Apr 2 2020

La monnaie

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Il y a dans le jargon taurin un certain nombre d’expressions faisant référence à la numismatique. Ne parle-t-on pas souvent des deux faces de la monnaie, cara o cruz, pour évoquer les pôles du destin, la face pour la gloire et le côté pile (la croix en espagnol, signe d’un châtiment expiatoire) pour les vents contraires, la blessure ou l’échec ? On dit aussi fréquemment qu’il faut lancer la monnaie, donner sa chance au toro, c’est-à-dire s’exposer, lui donner l’avantage en se mettant dans le terrain périlleux qui ne lui donne pas d’autre choix que d’attaquer ou de se défendre, soit montrer sa vraie nature et par là-même réaliser le toreo puis faire aller la faena a más si tant est que le toro réagisse favorablement. Ce lancement de monnaie exprime le moment crucial, celui de l’incertitude, l’acmé de la faena en fait, où il faut parier sur le toro pour le « mettre dans le panier », sans quoi il ne pourra pas être dominé.

            Ceci-dit je vais maintenant utiliser l’image de la monnaie pour tout autre chose : pour l’attribution des trophées, en prenant une pièce d’un euro pour une oreille et une autre de deux pour le double trophée. Pour un président de corridas qui se respecte, il y a bien-sûr des critères concernant le travail du matador en relation avec la charge du toro qui peuvent correspondre à l’un ou l’autre de ces prix mais dans les faits l’appréciation n’est pas aussi nette : on est par exemple souvent à la limite du trophée qui finit par tomber avec l’aide du public.

            Dans le patinage artistique, les jurés ont des notations très précises avec décimales. Je ne prétends absolument pas qu’il faille faire pareil mais je voudrais utiliser la comparaison pour poser la question sur le niveau d’exigence minimum requis pour l’attribution d’un trophée. Admettons qu’un euro (pour que ma réflexion soit plus concrète qu’une note abstraite) soit la valeur idéale pour une oreille (tout effort mérite une récompense, pécuniaire, en nature ou symbolique), peut-on arrondir dès 85 ou 90 centimes ? Et dans ce cas 85 centimes ont-il la même valeur qu’1€70, c’est-à-dire le double ? Je prends des cas un peu extrêmes mais dans les faits on voit des oreilles avec des valeurs très variables qui donnent quelquefois le sentiment de deux poids deux mesures mais ce n’est pas parce qu’on a une idée précise de la valeur d’un euro qu’on ne va pas être confronté à une réalité qui s’impose au-delà de nos représentations.

            Admettons qu’au premier toro de la corrida un torero soit arrivé à une valeur cumulée de 85 centimes : malgré la pétition apparemment majoritaire du public, le président exigeant refuse le trophée de manière antiréglementaire mais se réfugie derrière l’idée d’une épée quelque peu défectueuse. Au deuxième toro, un matador classique qui respecte les canons sans ostentations ni fioritures obtient une note virtuelle de 1€10 (ou 11/20 pour les tenants du système vigésimal) selon le président qui lui accorde l’appendice malgré des mouchoirs en petit nombre (on imagine la bronca). Au troisième toro, le plus jeune du cartel fait une prestation remarquée valant mettons 1€80 et la pétition est unanime ; les deux oreilles tombent même s’il manque un petit quelque chose.

            Dans la deuxième partie de cette course hors du commun, le matador le plus ancien, piqué au vif, réalise un effort malgré un animal assez quelconque et obtient à nouveau un 85 sur cent. Malgré une pétition plus minoritaire qu’au premier, peut-on imaginer l’attribution d’un trophée compensatoire pour l’ensemble de l’après-midi ? J’observe qu’à Madrid c’est parfois le cas, les exigences étant supérieures au premier qu’au second. A chacun de voir : 1 est-il la valeur idéale ou minimale ? La question est là car si c’est le premier cas et que le président est quelqu’un d’exigeant il peut peut-être, en se justifiant sur l’ensemble de la course, faire un effort de générosité. Je poursuis ; au cinquième, le matador réalise une prestation intéressante, sans être transcendante (à 0,90) qui passe totalement inaperçue pour la plus grande partie du public et le président préfère ne pas attribuer de trophée considérant les circonstances et la récompense attribuée précédemment. Pour le dernier, j’imagine deux scénarios : le torero réalise une prestation comparable à la faena du quatrième avec une demande de la part du public assez comparable, c’est-à-dire maigre et le président, pour ne pas verser dans le triomphalisme refuse l’octroi du trophée eu égard encore à la prestation d’ensemble, suffisamment bien rémunérée. Pour la deuxième option, le torero manque complètement de torería est utilise le descabello depuis de burladero : dans un  cas comme celui-là, la sortie a hombros ne devrait-elle pas pouvoir être refusée malgré les deux oreilles coupées ? Bien-sûr, nul règlement n’évoque cela.

            Certains verrons dans cette réflexion un certain laxisme mais force est de constater que les discours et les faits ne se rejoignent pas toujours. Exigence n’est pas intransigeance.

 

 

 


Mar 14 2020

Don Temple

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Urdiales est un artiste dans le sens le plus noble du terme. Il n’y a pas chez lui la recherche d’une beauté artificielle, points de poses et de pointes, de postures à distance ou à toro passé mais du lourd, de la maîtrise, du naturel et du courage pour réaliser, face à des animaux souvent difficiles un toreo de réduction : réduire l’adversaire à sa volonté pour lui permettre de montrer toute l’étendu de sa bravoure, le montrer pour le mettre en valeur et par là-même la dimension incommensurable de son toreo fait de réduction de la vitesse. Avec Puerta nous avions Diego Valor et là nous sommes en présence de Diego Temple, car c’est bien le don premier de Monsieur Urdiales. Ce n’est pas un hasard si Curro Romero himself le suit un peu partout, comme une résurgence de lui-même. Des déplacements réduits à l’essentiel même s’il pratique le toreo de mouvement et le macheteo avec un art – je sais que cela semble un oxymore pour certains – et un classicisme un brin surannés incluant ce temple d’une extrême rareté en font un maître, un torero de torero, un idéal à atteindre plus qu’un modèle à suivre. Heureusement pour les figuras, la qualité et la quantité sont souvent incompatibles. Son toreo est possible avec divers encastes mais pas avec tous les toros. A la véronique c’est un aussi un géant et même face à des pupilles d’encaste Albaserrada il donne de cette suerte une interprétation magnifiée ; il est donc en ce sens meilleur que Curro et Morante réunis.

Diego Urdiales est né à Arnedo, dans la Rioja, le 31 mai 1975. Le 21 mars 1992 il débute avec picadors dans son village où il obtiendra le prestigieux Zapato de Oro en 98.

Il prend l’alternative le 15 août 1999 à Dax des mains du maestro Paco Ojeda et avec un lot de Diego Puerta. Quoique considéré depuis toujours comme un torero de classe, celui que l’on doit désormais appeler Don Diego a été confiné longtemps à des corridas de village et quelques prestations dans des arènes de saison sans grand succès jusqu’au jour où tel un ouragan il a tout balayé sur son passage démontrant qu’il était à lui seul, comme disait Rafael de Paula, une classe de torero.

C’est le 8 juillet 2001 qu’il avait confirmé ce doctorat des mains de Frascuelo et face à des toros de Guardiola. En 2005, c’est aussi d’un guardiola qu’il obtient une oreille chez lui à Logroño, pourtant la campagne suivante se résumera à un unique festival. En 2007, il obtient la grâce à la maison de Molinito de Victorino Martín en coupant une queue symbolique (plus deux oreilles de plus à des toros de Victorino et Cebada). La campagne suivante est bien plus prolifique avec des ponctuations à Saint-Sébastien et Bilbao, où on aperçoit la dimension qu’il va acquérir, mais surtout à Madrid devant un victorino pour la feria d’Automne.

Le 2 mai 2009, il renouvelle ce succès dans la capitale espagnole puis en fait de même à Bilbao (là avec un autre victorino), qui seront dès lors ses deux arènes de prédilection; il donne aussi un aperçu de son art à Saint-Sébastien avant d’essoriller un Torrestrella à Logroño et de donner une vuelta dans la capitale des Espagnes. La capitale économique du Pays-Basque le verra encore toucher du poil en 2010, 2012 et 2013 (Victorino à chaque fois), année où il réalise à Vic-Fezensac une faena mémorable mais c’est à Dax trois ans plus tôt qu’il était « rentré » en France en sortant a hombros des arènes qui l’avaient vu devenir matador avant d’obtenir aussi un trophée lors de la feria du riz. En 2014, Urdiales triomphe à Mont de Marsan et à Dax puis à Logroño avant de couper une grosse oreille à Madrid à un toro d’Adolfo et une autre à Saragosse.

C’est la saison suivante qu’il obtient son premier succès d’envergure lors de l’Aste Nagusia face à des toros d’Alcurrucén. Il avait aussi coupé un appendice auriculaire à Dax et aussi à Saragosse après avoir triomphé à nouveau chez lui par deux fois. Nouveau triomphe à Bilbao en 2016, encore avec les núñez d’Alcurrucén. Après une temporada 2017 très discrète, c’est celle d’après qu’il casse la baraque, renaissant tel le sphinx : Grandes Portes à Bilbao et Madrid avec un toreo stratosphérique en 6 corridas seulement, se consacrant définitivement après 20 ans de métier, le temps de la maîtrise en toutes choses il est vrai. Si quantitativement 2019 a été une bonne moisson elle n’aura pas donné lieu à de réels chef-d’œuvres, quelques esquisses tout au plus.


Feb 28 2020

Au pays des toros (38)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

On limite souvent l’activité taurine au Pays Basque aux capitales provinciales que sont Bilbao, Saint-Sébastien et Vitoria mais on a vu qu’il existait des arènes à Trucios (Au pays des toros 31) et Orduña, patrie du regretté Iván Fandiño, en Biscaye, en plus de celles, plus célèbres, d’Azpeitia (9), dans la province de Guipuzcoa où nous restons aujourd’hui, d’abord à Cestona ou Zestoa où on va s’arrêter brièvement.

Comme dans beaucoup d’autres endroits de la péninsule ibérique, la place du village, plaza de los Fueros, se transforme pour les fêtes annuelles, début septembre, et ce depuis 1670, en arènes dont la capacité se situe autour des 2000 places.

Peut-être verrons-nous prochainement, après la fin des travaux prévue en 2020, le retour des toros dans les magnifiques arènes de Tolosa. Espérons-le.

 


Feb 10 2020

5 ans après, toujours Charlie

Publié par Giraldillo dans Humeur      

On a le droit d’être en désaccord mais la violence contre les personnes n’a aucune circonstance atténuante.

Vive la liberté !

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Jan 15 2020

Les fondamentaux du toreo

Publié par Giraldillo dans Toreo      

Aguantar, mandar et templar puis ligar et enfin cargar ?

            On aurait pu écrire les fondamentaux de la lidia mais il est sous-entendu que pour qu’il y ait toreo il faut maîtriser la lidia et on ne saurait confondre faire passer un toro et le toréer.

            Chacun de ces fondamentaux est à définir et à préciser :

En début de lidia

Fixer le toro, le conduire au centre et l’arrêter (parar : dans le premier canon classique issu du toreo belmontien c’est bien le toro qui doit être arrêté pour réaliser le toreo moderne qui fait passer l’animal)

Conduire le toro au cheval et le placer

– Eviter les coups de cape inutiles et tout faire avec parcimonie et sans brusqueries

En début de faena

– Tenir l’estaquillador dans sa partie centrale et la muleta plane, de face

– Donner à chaque animal ce qui lui convient : soumission ou soulagement mais en ouvrant  le chemin, en le faisant répéter et sans accrocher la muleta (donner le bon rythme voire lui imposer le tempo le plus lent possible)

– Trouver la distance et le placement idoine : en se croisant ce qu’il faut en fonction de l’animal, pas toujours sur la corne contraire, parfois seulement au fil de la corne, jamais en dehors (fuera de cacho)

– Supporter immobile la charge de l’animal (aguantar) et réduire les déplacements au maximum (juste pour retrouver le sitio)

– Respecter les 3 temps en aimantant la charge bien en avant (citar et enganchar) puis, au milieu de la passe, en pesant sur la charge avec la jambe d’appui (mandar ou cargar la suerte selon les définitions) avant d’allonger la passe au maximum pour marquer la sortie (rematar)

En milieu de faena

– Montrer l’animal sur les deux cornes

– Toréer en le soumettant par le bas même si le toréer avec temple à mi-hauteur a aussi sa valeur

– Eviter les recortes inutiles qui cassent l’animal mais le rompre en toréant pour l’obliger à faire ce qui lui coûte, charger en rond autour de la jambe d’appui, vers l’intérieur en terminant derrière la hanche

Fin de faena et mise à mort

– Choisir un final de faena qui convient au toro, si possible dans des naturelles de face ou dans des aidées à mi-hauteur ou par le bas selon les cas

– Placer le toro dans la suerte contraire ou naturelle selon ses caractéristiques

            Même si on imagine toujours la faena idéale, un toreo en mouvement, sur les pieds, imparfait, légèrement accroché, les passes incomplètes, d’une en une, avec un animal « encasté », accrocheur, ne possédant qu’une demi charge, ayant tendance à se serrer et au port de tête altier peut avoir un mérite énorme et donner de grands moments d’émotion quand on ressent que l’homme a extrait toutes les possibilités de l’animal. Il n’y a pas une seule manière de toréer ni une seule manière de triompher. A chaque animal sa lidia.

            Précisons aussi que le toreo rêvé que nous appelons tous de nos vœux est presque un mirage et que réaliser une passe en point d’interrogation, avec un double déplacement n’est possible qu’avec une composante suffisante de noblesse, c’est-à-dire avec un animal à la charge suffisamment franche, qui baisse la tête et surtout lorsqu’il est progressivement dominé mais qu’il a encore la force suffisante pour supporter ces contorsions contre-nature ; cargar la suerte dans l’acception idéale que nous lui donnons n’est possible qu’en fin de faena ou éventuellement, dans le meilleur des cas, dans la première passe d’une série lorsque l’animal vient de loin mais est antinomique avec le concept de liaison.


Dec 22 2019

Bonnes fêtes

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Marina Heredia, La Gran Faena : « el toreo empezaría en el ruedo de asserrín de aquella carpintería. […] el torerillo divino ensayaba su faena […] La Virgen tenía sin darse cuenta en su mano un nevado pañuelo de presidenta. […]  Mejor que no supiera que su Hijo moriría en un ruedo de madera. Moriría par darnos una barrera de sol. […] No en vano, entre tinieblas, mató a volapié de luz, a la muerte aquel torero. » (pur blasphème païen-taurin dans cette métaphore déguisée de christianisme).

On parle parfois à propos de notre Passion de religion immanente, refermée sur le cercle de l’arène où nos grands-prêtres, comme ceux de Mithra, célèbrent le rite du sacrifice du toro, mais où, sous-jacentes, sont également présentes des forces invisibles : les duendes, personnages telluriques sortis du monde souterrain, l’Ange venu du ciel et tout notre Panthéon de martyrs, à commencer par le mythe Gallito dont on commémorera le 16 mai prochain le centenaire de la mort en attendant toujours sa résurrection sous la forme d’un nouvel enfant prodige.


Dec 1 2019

El Cid matatoros

Publié par Giraldillo dans Non classé, Portraits      

Manuel Jesús Cid, alias “EL CID” s’en va : rétrospective d’une carrière.

          Ce Paco Camino du XXIe siècle s’est incontestablement fait un nom durant ses vingt ans d’alternative à partir d’une capacité remarquable et surtout d’un poignet gauche exceptionnel. Torero de Madrid, il y a perdu un certain nombre de triomphes à l’épée mais maintenant qu’on a un regard sur l’ensemble de sa carrière on peut dire qu’il a manqué d’ambition ou de personnalité au moment où il aurait pu devenir un torero d’époque. Son toreo de qualité ne s’est jamais départi d’une certaine froideur et c’est ce qui a empêché Séville de se livrer pleinement à lui malgré son concept classique et sévillan, ses 4 Portes du Prince et ses 23 oreilles.

         Il est né à Salteras, près de la capitale andalouse, le 10 mars 1974. Le 2 mai 1999 il coupe un trophée pour sa présentation comme novillero dans les arènes de la Maestranza, cinq après ses débuts avec picadors.

         L’année suivante, il prend l’alternative à Madrid des mains de David Luguillano et en présence de Finito de Córdoba le 23 avril 2000 avec le toro Gracioso de José Vázquez, avant de recevoir un grave coup de corne dans ces mêmes arènes qui deviendront les siennes, bien plus que celles de sa ville natale.

         Spécialiste des corridas dures durant ses premières années de matador, il acquiert la catégorie de figura en 2005 en sortant par deux fois en triomphe des arènes de Séville, le 27 mars, Dimanche de Résurrection puis le 7 avril, cette fois avec des toros de Victorino Martín, avant d’en fairede même à Madrid le 3 juin avec le même fer.

         En 2006, il ouvre à nouveau la Grande Porte de Las Ventas le 22 mai puis obtient sa troisième Porte du Prince le 23 septembre pour son encerrona qui se solde par un bilan de 4 trophées (deux d’un victorino).

         Il est dans la meilleure partie de sa carrière et les triomphes s’enchaînent l’année suivante : triomphe sévillan le 19 avril, à nouveau avec les toros du A couronné, puis trois autres oreilles à Pampelune et quatre à Bilbao (deux du cinquième) pour son encerrona avec les toros du « Cateto », qui lui doivent tant. La saison se clôt avec un nouvel appendice pour la feria de San Miguel.

El Cid lors de sa geste basque : libération de la tension après

l’intensité de la solitude épique

La saison 2008 débute bien avec une oreille de plus à la Maestranza à Pâques puis se poursuite avec une grande faena à Madrid avec un toro de El Pilar même si c’est d’un victorino qu’il obtient une oreille.

         Le déclin du Cid commence en 2009 et même s’il se maintiendra dans les ferias pendant 10 ans il ne sera plus que l’ombre de lui-même. Il reçoit cette année là un coup de corne à la cuisse à Pampelune puis une autre à Navalvarnero au mois de septembre.

         L’année 2010 fait renaître l’espoir, à Madrid et à Pampelune et la saison suivante est meilleure faisant penser à un torero retrouvé : il coupe une oreille à Séville à la fois pour la feria d’Avril puis pour celle de San Miguel et aussi à Madrid et à Bilbao.

         Il faut attendre le 4 octobre 2013 pour le voir réaliser une grande faena à Madrid mais son talent d’Achille aux aciers, qui avait retardé son ascension dans les premières années de sa carrière, l’empêche de triompher. En 2014 il coupe une oreille d’un victorino à Bilbao, des toros qu’il torée de moins en moins puis échoue dans un 6 contre 1 madrilène en 2015 face à des toros de ce fer.

         Les dernières années sont encore un cran en-dessous sauf la toute dernière où le torero fait honneur à son nom surtout dans la deuxième partie de la temporada : oreille à Séville pour sa despedida, vuelta à Madrid et double trophée à Saragosse.


Nov 1 2019

La bonne conscience

Publié par Giraldillo dans Humeur      

             Protéger nos enfants ? Les protéger de nous-mêmes, de ce que nous sommes, de ce que nous aimons et souhaitons leur transmettre ? Avec le projet de loi visant à interdire l’entrée aux corridas de mineurs de moins de 16 ans la liberté se meurt encore un peu plus au bénéfice d’une prétendue protection.

            Il faut suivre une norme; la morale républicaine frappe à nouveau : après son côté laïcard voilà que c’est son côté paternaliste qui ressort.

            L’interdiction du voile à l’école est une chose mais pour les lieux publics il s’agit d’une restriction claire des libertés. Pourquoi ne pas interdire l’uniforme ecclésiastique, la kippa, les rastas, les turbans, les vêtements blancs des santeros cubains, les processions de semaine sainte, les tenues de communiants….

            Récemment, j’entendais à la radio qu’il y a actuellement un problème de recrudescence de violences sexuelles chez les mineurs. L’interdiction de la pornographie aux moins de 18 ans est-elle respectée ? Qui peut le croire ? Il y a là un problème réel. Hiérarchisons les priorités.

            Les mangas ne sont-ils pas violents ? Interdisons-les. Et ne parlons pas des jeux-vidéo !

            Accompagner papi à la chasse ? Interdit ! Regarder à la télé un lion manger une gazelle ? Interdit ! Tuer le cochon ou l’agneau en famille ? Interdit !

            Laisser un enfant SEUL devant une tablette voilà qui est violent. Ne pas l’écouter et donc ne pas répondre à ses interrogations (de plus en plus larges avec internet et l’avalanche de sujets déversés sans filtres), c’est ça qui peut perdre un enfant. L’éducation c’est un cadre et un accompagnement qui font de plus en plus défaut.

            Et que dire des vieux qu’on cache aux enfants dans certains mouroirs : violence par omission. On les empêche même parfois, là aussi pour les protéger, de leur dire un dernier adieu pour leur enterrement. On cache la mort au lieu de la mettre en scène pour mieux l’exorciser comme il a été fait, de différentes manières, dans toutes les civilisations pendant des siècles et des siècles. Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’Halloween est autre chose qu’une fête commerciale !

***

            Il y a quelques années de cela, j’avais retenu d’une conférence sur le thème de l’enfance et la tauromachie, que la violence symbolique est une nécessité dans la construction des individus et des civilisations. Pour résumer, le public de rugby est un public apaisé car il ressort d’un spectacle sportif où est mis en scène un combat comportant une violence régulée. A mettre en perspective avec le comportement d’une bonne partie du public de football censé être un sport de gentlemen. Il en va de même de celui du public de corridas, pacifique et stoïque en comparaison de celui des anti-taurins avec leur déferlement de haine à notre encontre quand ils nous honorent de ce qu’ils veulent être des haies de déshonneur sur le chemin des arènes. Une société sans violence est une pure utopie. Si on veut bannir toute violence orchestrée, celle-ci ressortira de manière absolument chaotique. Bref, il vaut mieux un bouc émissaire au sens propre avec sa valeur expiatoire et « exutorielle » que des boucs émissaires qui ont été cherchés de tout temps parmi des populations minoritaires accusées d’être responsables de tous les maux comme en témoignent un grand nombre de pogroms spontanés, en France notamment. Ce psychiatre spécialiste de l’enfance ajoutait qu’à son humble avis, à partir de dix ans un enfant pouvait tout à fait comprendre ce spectacle et commencer à appréhender son sens si tant est qu’on le lui explique, mais justement : le mineur n’est jamais seul aux corridas, il est toujours accompagné et nul n’y est traîné de force. Il s’adresse à un public avisé.

            Les anti-taurins ont hélas d’ores et déjà gagné le combat qu’il nous livre alors que nous n’aspirons qu’à vivre en paix et à assouvir notre passion, non pas notre soif de violence, comme ils disent. Car cette vision des choses prévaut clairement aujourd’hui : nous nous délectons de la souffrance animale, cela paraît évident à beaucoup. Ce texte n’est qu’un billet d’humeur et non une défense ordonnée de la Corrida mais il y a des choses à rappeler à nos détracteurs : la mort du taureau de combat ou toro (pour simplifier), bien que violente, est plus digne que la mort rapide dans un abattoir car, si on peut manger la viande du toro, on est là dans un rite sacrificiel certes mais surtout dans la célébration de la vie humaine qui recrée des mythes anciens en représentant d’une manière esthétisée la victoire de l’Homme sur la mort. Là où certains y voient un spectacle morbide et sanguinaire nous y voyons l’exaltation de la vie et la mise en valeur des qualités combattives du toro qui permettent parfois sa grâce ou le souvenir de son combat, nombreux étant les noms de toros dont on se souvient.

            Pour parodier Sartre, qu’on a vu parfois aux arènes d’ailleurs, mais qui parlait là de littérature, après tout, cela n’est pas si important, l’Homme peut fort bien se passer d’aller aux corridas… mais la nature peut tout aussi bien se passer de l’Homme. Il est clair pour quiconque a déterré un arbre pour le transplanter que cela représente un grand stress comme on dit maintenant à propos de tout et de n’importe quoi : il souffre. Voilà le combat du futur, s’occuper de la souffrance végétale. Pourquoi pas, après avoir stoppé, comme le propose L214, l’exploitation des animaux et leur consommation, arrêter de consommer des légumes et passer à l’alimentation du futur, des sachets de nourriture synthétique lyophilisée et remplie d’arômes.

            Au-delà de l’ironie, il y a une réalité objective à laquelle on accorde l’importance qu’on considère opportune. Même si on ne peut être contre que les procédures d’abattage soient respectées, il y a des exceptions à prendre en compte par rapport à l’idée d’une mort donnée gentiment (un oxymore dans tous les cas) ou « proprement » : l’abattage rituel, casher ou hallal, celui des poulets élevés à la maison, des homards ébouillantés, des poissons pris dans les filets… Même la pêche à la ligne n’entre pas dans le respect des droits des animaux autoproclamés.

            Et les droits humains, lorsqu’il y a conflit, ne sont-ils pas au-dessus de ceux-ci ? Les anti-spécistes répondent évidemment que non mais dans la déclaration universelle des droits de l’homme, article 27, il est indiqué : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté ». Nous n’obligeons personne à aller aux Corridas mais nous, peuple du taureau, des zones landaise ou camarguaise, parfois héritiers de l’immigration espagnole, voulons continuer à pouvoir transmettre notre culture et ses valeurs, notamment celles de courage et de don de soi si contraires aux temps présents. Ceux qui ne sont pas de cette culture disent qu’elle n’en est pas. Pour eux sans doute, mais tant que nous continuerons à remplir les arènes de France, plus de 50, elle perdurera. C’est à nous d’en décider. La Corrida est un fait social, pas un sujet de salons. Nous ne faisons de mal à personne, surtout pas à nos enfants. S’il-vous-plaît, ne nous attaquez pas dans ce que nous sommes, c’est d’une rare violence. Nous sommes des êtres sensibles quoiqu’en pensent ceux qui nous dépeignent comme des barbares. Goya ou Picasso, entre autres, nous ont transmis un message sur ce qu’est la tauromachie, permettez que de futurs artistes boivent aux mêmes sources et trouvent leur future inspiration ailleurs que dans la morale « bambinesque » qui est à la vie réelle ce que le château de Disneyland est à l’histoire. Permettez que nos enfants puissent continuer à s’inscrire dans une lignée, c’est-à-dire que le lien, historique, culturel et social mais aussi générationnel ne soit pas rompu.


Oct 12 2019

Temporada 2019 (2e partie)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Dans la première partie de la saison nous avions rencontré un Roca Rey imparable mais un problème de cervicales l’a arrêté pour le reste de la temporada.

  1. Au bout du compte, le triomphateur de cette année aura incontestablement été Paco Ureña avec 5 oreilles à Madrid (la dernière en Automne), 4 à Bilbao et 1 à Saragosse en plus de triomphes à Santander, Almería, Valence et Logroño. Il reçoit par contre un coup de corne à Palencia, prix de son engagement total.
  2. Le deuxième nom de la saison est Antonio Ferrera qui sort une deuxième fois a hombros des arènes de Madrid après son encerrona réussie du mois d’octobre. Le reste de ses prestations ne sont pourtant pas du même acabit quoiqu’il soit toujours professionnel.
  3. Emilio de Justo n’aura pas connu sa grande saison comme on pouvait l’espérer mais il ne lâche rien (comme disent les sportifs) avec un solo réussi à Dax, rien de moins que face aux victorinos, un trophée à Bilbao et quelques triomphes clairs, à Albacete notamment.
  4. Les noms qui ont aussi résonné dans la partie la plus chargée de la saison auront été ceux de toreros en progrès comme Cayetano ou Luis David Adame (dont le frère a interrompu la saison). Le premier est le triomphateur absolu des Sanfermines mais il triomphe aussi à Huesca, Malaga ou Logroño et le deuxième aurait été celui de Bilbao (3 oreilles) sans un certain Ureña ; il a aussi donné une bonne dimension à Pampelune mais il montre surtout une évolution certaine qu’il devra encore accentuer sur la durée pour atteindre le sommet.
  5. On ne va rien dire de nouveau sur Enrique Ponce qui est revenu après sa blessure de début de saison comme si le temps et les contre-temps n’avaient aucune prise sur lui. Les autres figuras ne peuvent pas en dire autant.
  6. Parmi les révélations de la saison, Pablo Aguado a connu quelques moments brillants (Ronda, San Sebastián de los Reyes, Palencia, Huelva, Logroño) mais on a peu vu David de Miranda.
  7. Pour ce qui est des toreros dont le nom a peu fait parler, le triomphateur de la saison dernière, Diego Urdiales, a pourtant parfois balayé les pistes de sa muleta magique (oreille à Dax et Saint-Sébastien) mais sans succès retentissants. Après sa Porte du Prince, El Juli aurait peu de chance dans les tirages au sort (mdr) même s’il parvient à toucher du poil à Pampelune et Bilbao. Perera garde un grand pouvoir de domination mais il n’enflamme pas vraiment les gradins. Manzanares a ressurgi sporadiquement, surtout à Bilbao, comme savent le faire les grands même dans les moments de crise. Morante, qu’on n’attendait plus, a coupé une oreille à Saragosse. Le dernier membre d’un G5 bien lointain, Talavante, a semble-t-il voyagé.
  8. Chez les français, Juan Leal confirme à Bilbao, mais aussi à Saint-Sébastien, ses bonnes dispositions madrilènes. Au-delà des concepts, son courage est évident et ses progrès aussi mais il est loin d’être un prophète chez lui malgré ses engagements dans des corridas loin d’être faciles, comme dans son nouveau triomphe biterrois. Castella marque un peu le pas cette année même s’il se retrouve un peu en cours de saison (ses plus gros succès auront pour scène Dax et Bayonne). Juan Bautista (nouvel empresario, au sens espagnol, de Mont de Marsan) en revanche aura plus fait parler de lui en une seule corrida que le précédent sur toute une saison. Dorian Canton est devenu matador après son alternative frustrée à Bayonne. Les autres ont peu toréé sans avoir démérité mais être digne ne suffit plus dans ce métier. Les Joubert, Dufau, Younès, Clemente, Adoureño et maintenant Salenc (double trophée à Bayonne) ou Garcia vont devoir jouer des coudes pour se faire une place.
  9. Un départ d’envergure, celui de El Cid qui réalise une bonne fin de saison en se rappelant qui il a été, en particulier à Bilbao et à Séville avant d’obtenir un double trophée à Saragosse pour sa dernière corrida espagnole.
  10. Parmi les spécialistes des corridas dures, Escribano s’accroche après son « tabac » de San Isidro mais il a incontestablement du mal à retrouver le sitio, perdu totalement en revanche chez des toreros comme Chacón ou Moral (malgré son succès arlésien). López Chaves et Robleño font dans ce contexte figure de valeurs sûres mais aucun torero n’arrive au statut d’Emilio de Justo, même de loin, si ce n’est Daniel Luque, qui coupe une queue à Bayonne et qui est l’incontestable triomphateur de la saison française (Vic dans la première partie puis Dax ou Nîmes dans la deuxième, pour les grandes arènes). Il faut tout de même compter sur Rubén Pinar qui a montré sa dimension à Villeneuve et surtout chez lui à Albacete dans son 6 pour 1. Un tragique accident, celui de Javier Cortés, qu’on a beaucoup vu en France cette année et qui pourrait perdre le troisième matador en une décennie à perdre un œil. Mais le meilleur espoir pour cette catégorie est porté par un torero qui n’est encore que novillero mais qui prouve déjà qu’il a tout d’un Torero en majuscule comme dans sa prestation cérétane. : Maxime Solera.
  11. On parle depuis un certain temps de relève mais cette année la génération qui devait prendre le relais ne s’est pas hissée au sommet comme on l’attendait. Marín a fait une saison correcte mais sans plus, Lorenzo n’a pas vraiment profité des opportunités. Il n’y a que Román, à base de responsabilité et d’exposition, qui progresse. Celui qui avait frappé fort il y a 4 saisons de cela, López Simón, n’est plus que l’ombre de lui-même, même s’il triomphe à Mont de Marsan. Colombo a montré en fin de saison qu’il faut compter avec lui et Caballero paye une fois de plus par le sang sa disposition.
  12. Pour les nouveaux venus, Isiegas coupe une oreille pour son alternative dans la capitale aragonaise et Ángel Jiménez passionne la Séville flamenca. Chez les novilleros, des surprises prometteuses comme le Mexicain San Román, triomphateur à Pampelune, Tomás Rufo, qui est sorti par la Grande Porte de Las Ventas en Automne (4 oreilles sur la saison) et des toreros comme Rafael González (2 oreilles à Séville et 1 à Madrid), Francisco Montero (Arnedo, Villaseca ou Peralta après Boujan) ou Fernando Plaza dont on attend beaucoup mais qui n’a encore rien prouvé. Pour les français, El Rafi, Olsina, Lamothe et désormais Solalito montrent que la relève est bien là.

Côté bétail, des confirmations chez Pedraza, malgré la décadence annoncée et des surprises comme avec La Palmosilla mais pour le piquant rien de tel que Cebada ou Saltillo. En novilladas, Baltasar Ibán, Los Maños et Pincha ont montré le plus de bravoure. On a vu beaucoup d’élevages portugais cette année et ceux qui se sont fait remarquer sont Condessa de Sobral et Murteira Grave en plus de Palha.


Aug 1 2019

Rivalités IX

Publié par Giraldillo dans Histoire      

Gallito vs Belmonte ou l’Âge d’Or du toreo

La première rencontre entre les deux matadors eut lieu dans les arènes barcelonaises de Las Arenas le 15 mars 1914 face à des animaux de Moreno Santamaría (et un sobrero de Concha y Sierra) et avec Cocherito en guise de Célestine; à noter que Joselito coupa une oreille. Ce premier agarrón, comme disent les Mexicains, fut complété jusqu’en 1920 par 257 autres dont 43 furent en mano a mano. La tragédie de Talavera mit fin à ce binôme on ne peut plus complémentaire qui n’aura donc pas été la rivalité la plus longue de l’histoire du toreo mais assurément la plus intense et la plus cruciale pour l’évolution de l’art taurin.

Les deux hommes avaient l’un pour l’autre un grand respect et la rivalité n’en était une que parce qu’ils avaient compris que le contact direct pourrait être bénéfique pour la carrière de l’un et l’autre et bien-sûr parce que au-delà d’accords de carrières il s’agissait de deux monstres, deux colosses. Le destin a toutefois renversé celui des deux qui semblait invincible et laissé dans la plus grande solitude celui qui paraissait avoir des pieds d’argile.

Belmonte était pathétique et irréel alors que Joselito était cérébral et apparemment facile. L’un était la tragédie incarnée, l’autre le héros triomphant. Lutte de l’impossible et du possible, de l’intuition et de la raison. Le deuxième l’emporta le plus souvent, comme les Romains l’emportèrent sur les Grecs, mais le savant Gitan vit dans son ami payo la voie, la lumière par où sa perfection pouvait se transcender. Belmonte apprit de Joselito, cela ne fait aucun doute mais José Goméz Ortega s’est belmontisé en se croisant, s’immobilisant et en templant d’abord. Et c’est là que le génie galliste a fonctionné en dépassant cette proposition pour quelquefois enchaîner les passes su même côté (ce que ne faisait pas Belmonte) et établir ainsi un début de ligazón qui sera la base du toreo moderne. José ne fréquentait pas autant les intellectuels que Juan mais il pensait le toreo et surtout il avait les moyens de mettre en pratique ses concepts. Juan se transcendait, qui plus est au contact de José mais compensait ses limitations par une personnalité et une esthétique jusqu’alors inconnues.

***

Le 2 mai 1914 eut lieu le premier affrontement madrilène. Là encore Joselito coupe une oreille (cela n’arrivait une fois toutes les 10 corridas pour un torero de cette trempe et encore…) mais Juan lui donne la réplique même s’il tue mal. Les toros étaient de Contreras et le compagnon de cartel Rafael, le grand-frère.

Le 21 avril c’est le sable ocre de la Maestranza sévillane qui est le témoin du premier face à face (sur un total de 19) des deux futurs colosses dans leur ville natale. Rodolfo Gaona les accompagne face à des toros de Miura et cette fois c’est Juan Belmonte qui l’emporte en sortant par la Porte du Prince. Lors de cette même feria Gallito coupera une oreille à Almendrito de Santa Coloma devant les yeux de son rival.

La rivalité se poursuit aussi à distance : quatre jours plus tard Belmonte triomphe face à un toro de Murube alors que Gallito tue en solitaire une corrida de Vicente Martínez le 3 juillet.

Le 15 août, à Saint-Sébastien dans une corrida de 8 toros 8 de Murube et Santa Coloma, c’est Gaona qui touche du poil (El Gallo ouvrait l’affiche).

Joselito termine la saison avec 75 courses à son actif (mais une trentaine perdues pour blessure) contre 72 à Juan.

Les plus beaux passages de cette rivalité torera auront toutefois lieu la saison suivante.

Après un premier mano a mano à Malaga, les 17 et 18 avril 1915 ils en offrent deux autres consécutifs à l’afición à Séville avec des toros de Santa Coloma et Gamero Cívico; Ils en feront de même les 8 et 10 du mois suivant à Madrid.   

Le 1er août, à Santander, encore accompagnés de Rafael, Joselito coupe les deux oreilles de son premier Saltillo contre une à Juan.

En 1916, Gallito est imparable. Il torée 105 corridas contre 43 pour Belmonte. La suivante en revanche mettra les deux matadors pratiquement à égalité : 103/97.

Le 21 juin 1917 Belmonte triomphe pleinement à Madrid pour la corrida du Montepío devant Gaona et Gallito retournant complètement la tarde au dernier, Barbero, de Concha y Sierra.

En 1918 on sait que Juan Belmonte ne toréa pas en Espagne, laissant seul son rival qui coupa la première queue concédée dans la capitale espagnole.

Il faut attendre le 7 juillet 1919 pour que les deux phénomènes toréent ensemble à Pampelune : une fois de plus cette rencontre tourne à l’avantage de Joselito qui obtient un trophée.

Le 28 avril 1920 Joselito coupe sa dernière oreille à Séville dans un mano a mano avec Juan et devant des toros de Gamero Cívico.

Le 3 mai il en fait de même à Bilbao face à des toros de Tamarón. Ils toréent ensemble deux jours plus tard à Madrid et dix plus avant à Valence avant le tout dernier épisode de la capitale le 15 mai, accompagnés de Sánchez Mejías, où Joselito est conspué comme máxima figura qu’il est.