Venue de Michel Piquemal au Lycée Sainte-Pulchérie

Par un chaud matin d’automne, Michel Piquemal et ses « Paroles » ont offert, à une soixantaine d’élèves, un instant d’Espoir au cœur de Sainte-Pulchérie.

Octobre 2009

Les élèves réunis pour poser leurs questions.

Après  un commencement assez commun, comme le font tout ceux qui nous fréquentent, il nous a parlé de lui et de ce qu’il faisait dans la vie même si on commençait à le connaître petit à petit grâce à sa délicate compilation: « Paroles d’Espoir ».
On le croyait penseur,  philosophe,  enseignant pouvant s’adresser à toutes les générations, enfin presque. Au moment où on observait la première de couverture : « on n’est pas en maternelle, ce bouquin est pour les petits! » disions-nous, car on voyait une illustration gaie en couleurs. C’était un homme qui souriait, jetait un pas, et en-dessus la tête duquel était écrite une très jolie phrase encourageante: << Ose devenir qui tu es >>.

Après s’être bien rendus compte que ce n’était qu’une espèce de préjugé et de fausse prévision qui nous habitait, à la fin, une fois qu’on venait de tourner la dernière page, on a bien vu le nom d’une personne de l’histoire, de l’histoire de la Littérature qui nous semblait familier… C’était René Char, le grand poète français qui a beaucoup apporté à certains et qui continue, d’ailleurs. Les apparences étant un peu trompeuses, on avait tort, et maintenant on le sait.

Il est là pour tout le monde, pour tous les âges, pour tous les sages, pour toutes les nationalités, pour tout ceux qui veulent prêter l’oreille à ce merveilleux chant d’Espoir-philo. Quel plaisir pour les oreilles!

Suite à une petite présentation personnelle, il a voulu répondre aux questions des lycées 3. Il avait raison lui, devant nos yeux éblouis, devant nos visages rayonnants, personne n’oserait « monologuer » plus longtemps. Comme on avait prévu des questions, les avait lues en classe, échangé des idées l’un avec l’autre, on avait hâte de le rencontrer enfin. Cette hâte nous faisait trembler la voix, on oubliait souvent la bonne prononciation des mots, et ça nous mettait dans un état plutôt rigolo.

Après cet échange où l’on a religieusement écouté Piquemal, c’était le moment de se réunir à la Médiathèque, pour étudier à propos de ses « Philo-fables », ou plus vraisemblablement, pour philosopher. Il était déjà prêt, il avait envie même, de philosopher et de faire philosopher. Il a questionné les élèves sur le fait de l’existence de Dieu, du bonheur, de l’amour, et surtout de la chance, puisque c’était le sujet préféré d’une d’entre nous.

Et puis… Et puis… Et puis… C’était le moment de dire au revoir à ce grand littéraire, qui a ensuite signé gentiment nos livres.

Nous ne lui répéterons jamais assez tous nos remerciements. Nous tenons à remercier Michel Piquemal de nouveau et lui disons au passage : On vous doit notre connaissance de l’espoir assez pointue.

Paroles d’une étudiante.

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Voici les questions qui lui ont été posées le 8 octobre 2009:

Pourquoi vous avez décidé de faire une collection « Paroles de »?
J’ai décidé de faire une collection « Paroles de » puisque je suis passionné par ce qu’on appelle l’illustration. Je travaille avec des illustrateurs que j’admire par dessus tout. Il y a un autre livre qui est proche de Paroles d’Espoir, qui est basé sur la civilisation. C’est-à-dire; L’islam, les indiens, le Thao, etc.

Est-ce que dans ce livre (Paroles d’Espoir) il y a un texte que vous lisez dans vos moments difficiles?
En fait, dans ce livre, il y a des textes qui donnent de la force. Chacun choisit des textes qui parlent à soi. Il y a toujours un texte qui te parle, quand tu le lis, tu te dis, ça parle à moi. J’aime bien celui de Frank Herbert, (Il lit le texte, Paroles d’Espoir,page 11) c’est un auteur auquel je tiens beaucoup. Il y a un proverbe que j’aimerais partager avec vous : « La peur est creuse en son centre, et il n’y a rien autour ». Comme vous voyez, si on a peur de la peur, elle peut nous paralyser.

Comment fait-on pour choisir les textes d’une compilation?
D’abord je photocopie les textes qui correspondent à un sujet, et les mets dans un dossier. Et puis après, au moment de la sélection, je les mets par terre, côte à côte. Je choisis ceux qui me touchent le plus, si je décide de faire un livre avec. Comme je suis un gros lecteur, je classe par thèmes toutes les phrases qui ont été dites par des philosophes. Je vais aussi les chercher dans les dictionnaires de citations, j’en ai trente. (Il rit)

Comment vous définissez le mot « Espoir »?
C’est une force de vie, une chose qui nous dit de ne jamais baisser les bras, qui donne toujours envie de continuer. Comme j’ai compilé Paroles d’Espoir, j’ai aussi un livre qui s’appelle « Paroles de Révolte ». Espoir sans révolte, ce n’est pas suffisant. Il faut être capable de se révolter dans la vie.

Avez-vous déjà perdu l’espoir?
Quand j’avais votre âge, ça m’arrivait de perdre l’espoir. Les livres m’ont aidé. Comme à présent, Paroles d’Espoir aident une certaine majorité… Ce livre a aidé à guérir ceux qui étaient malades, ceux qui divorcaient. Un livre, ça donne de la force. On a bien conscience qu’un mot, une phrase, un texte, un livre peut donner de la force. Il faut aimer la lecture. « Si on baisse les bras, on est fichu. »

Qu’est-ce que la phrase du départ <<Ose devenir qui tu es>> signifie pour vous?
Elle est la phrase principale pour un adolescent. Je crois que vous aussi, vous osez devenir qui vous êtes, qui vous voulez. Ce n’est pas la famille, la société, la religion qui décident ce que nous voulons devenir.

Dans quel domaine vous avez fait vos études?
J’ai un doctorat de littérature, centré sur la poésie contemporaine. Il faut savoir étudier tout seul.

Si vous n’étiez pas compilateur ni écrivain, quel métier feriez-vous exactement?
Moi, je serais archéologue. Je suis un collectionneur d’archéologie. Dans ma maison, j’ai des verres romains. J’aimerais bien être archéologue, mais c’est trop tard. Istanbul, c’est une très belle ville pour l’archéologie.

Est-ce que ces textes ont changé votre vision de vie?
Oui, certains textes ont changé ma vie. « La peur », Frank Herbert m’a beaucoup aidé. René Char m’a beaucoup apporté. Il dit : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil ». C’est vrai. Il faut, malgré tout être lucide.

Pourquoi vous avez quitté l’enseignement?
J’ai enseigné pendant 15 ans et j’ai vu que ce n’était pas facile. J’écris 6 livres par an, je suis éditeur, je suis compilateur, cela devenait impossible. Mais, j’ai beaucoup aimé enseigner. Beaucoup de mes livres sont des livres d’enseignement. J’enseigne d’une autre façon maintenant. Un professeur ne s’adresse qu’à 30 personnes au maximum, mais moi, je m’adresse à 100.000 personnes. Mon livre a vendu 100.000 exemplaires.

Est-ce que l’enseignement à l’école vous manque?
Enseigner? Je ne fais que ça!

Quels sont vos nouveaux projets?
Je vais écrire des livres pour des gauchers. C’est difficile pour un gaucher d’apprendre à écrire. Ça vous paraît rien mais, c’est important. C’est un sujet qui me passionne particulièrement, ils ont une différence les gauchers. Moi aussi je suis un gaucher.

Quelques photos :

Piquemal

Séance dédicaces avec Michel Piquemal << Avoir l’espoir; c’est aussi savoir sourire >>

piquemal 2

Attentifs, les élèves semblent apprécier le débat.

Commentaires (1)

Michel PIQUEMALth novembre 2009 at 14:45

Merci de la gentillesse de ton commentaire sur ma venue…
et merci à tous pour ce beau travail réalisé.
Je suis heureux que nos discussions aient éveillé des choses dans vos consciences et laissé de jolis souvenirs.
Pour moi, cela a été aussi un moment très riche d’échange et j’en garde un vif souvenir.
Bises à tous les élèves de Sainte-Pulchérie,
Michel Piquemal (qui continue son périple. J’étais hier à Nimes, lundi à Paris et finirai la semaine à Londres !)

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