition du texte et de la documentation numerique (disparition du support papier)

-l’invention de l’imprimerie

-l’invention du livre tel que nous le connaissons

Ses origines:

L’histoire du livre a commencé avec l’invention de l’écriture entre le IXe et le IVe millénaire av.J-C.

Les premiers supports ont été la pierre les tablettes d’argile et le bois.

Le livre au moyen age:

Jusqu’au XIIe siècle la production des manuscrits et la transmission de la culture sont restés le monopole du clergé.

Ce dernier a pris fin  avec le développement des universités  dans les grandes villes : avec la demande accrue de manuscrits apparait le métier de libraire.

Le rôle des monastères dans la conservation des livres n’est pas sans ambiguïté:

la lecture etait une activité  importante dans la vie des religieux , qui se divisait en prière , travail intellectuel et travail manuel. Il etait donc nécessaire  de faire des copies de certains livres.La plupart de ces livre étaient recopiés par le clergé qui possédaient des ateliers de réécritures.

Du Volumen au codex:

Pendant l’Antiquité, les tablettes ont été remplacées par des rouleaux de papyrus puis de parchemins appelés volumen. Ces rouleaux sont plus légers et plus faciles à transporter et à étudier. Ils ont été les supports des textes en Egypte en Grèce et à Rome. Ce parchemin réalisé à l’aide de peaux d’animaux révolutionne l’histoire du livre. ce support qui coûte plus cher à l’avantage d’être plus solide.

Il a fallu attendre la fin de l’Antiquité pour que le volumen soit remplacé par le Codex. Cette nouvelle forme du livre permet d’accéder à un passage précis du livre et de prendre des notes en même temps que la lecture.

La forme du Codex s’améliore avec la séparation des mots, les majuscules et la ponctuation, qui permet une lecture silencieuse.

Le papier remplacera progressivement le parchemin. moins cher à produire, il, permet une diffusion plus large du livre.

Codex réalisé par un succesion de feuillets reliés au dos


L’invention de l’imprimerie:

Le développement des techniques de l’imprimerie par Gutenberg vers 1440 a marque un tournant décisif dans l’histoire du livre. Dés lors, les livres ont pu être reproduits à de nombreux exemplaires. Grâce à la baisse très forte du coût de production, la diffusion du livre a considérablement augmentée dès le XVe siècle.

Adrien et Gia linh


histoire de l’arsenal

mardi 9 février 2010

  

  

  

  1. (suite…)
Tags : , , ,

Support d’écriture au Moyen Age

dimanche 7 février 2010

 letrineu Moyen Age le support sur lequel on pouvait écrire était le papyrus jusqu’à ce que l’Egypte en interdise l’exportation. On a du alors trouver un autre support qui a été le parchemin (du grec pergamênê, « peau de Pergame »). Nous allons voir dans un premier temps la fabrication du parchemin. Et dans un second ce qu’il devient après sa fabrication.


Le parchemin provient du dépeçage de certains animaux. Sa fabrication met à peu près six à douze semaines. Elle suit une méthode très précise exécutée par des parcheminiers:

    • Le pelanage : après le dépeçage la peau est trempée dans un bain de chaux frais afin d’extirper les poils et d’éliminer l’épiderme. Lorsque la chaux est plongée dans l’eau, elle garde pendant plusieurs jours un pouvoir corrosif et stérilisant.
    • L’effleurage : la peau est ensuite soigneusement raclée avec un instrument métallique afin d’arracher le reste de chair et d’araser le grain.

 

    • Le rinçage : puis la peau est rincée soigneusement afin d’enlever toute trace de chaux.

 

    • Le séchage : pour ensuite être fermement accroché à un cadre de bois.

 

    • Le ponçage du « côté poil » : et enfin on ponce un seul côté afin de faciliter l’enroulage sur divers matériaux tels que le bâton pour formé un volumen.

 

On peut observer une dernière étape qui est plus de forme esthétique que utile. En effet les parcheminiers ponçaient aussi le côté chair pour donner une singularité des deux côtés. Et pour finir ils pliaient le parchemin obtenu selon les dimensions que le copiste souhaitait.


parchemin vierge

Le parchemin est ensuite envoyé aux copistes, qui ont d’abord été des religieux (moines qui recopiaient les textes dans des monastères isolés) pour ensuite se diversifier vers des copistes athés. Cela explique que les premiers textes écrits sont des textes religieux. Les parchemins étaient ensuite cousus entre eux pour former un codex ou un volumen (pour la formation d’un codex les parchemins sont cousus de façon à être superposable et pour celle d’un volumen on cout les parchemins l’un à la suite de l’autre pour les enrouler ensuite autour de bâtons). La fabrication des codex est très coûteuse et donc en posséder était une forme d’extrême richesse.


Ainsi le support papier au Moyen Age est avant tout le parchemin qui permet une longue et résistante conservation des textes qui y sont écrits. Mais la fabrication coûte cher et l’arrivée de l’imprimerie par Gutenberg au XVème siècle le remplace très vite.


Vincent, Arthur, Maxime !

Tags : , ,

L’écriture et ses supports dans l’Antiquité

dimanche 7 février 2010

L’Antiquité est la première des époques de l’Histoire. Elle précède le Moyen-âge et les temps modernes. Pour chaque civilisation, l’Antiquité commence avec le développement ou l’adoption de l’écriture. Le passage à l’antiquité est donc relatif à chaque peuple ou nation. On considère communément que les premières traces d’écriture apparaissent vers 3500-3400 avant J.C.

Les premières traces d’écriture ont toutes une origine commerciale et comptable. Il s’agit d’identifier des contenances et surtout le nombre d’objets échangés. Les premiers signes n’indiquent pas la nature des objets ou denrées, mais leur nombre. Un autre usage de l’écriture est bientôt de composer des aide-mémoire administatifs.

Lorsque l’écriture se développe peu à peu, des écoles enseignent l’écriture à de futurs scribes. Ceux-ci sont majoritairement des étudiants issus de familles aisées. Les écritures anciennes nécessitent la connaissance d’un grand nombre de signes, ce qui explique leur statut élevé à l’époque.

Les supports de l’écriture

 

Les premiers signes (des encoches puis des pictogrammes à usage comptable) sont gravés sur des calculi. Ils servent à l’apprentissage du calcul sous forme de jetons modelés dans l’argile, qui peuvent prendre la forme d’un cône, d’un cylindre, d’un tétraèdre, existant depuis le VIIe millénaire avant Jésus-Christ, mais deviennent support à l’écriture à partir de la fin du IVe millénaire.

Pour éviter qu’au cours d’un transport des calculi disparaissent, ils sont enfermés dans une bulle-enveloppe en argile, de forme sphérique, sur laquelle est apposé un sceau cylindrique identifiant le propriétaire. Ainsi, par exemple, si la bulle de terre contient le dénombrement d’un troupeau confié à un berger, lorsque celui-ci le ramènera il suffira de briser la bulle pour vérifier qu’aucune bête ne manque. Ces bulles à usage commercial se retrouvent dans un espace géographique large, allant de l’Iran à la Syrie en passant par la Mésopotamie, ce qui témoigne de la grande activité de l’époque.

Bulle-enveloppe scellée et calculi_Suse, Iran, vers 3300 av. J.-C. Musée du Louvre, image de la BNF

Bulle-enveloppe scellée et calculi Suse, Iran, vers 3300 av. J.-C. Musée du Louvre, image de la BNF

Vers 3300 avant J.-C., on appose sur la sphère, à côté du sceau, un résumé de son contenu : on n’est plus obligé de la casser au moment du contrôle. Les jetons numériques deviennent alors inutiles, les sphères s’aplatissent, se transforment en tablettes et les premiers chiffres apparaissent : ce ne sont encore que des encoches plus ou moins fines, plus ou moins grandes selon la valeur attribuée, des empreintes en forme de cône ou de cercle. L’invention de la tablette d’argile provoque la disparition des calculi. On grave alors les signes sur la tablette, à l’aide de stylets faits de roseaux finement taillés en biseau, avec des roseaux à gros bout ronds pour noter les chiffres. On la laisse alors sécher ou on la fait cuire.

En Egypte, on grave la pierre, mais on écrit sur le papyrus dès le IIIe millénaire, avec de l’encre, grâce à un roseau taillé, le calame, ou bien encore sur des tablettes de bois et des ostraca (un ostracon, des ostraca_morceaux de poterie ou éclats de calcaire). C’est à compter de 460 av. J.C que les scribes commence à utiliser un nouveau matériau : le parchemin. Il s’agit de vélin, bien plus facile à manier et à engranger que les tablettes d’argile. Toutefois, le parchemin ne fait pas disparaître les tablettes d’argiles : ces dernières, moins onéreuses à fabriquer sont toujours usitées.

Ostraca de Thèbes, civilisation égyptienne

Ostracon de Thèbes, sous Ramsès II, civilisation égyptienne

En Grèce, on utilise aussi le bois, le papyrus, le cuir, la tablette de cire, le métal, mais on ne connaît pas la tablette d’argile.

Des pictogrammes à l’alphabet

 

Après une période d’utilisation de simples encoches sur les calculi, la première écriture est constituée de pictogrammes désignant des choses dont on saisit la signification, mais sous une forme que l’on comprend sans réellement la lire. A ce stade, le signe est indépendant du langage, mais bientôt, on passe d’une écriture de choses à une écriture des mots.

C’est en effet parce que les lignes courbes sont difficiles à tracer sur des tablettes, qu’un certain nombre de signes évoluent vers de nouvelles représentations faites de lignes horizontales et verticales, en forme de clous, nommés cunei en latin, donnant naissance à l’écriture cunéiforme.

Voici l’exemple de l’évolution du signe cunéiforme représentant un homme_image de la BNF

Voici l’exemple de l’évolution du signe cunéiforme représentant un homme Image de la BNF

Elle commence à apparaître en Mésopotamie vers 3400 avant J.C.
L’écriture cunéiforme représente aussi des sons correspondant à des syllabes. La découverte du phonétisme permettait donc d’exprimer des notions comme la vie ou la mort, qui jusque-là ne pouvaient être transmises par l’écriture.

Les hiéroglyphes apparaissent vers 3150 av. J.C. Comme pour l’écriture cunéiforme, l’écriture hiéroglyphique repose sur la mise en œuvre de nombreux signes et associe un usage idéographique et un usage phonétique : sur la célèbre « palette de Narmer », le nom du roi est ainsi noté par deux signés utilisés comme phonogrammes : le poisson nâr (silure ou poisson-chat) et le ciseau de sculpteur mer. Pour plus d’information, le site Horizons d’Aton (voir le site) permettra aux plus curieux de décrypter les informations qu’elle apporte sur la civilisation égyptienne de l’Antiquité.

L’invention d’alphabets est finalement simplificatrice; elle ramène à trentaine de signes nécessaires à l’écriture.

L’évolution de l’écriture s’est donc établie sur un laps de temps extrêmement long. L’écriture telle que nous la connaissons aujourd’hui résulte d’étapes complexes qui ont accompagné le développement des populations à travers le monde.

A. E

Tags : , , , ,

Le livre de l’Antiquité à nos jours

jeudi 4 février 2010

Dans l’antiquité, les œuvres écrites étaient fragiles et coûteuses parce qu’elles étaient faites en papyrus. La première d’entre elles est l’Iliade de Homère au III ème siècle avant J-C. L’objet livre était rare, pour le lire il fallait être debout. De ce fait on ne pouvait pas prendre de notes, comparer des textes, ni les emporter où l’on le souhaitait. De ce fait, la lecture se faisait collectivement.
Ptolémée, le roi d’Égypte, pour rendre la bibliothèque d’Alexandrie la plus riche et importante, il interdit l’exportation du papyrus. En conséquent le reste du monde a du créer un nouveau support, le parchemin.

 Au Moyen-âge l’invention du codex améliore la manière de lire, on pouvait désormais lire assis et ne pas le lire en présence de public. Cependant ils restaient rares, coûteux et précieux. Sa couverture était incrustée de pierres précieuses, d’or, d’ivoire, … Ces livres étaient souvent la propriété de l’Eglise et étaient recopiés par des moines copistes. Ils étaient beaucoup plus décorés que ceux de l’Antiquité, le codex était rempli d’enluminures, de calligraphies, de lettrines. Le codex n’était pas très répandu parce qu’il nécessitait près de mile heures de travail. Il n’avait rien de divertissant, le codex portait plutôt sur des sujets liturgiques et religieux. Au fil des années des laïques se sont mis à recopier eux aussi des livres.

À la fin du XV ème siècle, l’invention de l’imprimerie par Gutenberg permet le retour vers les textes classiques, latins et romains. Elle permet aussi l’essor de la métallurgie puisque la machine à imprimer est faite principalement en métal. Le livre est désormais un objet qui s’exporte mieux : de plus en plus de bourgeois veulent lire. Ce sont même eux qui ont créé la première bibliothèque. Il se duplique plus facilement même si une machine à imprimer demande un certains nombres de personnes. Cette nouvelle forme permet au livre d’avoir moins d’erreurs et d’être plus rapidement fabriqué.

Au XVI ème siècle, François 1er instaure le dépôt légal pour contrôler la publication des livres, c’est-à-dire qu’il faut avoir une autorisation du roi pour pouvoir imprimer et publier un livre, puis le déposer à la bibliothèque royale. L’Église aussi veut avoir un pouvoir sur les livres, elle invente donc l’index qui est une liste de livres interdits. Toutes ces mesures obligeaient les auteurs à se faire publier à l’étranger.

Au XVII ème siècle, Louis XIV veut contrôler le nombre d’impression puisqu’à cette époque les éditeurs faisaient polémiques, donc il limite au nombre de 36 les imprimeurs ayant le droit d’exercer dans toute la France. Ce qui n’empêche pas la création d’un nouveau lectorat: la Noblesse et la Haute Société. Il y eut quelques changements de présentation dans les documents tels que les paragraphes et les alinéas ayant pour cause la fabrication désormais courante du support des documents: le papier, inventé en Chine à l’an 8 avant J.-C..

Au XVIII ème siècle, l’Encyclopédie de Diderot devient un roman de référence pour la diffusion du savoir et de la réflexion, moteur principal ayant entrainé la Révolution Française en 1789. Il y a beaucoup plus de lecteurs à la campagne avec des livres adaptés : la bibliothèque bleue. Cependant le livre reste tout de même un objet couteux dont l’achat se fait collectivement. Lors de la Révolution Française, l’imprimerie est devenue libre et tous les livres appartenant au Clergé ont été confisqués puis donnés aux bibliothèques municipales.

Au XIX ème siècle, la censure et l’index ont été ré-instaurés à cause du trop grand nombre d’idées diffusées. L’imprimerie devient mécanique et à vapeur. Le livre n’est plus relié en cuir mais en toile. Les premiers éditeurs, tels que Larousse et Hachette, ont de plus en plus de notoriété. Dewey invente sa classification éponyme qui répartie les connaissances en 10 grandes classes: généralités, philosophie, religion, sciences sociales, langage, sciences pures, sciences appliquées(techniques), art – sport – loisirs, littérature, histoire – géographie.

Au musée des arts et métiers à Paris

Le XX ème siècle est une révolution de la façon de lire. La création du livre poche y contribue principalement. De même que la désacralisation du livre et l’uniformisation de la lecture. Le livre devient un objet marketing avec les prix littéraires, la notion de best-seller et le terrible accroissement du nombre d’auteurs.

De nos jours, il y a encore de nouvelles formes de lire, le livre électronique ou plus communément l’e-book. Il consiste à avoir un petit appareil où l’on peut télécharger ou acheter des livres. On assiste à un véritable oubli du livre-objet même, c’est-à-dire avec du papier et de concret.

Salomé  et Léa