Sep 12 2020

Au pays des toros (40)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Dans le centre historique de Saint-Sébastien, la Parte Vieja, se trouve la Place de la Constitution, située à l’endroit de l’ancienne Plaza Nueva qui avait été inaugurée en 1723 par une corrida. La place actuelle, où se trouvait l’ancienne mairie, de style néo-classique, date de 1817, reconstruite après l’incendie provoqué par les troupes anglo-portugaises dans le cadre  de la guerre d’Indépendance contre l’occupant français. Elle fut rebaptisée sous son appellation actuelle pendant les trois années de la période libérale du général Riego, entre 1820 et 1823, en honneur de la Constitution de Cadix de 1813 qui fut également proclamée dans la belle ville balnéaire de la côte basque. Aujourd’hui encore, on peut voir les numéros des loges de corrida sur ses balcons.

Plaza de la Constitución

Elle fut en concurrence avec les arènes en bois de San Martín dès 1851 (6 000 spectateurs), remplacées en 1876 par celles d’Atocha (10 000 spectateurs). Les arènes qui ont duré le plus longtemps sont celles de El Chofre, à l’est de la baie de La Concha, près d’une plage aujourd’hui prisée des surfeurs. L’affiche de l’inauguration du 9 août 1903 porte les noms de Mazzantini, Bombita, Montes (en substitution de Reverte) et Lagartijo Chico avec neuf toros de Ibarra. Sa capacité était de 14 000 places et elle fonctionna jusqu’en 1973.

Plaza de toros de El Chofre

Les actuelles arènes, situées sur les hauteurs d’Illumbe, sont aussi modernes qu’impersonnelles avec leur toit ouvrant donnant l’impression d’être dans une piscine quand il est refermé. Elle furent inaugurées le 11 août 1998 par Manzanares, Ponce et Rivera Ordóñez avec des toros de Torrestrella et comptent 11 000 sièges.


Août 15 2020

Emilio De Justo

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Il est né à Caceres le 16 février 1983. Ses débuts en public se sont déroulés à Valdecín dans sa province natale le 18 juillet 1998 et il a revêtu son prmir habit de lumières dans sa ville le 16 avril 2000 avant d’y débuter avec picadors le 22 avril 2002 en sortant a hombros.

C’est cinq ans plus tard, le 26 mai 2007, qu’il reçut l’alternative, après avoir foulé le sable de la plupart des grandes arènes, des mains de Talavante et en présence de Cayetano, essorillant un toro de Vegahermosa.

La confirmation eut lieu l’année suivante, le 29 juin 2008 dans une affiche partagée avec Aníbal Ruiz et Sergio Martínez qui comatirent du bétail de Juan Luis Fraile puis coupe une oreille venteña la saison d’après.

Malgré les succès prometteurs qu’il a obtenu, les 5 années qui suivent sont misérables en contrats, la crise n’expliquant qu’en partie cet état de fait.  En 2010 et 2011 il reste en Colombie puis revient en Espagne sans parvenir à rentrer dans le circuit. Il se fit cependant remarquer à Hervas en 2015 en coupant les deux oreilles d’un toro de Victorino Martín.

L’année suivante, sous l’égide de Luisito, avec lequel il sera lié professionnellement quatre années durant, il « rentre » en France à Vic où il triomphe dans une corrida de Palha puis à Mont de Marsan (deux fois une oreille des toros gris d’Adolfo puis de Victorino) et surtout à Dax avec du bétail de ce dernier fer qui sans faire de cadeaux lui permettra de gravir peu à peu les échelons.

En 2018 il est déjà considéré comme le torero révélation avec toujours des triomphes en France, notamment à Mont de Marsan et à Dax mais aussi en Espagne où on commence à le regarder d’un tout autre œil, en particulier à Pampelune où il obtient un trophée d’un toro de José Escolar. A la fin de la saison, le jour de la mort de son père, il fit preuve d’un dépassement de soi remarquable, autant d’un point de vue de la force mentale que d’un stoïcisme impressionnant face à la douleur après une blessure sérieuse avant de triompher une nouvelle fois dans la capitale des Landes. Cet esprit de sacrifice eut sa récompense la semaine suivante avec une sortie par la Grande Porte madrilène dans une corrida de Puerto de San Lorenzo.

En septembre 2019 il triomphe pleinement à Dax dans un solo face à 6 victorinos après avoir obtenu un trophée à Bilbao et s’être remis d’un problème à la clavicule. A la fin de la saison, le « producteur » Simon Casas devient son nouvel apoderado.

De Justo est un torero à l’ancienne qui torée avec vérité du bétail de respect. Il est incontestablement devenu le meilleur spécialiste actuel de l’encaste Albaserrada. Il est surprenant qu’un torero de cette qualité et de cette capacité soit passé si longtemps inaperçu. Il est dans la ligne du Cid, de Fandiño, de Ferrera, d’Urdiales ou d’Ureña : justice a finalement été faite alors que rien ne leur avait été facilité.  C’est un torero classique qui torée avec une grande classe et temple mais sans concessions pour la galerie. Il ne sera peut-être jamais une figura tout public mais les entendidos comme ses collègues le jugent à sa juste valeur. Comme dit un autre Emilio avant sa révélation définitive : « Attention à ce torero ! »


Août 3 2020

Dieu que c’est beau

Publié par Giraldillo dans Humeur      

Presque onze mois après ma dernière corrida (le solo d’Emilio de Justo à Dax), j’ai retrouvé le chemin de arènes sur une scène et avec du bétail bien différent,  à Huelva, plus d’un millier de kilomètres plus au sud. Et Dieu que c’est beau ! Mes sentiments taurins se sont ravivés mais mon propos n’a jamais été dans ce blog d’écrire des chroniques et de suivre l’actualité au jour le jour mais au contraire d’avoir une vision d’ensemble sur la Corrida, pas une corrida en particulier qui ne peut par définition n’être qu’un fragment du tout.

Beau, quoi donc ? Le sang versé, les meuglements de souffrance, l’acharnement vicieux des piques et des banderilles, l’agonie de la pauvre victime, le sourire satisfait du bourreau, le public sadique qui en veut plus, bref un spectacle barbare et macabre ? Quelle misère de la pensée ! Et c’est cela l’évolution ? Le stade le plus avancé de la civilisation ?

Voilà à quoi se résume pour certains la Corrida (ceux qui considèrent que la mort d’un torero c’est bien fait parce qu’ils ne sont pas capables de faire la différence entre un élevage de poulets et un camp d’extermination). Moi j’y vois et j’y recherche tout autre chose. On y voit du sang certes mais souvent peu en vérité avec des piques très dosées, nul mugissement, des toros qui ont envie d’en découdre, point de victimes, des combattants nés, élevés pour leur caractère mais menacés par une dégénérescence puis une disparition pure et simple de l’espèce par ceux qui prétendent les défendre contre les humains insensible que nous sommes. J’y vois la beauté d’une sculpture vivante (et je suis loin d’être le seul, dois-je énumérer les artistes incommensurables qui y ont trouvé leur inspiration ?), non pas des poses prises devant un toro mais l’imposition d’un tracé grâce au courage et à la maîtrise de soi comme en la confiance en sa capacité à dominer la sauvagerie assassine à l’aide d’un simple morceau d’étoffe conduit au plus près des cornes ; accrochées bien en avant, les pieds ancrés au son et conduites en cercle autour du corps en imposant une harmonie et un tempo, la volonté réfléchie s’imposant à l’instinct brut d’un animal parfois dix fois plus lourd que l’homme. Cet ensemble, ce groupe sculptural toro-torero où l’artiste, tel le danseur, est un élément de son œuvre et où le toro, tel la pierre du sculpteur, est un matériau à modeler, constitue à n’en pas douter une œuvre d’art bien que parfois l’on n’assiste dans ce processus créatif qu’à des tentatives infructueuses (le matériau est parfois friable ou récalcitrant) ou à des ébauches. Mais ce n’est pas tout : qui sait capter un instant de cette sculpture en mouvement pour la faire passer définitivement de la rétine à la mémoire sait que le dessin offert par le contournement du corps du torero (ce que dans le jargon on appelle l’acoplamiento, soit l’  « accouplement » à la charge) doit être complété par la « musique silencieuse » pour reprendre les mots du poète républicain José Bergamín, c’est-à-dire le rythme de la passe, donnée comme une caresse en réduisant le tempo (le temple en terme taurin). Mais ce n’est pas tout : ces passes doivent, pour atteindre au chef-d’œuvre, être cousues les unes aux autres en séries et les séries doivent répondre à une structure d’ensemble comme pour le plan d’une cathédrale. Si l’œuvre est complète et si elle est le fruit d’un travail progressif d’apaisement d’une charge vive cherchant à accrocher le leurre qui lui échappe, alors c’est un mythe qui se rejoue devant nos yeux, celui de l’évolution de l’humanité depuis les combats préhistoriques en corps à corps face à un animal dont il fallait s’imprégner des valeurs (la force, la puissance) par besoin vital autant que dans un rite animiste (les peintures pariétales en sont le témoin) jusqu’à la victoire de l’intelligence et l’intégrité d’un spectacle codifié au siècle des Lumières où tout a son origine comme sa raison d’être, des piques jusqu’au « meurtre » du toro, ce que nous appelons l’estocade. Et tout cela sans traîtrise, en respectant une éthique : il serait plus simple de supprimer la barre d’arrêt de la pique si l’objectif était de « massacrer » l’animal (des blessures dont il guérit aujourd’hui presque toujours lorsqu’il est gracié) et il serait de même plus facile au torero de planter une épée dans le flanc ou depuis la barrière que de le faire en se lançant face aux cornes.

Quant au sadisme supposé des aficionados, pourquoi le public proteste-t-il quand le torero n’arrive pas à donner la mort au toro rapidement ? Dans la célébration de la vie humaine que représente le toreo il y a un ordre aux choses : le toro doit mourir en combattant après avoir eu une vie bien plus longue et enviable que ses congénères et le torero idéalement doit triompher de la mort, pas en la fuyant mais en l’affrontant face à face. C’est là certainement un anachronisme. Ces notions d’honneur et de don de soi semblent aujourd’hui bien dépassées. Comme écrivait Corneille dans le Cid en reprenant Sénèque (un autre Cordouan, Manolete bien-sûr, mourra d’ailleurs avec le même détachement que ce dernier) : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Nous vivons dans nos société industrialisées post-modernes dans des milieux devenus tellement aseptisés, policés, convenus et par là même insipides qu’on s’étonne non pas tant de la violence de la tauromachie, qui existe assurément, nous ne saurions la nier (j’y reviendrai à l’occasion mais elle sert aussi d’exutoire et le bouc-émissaire a eu dans de nombreuses civilisations un rôle apaisant qui a évité des maux bien pires sinon comment expliquer la violence de certains antis à l’égard d’autres êtres humains fussent-ils barbares à leurs yeux) mais de la violence de sa vérité. Oui, ici rien n’est joué même si les mauvais toreros surjouent comme le font les mauvais acteurs. Le toreo vit son rôle, c’est pourquoi tout ce qu’on dit sur l’habit de lumière est une réalité : il héroïse l’homme qui le porte, l’obligeant à se transcender pour dépasser sa condition de mortel, sauf naturellement à jouer de malchance et à nous ramener de plein fouet à cette, à notre triste condition.

C’est aussi pour cela que la tauromachie est pour nous une parenthèse enchantée mais pas un spectacle plaisant fait pour passer un bon moment, pas une histoire bien morale et bien-pensante ou simplement gentillette qui raconterait une monde aussi parfait qu’irréel. Elle est une part essentielle de notre culture (pas celle de ceux qui ne l’admettent pas, la nôtre et celle de nos aïeux) multiséculaire, celle du peuple du toro. C’est finalement un spectacle qui raconte notre Histoire et chaque torero l’exprime, tel un poète face aux grands sentiments humains, à sa manière.

Hier, Perera l’a exprimé à la sienne : techniquement supérieur, impeccable, profond mais dans un style moderniste qui n’est pas du meilleur goût, la jambe en retrait mais une élasticité pour allonger la passe et une suavité pour conduire la charge exceptionnelles. Début (passe changée dans le dos) et grande partie de la faena à genoux pour pimenter la faena mais une épée légèrement tombée qui le prive de la queue puis tour de piste émouvant avec ses enfants comme pour revendiquer le droit à leurs transmettre nos valeurs au-delà des nouveaux moralismes. Pour le reste, je passerai sous silence la mono-pique et les poses du Bellâtre pour me concentrer sur le geste de plus de torería de la soirée : une larga à genoux improvisée d’Aguado après avoir trébuché et être à la merci des cornes (il recevra aussi un coup de tête pendant la faena) et cet arôme vintage de lignes courbes, la jambe en avant qui aurait pu lui permettre d’obtenir un trophée avec une meilleure épée. A noter aussi deux paires supérieures de Javier Ambel et deux poses entre les cornes de Curro Javier. A la cape, le meilleur furent les gaoneras une media de Perera et les chicuelinas du Sévillan qui torée à la véronique avec plus de rythme que de composition ce qui présage une évolution prometteuse pour ce qui n’est encore qu’un torero en devenir (dont on attend peut-être trop dans le sens où il ne sera probablement jamais un torero d’une grande régularité; en tout cas au descabello il fait déjà concurrence à Morante).


Août 1 2020

Au pays des toros (39)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Il existe dans la province de Malaga une ville qui fut jadis un petit village dont il reste encore quelques rues mais qui partagé entre la localité d’origine sur son promontoire et la zone balnéaire a aujourd’hui plus de 80 000 habitants, un tiers venant de l’étranger bien que nul ne les qualifierait de migrants vu le prix du mètre carré. Il s’agit de Mijas où le toro fut longtemps un emblème avec ses encierros dans le village à côté de l’âne-taxi.

Sur les hauteurs de la partie historique se trouvent ses charmantes arènes inaugurées en 1900 puis ré-inaugurées en 1977 après leur restauration. L’arène elle même a une forme presque rectangulaire et sa capacité tourne autour des 500 personnes. Il fut un temps où il s’agissait d’une plaza de temporada avec des affiches tous les dimanches mais aujourd’hui il n’y a le plus souvent que des novilladas sans picadors tronquées pour touristes à des tarifs prohibitifs qui ont toutes les chances de dégoûter à tout jamais le public cosmopolite de la tauromachie. C’est là où l’on regrette le laisser-aller actuel de la part des autirités et on se prend à regretter le temps où l’on dépendait du Ministère de l’Intérieur. Elle a été la propriété du torero Antonio José Galán jusqu’à sa mort en 2001.

La Costa del Sol, outre La Malagueta, possède cinq autres plazas (seulement deux sont à ce jour actives) : Estepona (blanches également mais plus récentes: inaugurées en 1971 par Dominguín, Miguelín et Paquirri avec une corrida au moins en juillet), Marbella (sur le point de rouvrir après cinq ans de travaux qui fut inaugurée en 1964 par Pedrés, Camino et El Cordobés puis ré-inaugurées en 1997), Fuengirola (capacité inférieure de moitié aux précédentes, ouvertes en 62 et qui célèbrent une corrida début août),Benalmádena dans un état lamentable et, pour finir cet itinéraire d’ouest en est, celles de Torremolinos (nouvelles arènes comparables en taille aux deux précédentes inaugurées en 2003 par Conde, Morante et Vega mais qui ces dernières années a subi l’anti-taurinisme de ses dirigeants municipaux).

« El huevo » de Estepona


Juil 27 2020

Petite saison vaut mieux que rien

Publié par Giraldillo dans Temporada      

Il a fallu attendre fin juillet pour le véritable début de la saison (en dehors de Valdemorillo et Olivenza) avec le geste torero de Beaucaire : être prudent et respecter des règles oui, ne plus vivre non.

Un grand novillo de Dolores Aguirre (malgré une sortie en faux à la troisième rencontre) a rencontré un novillero à l’ancienne, de l’école de Paquiro, au propre comme au figuré, qui perdit au moins un trophée après en avoir obtenu un d’un novillo de Conde de la Corte.

Jusque là, la temporada française avait consisté en une novillada non piquée à Magescq avant l’interruption puis à quelques fiestas véritablement camperas dans quelques ganaderías et un festival à Brocas. Pour l’instant, les seuls spectacles majeurs programmés en août sont ceux de Béziers et des Saintes Maries, en attendant les ferias de septembre : Arles et Nîmes (celle de Saint-Martin étant finalement reportée) sans compter la journée organisée à Istres en octobre. Les arènes du sud-ouest, plus petites sont désavantagées mais tout de même on est surpris de ne rien du tout à avoir à se mettre sous la dent tout l’été durant. Heureusement, Dax, premières arènes du Pays d’Adour organise une grande journée taurine au début de l’Automne.

En Espagne, Valdemorillo (avec un triomphe important de Luque) et Olivenza ont été les seules ferias du début d’année. Celles d’Avila ont été les premières arènes de seconde catégorie a ouvrir leurs portes (sortie a hombros de López Simón et corrida correcte d’Adolfo Martín) mais celle de première n’ont rien annoncé, question d’assurances sans doute.

Ce sont des arènes andalouses qui auront été la scène de la plupart des courses espagnoles : Osuna puis Huelva avec deux corridas, puis Estepona, El Puerto, Sanlúcar (corrida de Miura), Priego, Santiesteban et Las Navas, Andújar, Fuengirola, Linares puis en septembre Villanueva del Arzobispo (victorinos), Baza et finalement en octobre Grenade, Cordoue et Jaén mais aussi Niebla et Constantina sans oublier le cycle de novilladas télévisé par Canal Sur (sans public sur les deux dernières novilladas) et les 4 novilladas piquées du Circuit des Novilladas d’Andalousie organisé conjointement par la région et la Fondation du Toro de Lidia (Aracena, Sanlúcar, Antequera et Úbeda). Il n’y aura donc que la province d’Almería qui n’aura connu aucun spectacle taurin cette année.

En plus de ces 18 corridas, la Fondation du Toro de Lidia annonce fin septembre l’organisation de 9 corridas supplémentaires en Andalousie (Cabra, Úbeda, Montoro, Antequera et Estepona) d’ici à la fin de la saison et quatre autres entre Barcarrota (Badajoz) et Logroño (il y aurait dû en avoir deux autres mais la crise sanitaire en aura eu finalement raison) en plus de 3 novilladas qui se dérouleront finalement à Herera del Duque.

Pas grand-chose ailleurs en dehors de l’Estrémadure (Mérida, Herrera et finalement Badajoz où Ferrera a réalisé la geste de la saison), Castilla-La Mancha, comme à Añover, Manzanares, Consuegra, Almoguera et Tolède plus une novillada à Tobarra, et Castille-et-Léon (El Espinar et Astorga, en plus d’Avila, déjà citée et de novilladas à Guijelo et Medina del Campo). Dans la très taurine Communauté de Madrid, les quelques spectacles annoncés ont finalement été annulés par les autorités régionales pour cause de recrudescence de la pandémie.

Dans la plupart des villes évoquées, un dénominateur commun : Enrique Ponce qui prend en charge ce qui reste de saison avec 16 courses à son actif. Pour Roca Rey, il semblerait qu’une année sabbatique ne soit pas un problème (une de plus pour Talavante ou José Tomás); il ne semble pas prêt à baisser son cachet même pour défendre la tauromachie comme un spectacle essentiel, celui de la victoire sur la Mort, celle qu’on ne veut plus voir mais qui a surgi avec force dans nos vies avec ce satané coronavirus.

Espérons que les corridas programmées en France et en Espagne au mois de septembre seront une réalité et que malgré l’annulation de certaines ferias les organisateurs feront leur métier pour au moins des spectacles isolés, quitte à inventer des formules moins coûteuses à produire avec de formules de quatre toros et un novillo par exemple. Il serait d’ailleurs bon que l’UVTF régule les fiestas dites camperas aux formats très différents les unes des autres, comme elle vient de le faire concernant l’organisation des spectacle pour la saison prochaine avec une part modulable sur les émoluements des toreros en fonction des entrées dans lres arènes importantes et une baisse de 25 % dans les plus petites.

Au milieu de ce champ de désolation, c’est bien leur droit, les toreros se sont battus pour que justice soit faite et le Ministre de la Culture espagnol, M. Rodríguez Uribes, après moultes tergiversations, a fini par reconnaître certaines « lacunes » pour faire référence à l’absence de subsides perçus par le secteur taurin. Il aura fallu attendre le mois de novembre pour que 775 euros soient versés à des professionnels qui ont cotisé autant que dans n’importe quelle autre profession.


Mai 16 2020

Joselito « el Gallo »

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Il y a 100 ans, « le plus grand torero de l’histoire » mourait sous la corne. Portrait.

José  GÓMEZ ORTEGA  “GALLITO”

[1]

Il est né à Gelves (Séville) le 8 mai 1895. Sa mort survint à Talavera de la Reina (Tolède) le 16 de mai 1920.

Son père, le torero Fernando “El Gallo”, meurt alors que Joselito n’a que deux ans. A 8 ans, il torée sa première vachette et il s’habille pour la première fois de lumières le 19 avril 1908 à Xérès. Il fera ensuite partie d’un quadrille d’enfants toreros. Le 24 octobre 1911, sans encore avoir reçu l’alternative, il tue le toro Avellanito de Moreno Santa María, à Séville. Il se présente à Madrid le 13 de juin 1912 pour toréer une corrida de toros, la novillada ne lui paraissant pas suffisamment sérieuse : les critiques déjà voient en lui un torero d’exception. Le 23 du même mois, il triomphe également à Séville. Joselito reçoit un coup de corne le 1er septembre à Bilbao et prend l’alternative dans sa ville natale des mains de son frère Rafael le 28 septembre 1912 avec le toro Caballero de Moreno Santa María. Ce n’est que le lendemain qu’il triomphera pour la première fois à la Maestranza.

Il la confirme le 1er octobre à Madrid face à Ciervo de Veragua. Il rivalise avec Bombita lors de la Feria d’Abril 1913. Le 1er  juin Rafael “el Gallo”, Machaquito et Gallito sortent par la grande porte à Madrid. Le 5 juin le plus jeunes des gallos coupe un appendice auriculaire d’une grande valeur dans la capitale espagnole. Jusqu’à cette date, seuls Bombita, Machaquito, Vicente Pastor (deux fois) et Rafael “el Gallo” avaient obtenu une oreille dans lesdites arènes. Il obtient en outre d’importants triomphes à Saint Sébastien et à Saragosse. A partir de la saison 1914 commence sa rivalité avec Juan Belmonte. Il torée admirablement lors de la Feria d’Abril  le toro Almendrito de Santa Coloma, alors qu’il affronte pour la première fois en mano a mano celui qu’on appellerait « el Pasmo de Triana » (ils s’étaient rencontrés face à des miuras quelques jours avant). Il coupe une oreille à Madrid le 2 mai dans le premier épisode de leur opposition  dans la capitale. Il sort ensuite a hombros des arènes de la route d’Aragon le 3 juillet dans une corrida en solo. Il fut blessé à Barcelone le 5 du même mois par le toro Coletero de Pérez de la Concha et il triomphe à Bilbao où il est à nouveau blessé. En 1915, à Séville, il réalise un faenón au toro Napoleón de Gamero Cívico, tant à la cape, qu’aux banderilles, qu’avec la muleta et l’épée. Il coupe aussi des oreilles à Madrid puis revient dans l’ancienne Hispalis pour y triompher face aux miuras le 29 avant de s’enfermer face à 6 toros 6 le lendemain : la présidence lui accordera l’oreille du cinquième Cantinero, de Santa Coloma, une première dans ces arènes. Il termine la saison avec 102 corridas au compteur, un record qu’il battra l’année qu’il dépassera encore  suivante (105) et qu’il dépassera encore deux ans plus tard (103). Le 15 mai 1916, à Madrid, il parvient à enchaîner sept naturelles (apparemment, seul Florentino Ballesteros avait réussi à en enchaîner plus, à Barcelone, en 1913)[2]. Le 8 octobre de la même année, il triomphe dans les mêmes arènes avec du bétail de Gamero Cívico, en coupant les oreilles de ses deux toros. En 1917 il connaît un grand succès à Barcelone et surtout à Séville où il coupe les oreilles à quatre des six toros qu’il tue en solitaire. Il reçoit un coup de corne à Saragosse en 1918 et un autre le 1er mai 1919 à Madrid, mais il connaît l’autre face de la monnaie à Séville, Valence et Bilbao.

[4]

En cette année 1919, après avoir perdu sa mère, le caractère mélancolique de José Gómez s’accentue. Le toro Bailador, de l’élévage connu comme celui de “la veuve Ortega”, fut la cinquième à sortir en piste à  Talavera de la Reina le 16 mai 1920. Ce toro supposément burriciego[3] allait mettre fin à la vie de cet immense toreo nommé Joselito “El Gallo”, pour beaucoup le plus grand de tous les temps, en lui introduisant toute la corne dans le ventre. Il avait à peine 25 ans.

Torero très dominateur, Joselito commencera à bien toréer avec la cape à partir de 1916. Il fut un spécialiste de la larga cambiada à genoux et des recortes avec la cape pliée sur le bras. C’était également un torero avec un répertoire très large et un banderillero exceptionnel. Ses naturelles en rond, ce qui fait de lui un des précurseurs du toreo lié en séries, étaient célèbres. Sans être un matador hors du commun, il tuait avec une rapidité, une agilité et une sécurité exceptionnelles. Ses meilleures estocades sans doute furent-elles données dans la suerte a recibir. Statistiquement, il a coupé un total de 17 oreilles dans les arènes de Madrid. Il était en quelque sorte le Miquel Ange des toreros, un mythe de perfection.


[1] et [1bis] Photos 6 TOROS 6.

[2] Cf. l’article “El ritmo por dentro” de J.C. Arévalo dans la revue 6 TOROS 6 n°720 p.62.

[3] Animal ayant un problème visuel.

[4] Demi-véronique de “Gallito”. Photo 6 TOROS 6.


Mai 5 2020

Dámaso Gómez nous a quittés

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Le « Lion de Chamberí », son quartier de Madrid, s’est éteint à 90 printemps ce 2 mai 2020, jour de la Communauté de Madrid en mémoire de la rébellion contre l’envahisseur français. Né le 1er avril 1930, il était un parangon de torisme : un spécialiste des corridas dures surtout à Madrid, en affrontant en particulier miuras et victorinos. C’est un toro de ce dernier élevage qui lui permit d’atteindre la gloire d’un triomphe madrilène estival en 1971. En activité de 1953 à 1981, année où il a toréé sa dernière corrida dans sa Salamanque adoptive, il a été durement châtié par les toros.

Après une oreille à Madrid pour sa présentation comme novillero en 1950, comme tant d’autres, il connut une longue traversée du désert après son alternative barcelonaise, un 25 mai, dans une affiche prestigieuse avec Julio Aparicio comme parrain et Manolo Vázquez comme témoin. Il avait pourtant confirmé son doctorat dès le 6 juin 54 des mains de Rafael Ortega mais il dut attendre 1966 dans une corrida de Miura pour commencer à être reconnu chez lui.

C’était un torero capable et impassible qui banderillait « à l’intérieur » avec une certaine témérité et toréait à la naturelle avec le plus grand naturel. Son desplante en tenant les cornes à deux mains étaient aussi l’une de ses marques de fabrique. Il a coupé un total de 9 oreilles dans la capitale des Espagne et donné 19 tours de piste dont les 2 de sa confirmation.


Avr 2 2020

La monnaie

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Il y a dans le jargon taurin un certain nombre d’expressions faisant référence à la numismatique. Ne parle-t-on pas souvent des deux faces de la monnaie, cara o cruz, pour évoquer les pôles du destin, la face pour la gloire et le côté pile (la croix en espagnol, signe d’un châtiment expiatoire) pour les vents contraires, la blessure ou l’échec ? On dit aussi fréquemment qu’il faut lancer la monnaie, donner sa chance au toro, c’est-à-dire s’exposer, lui donner l’avantage en se mettant dans le terrain périlleux qui ne lui donne pas d’autre choix que d’attaquer ou de se défendre, soit montrer sa vraie nature et par là-même réaliser le toreo puis faire aller la faena a más si tant est que le toro réagisse favorablement. Ce lancement de monnaie exprime le moment crucial, celui de l’incertitude, l’acmé de la faena en fait, où il faut parier sur le toro pour le « mettre dans le panier », sans quoi il ne pourra pas être dominé.

            Ceci-dit je vais maintenant utiliser l’image de la monnaie pour tout autre chose : pour l’attribution des trophées, en prenant une pièce d’un euro pour une oreille et une autre de deux pour le double trophée. Pour un président de corridas qui se respecte, il y a bien-sûr des critères concernant le travail du matador en relation avec la charge du toro qui peuvent correspondre à l’un ou l’autre de ces prix mais dans les faits l’appréciation n’est pas aussi nette : on est par exemple souvent à la limite du trophée qui finit par tomber avec l’aide du public.

            Dans le patinage artistique, les jurés ont des notations très précises avec décimales. Je ne prétends absolument pas qu’il faille faire pareil mais je voudrais utiliser la comparaison pour poser la question sur le niveau d’exigence minimum requis pour l’attribution d’un trophée. Admettons qu’un euro (pour que ma réflexion soit plus concrète qu’une note abstraite) soit la valeur idéale pour une oreille (tout effort mérite une récompense, pécuniaire, en nature ou symbolique), peut-on arrondir dès 85 ou 90 centimes ? Et dans ce cas 85 centimes ont-il la même valeur qu’1€70, c’est-à-dire le double ? Je prends des cas un peu extrêmes mais dans les faits on voit des oreilles avec des valeurs très variables qui donnent quelquefois le sentiment de deux poids deux mesures mais ce n’est pas parce qu’on a une idée précise de la valeur d’un euro qu’on ne va pas être confronté à une réalité qui s’impose au-delà de nos représentations.

            Admettons qu’au premier toro de la corrida un torero soit arrivé à une valeur cumulée de 85 centimes : malgré la pétition apparemment majoritaire du public, le président exigeant refuse le trophée de manière antiréglementaire mais se réfugie derrière l’idée d’une épée quelque peu défectueuse. Au deuxième toro, un matador classique qui respecte les canons sans ostentations ni fioritures obtient une note virtuelle de 1€10 (ou 11/20 pour les tenants du système vigésimal) selon le président qui lui accorde l’appendice malgré des mouchoirs en petit nombre (on imagine la bronca). Au troisième toro, le plus jeune du cartel fait une prestation remarquée valant mettons 1€80 et la pétition est unanime ; les deux oreilles tombent même s’il manque un petit quelque chose.

            Dans la deuxième partie de cette course hors du commun, le matador le plus ancien, piqué au vif, réalise un effort malgré un animal assez quelconque et obtient à nouveau un 85 sur cent. Malgré une pétition plus minoritaire qu’au premier, peut-on imaginer l’attribution d’un trophée compensatoire pour l’ensemble de l’après-midi ? J’observe qu’à Madrid c’est parfois le cas, les exigences étant supérieures au premier qu’au second. A chacun de voir : 1 est-il la valeur idéale ou minimale ? La question est là car si c’est le premier cas et que le président est quelqu’un d’exigeant il peut peut-être, en se justifiant sur l’ensemble de la course, faire un effort de générosité. Je poursuis ; au cinquième, le matador réalise une prestation intéressante, sans être transcendante (à 0,90) qui passe totalement inaperçue pour la plus grande partie du public et le président préfère ne pas attribuer de trophée considérant les circonstances et la récompense attribuée précédemment. Pour le dernier, j’imagine deux scénarios : le torero réalise une prestation comparable à la faena du quatrième avec une demande de la part du public assez comparable, c’est-à-dire maigre et le président, pour ne pas verser dans le triomphalisme refuse l’octroi du trophée eu égard encore à la prestation d’ensemble, suffisamment bien rémunérée. Pour la deuxième option, le torero manque complètement de torería est utilise le descabello depuis de burladero : dans un  cas comme celui-là, la sortie a hombros ne devrait-elle pas pouvoir être refusée malgré les deux oreilles coupées ? Bien-sûr, nul règlement n’évoque cela.

            Certains verrons dans cette réflexion un certain laxisme mais force est de constater que les discours et les faits ne se rejoignent pas toujours. Exigence n’est pas intransigeance.

 

 

 


Mar 14 2020

Don Temple

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Urdiales est un artiste dans le sens le plus noble du terme. Il n’y a pas chez lui la recherche d’une beauté artificielle, points de poses et de pointes, de postures à distance ou à toro passé mais du lourd, de la maîtrise, du naturel et du courage pour réaliser, face à des animaux souvent difficiles un toreo de réduction : réduire l’adversaire à sa volonté pour lui permettre de montrer toute l’étendu de sa bravoure, le montrer pour le mettre en valeur et par là-même la dimension incommensurable de son toreo fait de réduction de la vitesse. Avec Puerta nous avions Diego Valor et là nous sommes en présence de Diego Temple, car c’est bien le don premier de Monsieur Urdiales. Ce n’est pas un hasard si Curro Romero himself le suit un peu partout, comme une résurgence de lui-même. Des déplacements réduits à l’essentiel même s’il pratique le toreo de mouvement et le macheteo avec un art – je sais que cela semble un oxymore pour certains – et un classicisme un brin surannés incluant ce temple d’une extrême rareté en font un maître, un torero de torero, un idéal à atteindre plus qu’un modèle à suivre. Heureusement pour les figuras, la qualité et la quantité sont souvent incompatibles. Son toreo est possible avec divers encastes mais pas avec tous les toros. A la véronique c’est un aussi un géant et même face à des pupilles d’encaste Albaserrada il donne de cette suerte une interprétation magnifiée ; il est donc en ce sens meilleur que Curro et Morante réunis.

Diego Urdiales est né à Arnedo, dans la Rioja, le 31 mai 1975. Le 21 mars 1992 il débute avec picadors dans son village où il obtiendra le prestigieux Zapato de Oro en 98.

Il prend l’alternative le 15 août 1999 à Dax des mains du maestro Paco Ojeda et avec un lot de Diego Puerta. Quoique considéré depuis toujours comme un torero de classe, celui que l’on doit désormais appeler Don Diego a été confiné longtemps à des corridas de village et quelques prestations dans des arènes de saison sans grand succès jusqu’au jour où tel un ouragan il a tout balayé sur son passage démontrant qu’il était à lui seul, comme disait Rafael de Paula, une classe de torero.

C’est le 8 juillet 2001 qu’il avait confirmé ce doctorat des mains de Frascuelo et face à des toros de Guardiola. En 2005, c’est aussi d’un guardiola qu’il obtient une oreille chez lui à Logroño, pourtant la campagne suivante se résumera à un unique festival. En 2007, il obtient la grâce à la maison de Molinito de Victorino Martín en coupant une queue symbolique (plus deux oreilles de plus à des toros de Victorino et Cebada). La campagne suivante est bien plus prolifique avec des ponctuations à Saint-Sébastien et Bilbao, où on aperçoit la dimension qu’il va acquérir, mais surtout à Madrid devant un victorino pour la feria d’Automne.

Le 2 mai 2009, il renouvelle ce succès dans la capitale espagnole puis en fait de même à Bilbao (là avec un autre victorino), qui seront dès lors ses deux arènes de prédilection; il donne aussi un aperçu de son art à Saint-Sébastien avant d’essoriller un Torrestrella à Logroño et de donner une vuelta dans la capitale des Espagnes. La capitale économique du Pays-Basque le verra encore toucher du poil en 2010, 2012 et 2013 (Victorino à chaque fois), année où il réalise à Vic-Fezensac une faena mémorable mais c’est à Dax trois ans plus tôt qu’il était « rentré » en France en sortant a hombros des arènes qui l’avaient vu devenir matador avant d’obtenir aussi un trophée lors de la feria du riz. En 2014, Urdiales triomphe à Mont de Marsan et à Dax puis à Logroño avant de couper une grosse oreille à Madrid à un toro d’Adolfo et une autre à Saragosse.

C’est la saison suivante qu’il obtient son premier succès d’envergure lors de l’Aste Nagusia face à des toros d’Alcurrucén. Il avait aussi coupé un appendice auriculaire à Dax et aussi à Saragosse après avoir triomphé à nouveau chez lui par deux fois. Nouveau triomphe à Bilbao en 2016, encore avec les núñez d’Alcurrucén. Après une temporada 2017 très discrète, c’est celle d’après qu’il casse la baraque, renaissant tel le sphinx : Grandes Portes à Bilbao et Madrid avec un toreo stratosphérique en 6 corridas seulement, se consacrant définitivement après 20 ans de métier, le temps de la maîtrise en toutes choses il est vrai. Si quantitativement 2019 a été une bonne moisson elle n’aura pas donné lieu à de réels chef-d’œuvres, quelques esquisses tout au plus.


Fév 28 2020

Au pays des toros (38)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

On limite souvent l’activité taurine au Pays Basque aux capitales provinciales que sont Bilbao, Saint-Sébastien et Vitoria mais on a vu qu’il existait des arènes à Trucios (Au pays des toros 31) et Orduña, patrie du regretté Iván Fandiño, en Biscaye, en plus de celles, plus célèbres, d’Azpeitia (9), dans la province de Guipuzcoa où nous restons aujourd’hui, d’abord à Cestona ou Zestoa où on va s’arrêter brièvement.

Comme dans beaucoup d’autres endroits de la péninsule ibérique, la place du village, plaza de los Fueros, se transforme pour les fêtes annuelles, début septembre, et ce depuis 1670, en arènes dont la capacité se situe autour des 2000 places.

Peut-être verrons-nous prochainement, après la fin des travaux prévue en 2020, le retour des toros dans les magnifiques arènes de Tolosa. Espérons-le.