Jan 13 2022

Jaime OSTOS

Publié par Giraldillo dans Portraits      

 

La décennie 60 aura été marquée par un grand nombre de bons toreros parmi lesquels figure en bonne place « El Corazón de León«  qui vient de nous quitter à l’orée de ses 90 printemps.

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Jaime Ostos Carmona est né à Écija (Sevilla) le 8 avril 1933 et son décès est survenu le 8 janvier 2022.

C’est dans sa petite ville qu’il toréa sa première novillada non piquée, le 1er juin 1952 avant de se présenter en novillada formelle au printemps suivant à Osuna puis à Séville le 5 juillet en coupant trois trophées. Ce n’est que deux ans plus tard, le 23 juin 1955 qu’il le fit à Madrid avant de prendre l’alternative à Saragosse des mains de El Litri et en présence d’Antonio Ordóñez, le 13  octobre de l’année suivante. Il la confirma le 17 mai 1958 avec Antonio Bienvenida comme parrain qui lui cèda Famosito de Juan Cobaleda auquel il coupa une oreille, en présence de Gregorio Sánchez. Cette année là il reçut deux coups de corne puis un autre très grave à Pampelune en 1960. L’année précédente avait été l’une des plus triomphales de sa carrière. Le 16 mai 1961 il réalise à Madrid une grande faena puis un toro lui inflige une blessure en août. En 1962 il est à la fois le triomphateur de la feria d’Avril et de San Isidro où il obtient deux francs succès, les 16 et 23 mai mais reçoit un coup de corne à Saragosse en fin de saison, ce qui ne l’empêche de finir en tête de l’escalafón. En 1963 il est encorné pas moins de trois fois, la plus grave étant la blessure de Tarazona de Aragón, au point de recevoir l’extrême onction. Il coupa ensuite deux oreilles à Séville le 25 avril 1965, saison où il reçoit encore deux nouveaux coups de cornes. Il triomphera à nouveau dans la capitale andalouse le 23 avril 1968 et surtout le 23 mai où il essorille doublement son lot de Garrido. Son dernier succès sévillan aura lieu le 30 septembre 1972 avant son retrait de 1974. Il réapparaître cependant en 1977 puis lors des saisons 1979 et 1980 avant un dernier retour en 1985-86.

Jaime Ostos a été un torero d’un grand courage qui, chose rare, semblait croître à chaque blessure. Il fut un véritable exemple de pundonor mais n’était pas pour autant exempt de certaines qualités artistiques qui en font un torero très complet quoique relativement méconnu dans l’actualité. A Séville il est assurément considéré comme un torero de premier plan avec ses 26 oreilles obtenues et une sortie par la Porte du Prince.


Oct 12 2021

Temporada 2021

Publié par Giraldillo dans Non classé      

La saison n’aura vraiment commencé qu’au mois de juin mais au bout du compte un parfum de normalité se respire à nouveau. Malgré une concentration des spectacles sur trois mois et demi les chiffres atteignent presque ceux d’avant-crise, en France du moins où la jauge a disparu à la mi-septembre pour la feria du Riz. Cela a été possible grâce aux efforts de tous mais il est certain que quelques uns y auront laissé des plumes : difficile de rentrer dans ses frais avec les restrictions imposées, d’autant plus que beaucoup d’aficionados vieillissants, même vaccinés, ont préféré la sécurité d’un fauteuil douillet devant des corridas à huit euros le mois qu’un long déplacement et des gradins inconfortables pour un billet de 50 l’unité. Il est vrai que les cinémas ou les théâtres vivent la même chose.

Bref, cette saison atypique a un leader inattendu, le fantasque Morante qui s’est montré plus en verve que ces dix dernières années réunies et qu’on préfère muleta en main que dans des prises de position politiques qui sont loin de nous servir. Ses meilleures faenas ont eu lieu à Jerez, Linares, Alcalá de Henares et Mérida en plus de celle de Séville où il a montré sa facette passionnée, à corps perdu mais basée sur une technique éprouvée. En toute fin de saison il triomphe également à Jaén. Bien-sûr il lui arrive de retomber dans ses travers comme dans son solo du Puerto face aux toros de Prieto de la Cal mais si on pouvait craindre le pire face aux miuras, il s’en est sorti suffisamment  bien pour que ce geste figure en bonne place dans son CV. Ce qui est cependant remarquable cette saison ce sont ces oreilles isolées coupées en y croyant là où en d’autres temps rien ne se serait passé comme à Madrid face à un toro de Alcurrucén avec beaucoup de « transmission ».

Celui qui était attendu, Roca Rey, après une année blanche, est apparu moins fringant, parfois vulgaire mais toujours aussi courageux et capable mais irrégulier, gestionnaire parfois. : une saison de reprise sans doute et le constat qu’il lui reste malgré tout beaucoup à apprendre.

L’ancien numéro un, El Juli bien-sûr, est un puits de science mais s’il ne l’a jamais mise au service de l’art (pas vraiment de la lidia non plus, sauf à ses débuts) il l’utilise désormais pour réduire le danger au maximum tel Lagartijo ou Guerrita à la fin de leurs carrières. Il est toutefois une marque déposée et ses lumières brillent encore pour certains voire pour lui-même quand il arrive à se motiver et se rappelle qui il a été. Même à ces moments là, ce n’est pas une insulte de dire qu’il n’enthousiasme pas un amoureux du toreo.

C’est tout le contraire pour le véritable triomphateur de la saison, j’ai nommé Emilio De Justo, qui s’est définitivement hissé au plus haut par un toreo de pureté et de vérité face à du bétail de différents encastes et dans des arènes de diverses sensibilités. En France c’est à nouveau à Dax qu’il est le plus convaincant avant de conquérir l’amphithéâtre arlésien. Il a aussi triomphé pleinement à Almería, Cuenca, Santander ou Salamanque.

Le meilleur représentant du classicisme, Diego Urdiales, s’est lui finalement pleinement imposé à Séville après Bilbao ou Madrid les années précédentes. Ceux qui peuvent en dire autant ne sont pas très nombreux.

Daniel Luque n’a pas encore complètement explosé mais cela ne saurait tarder tant il est devenu régulier et engagé. Il maintient son cartel en France grâce à ses deux triomphes dacquois et un à Bayonne et obtient des succès importants au Puerto ou à Gijón (pour la dernière feria sans doute avant un changement de municipalité) avant de couper une oreille de poids à Madrid.

Un autre torero continue à avancer pour lequel on pouvait craindre qu’il ne s’agisse que d’un feu de paille (même pour ceux qui le suivons depuis sa confirmation, il y a 5 ans) : c’est Juan Ortega, capable d’une pureté cristalline qui ne ressemble qu’à elle-même. Il est enfin reconnu dans son coin du sud : Jerez , El Puerto et Séville.

L’autre torero andalou, par les origines et les manières, qui est en verve, Pablo Aguado, plus naturel mais aussi plus léger, a connu pour l’instant un destin bien différent, choyé chez lui d’où il a été projeté, il a dû être opéré du genou et n’a pas pu montrer tout l’étendue d’un talent qui a besoin de mûrir mais celui-ci a éclaté sporadiquement de-ci de-là, comme à Arles, El Puerto ou Ronda.

Manzanares a quant à lui progressé à la cape et il s’est montré plus engagé que de coutume, au moins dans les arènes importantes, comme en témoignent les trois oreilles obtenues à Séville en autant de corridas. En France aussi il a récolté quelques triomphes, comme à Béziers ou Nîmes, montrant qu’il voulait se maintenir en première ligne malgré la poussée de la concurrence.

Parmi les jeunes, le plus en vu reste Marín qui sort par la Grande Porte madrilène le 12 octobre en essorillant un toro de Alcurrucén.

D’autres ont connu une saison plus anodine ou moins fracassante que ces derniers temps. Ferrera avait misé gros mais ne réussit complètement son pari qu’à Mont de Marsan même s’il signe une excellent faena à Nîmes bien qu’il obtienne un trophée d’un sobrero de Pallarés offert en septième position après une corrida décevante d’Adolfo Martín. Pour ce qui est de Ureña, il touche du poil à Séville avant de s’abandonner une nouvelle fois à Madrid mais avec moins de succès. Perera n’est plus une nouveauté mais il reste le torero dominateur que l’on connaît quoique devant des toros qui demandent peu à l’être. Dommage.

La révélation de l’année s’appelle Tomás Rufo lui qui a donné un bel aperçu de la dimension qu’il peut atteindre dès son alternative à Valladolid.

Parmi les autres grands, José Tomás reste aux abonnés absents et Ponce a pris un peu de repos après avoir pris sur ses épaules, tel Atlas, le poids de la temporada précédente. Talavante s’est rappelé à notre bon souvenir pour une occasion unique, en Arles (empochant sans doute le plus gros chèque de la saison, à guichet fermé).

Parmi les spécialistes des fers âpres, Chaves se maintient, Del Pilar gagne des positions et Lamelas confirme sa disposition à Mont de Marsan et à Saint-Martin de Crau. Ecribano surtout, avec un franc succès à Séville, mais aussi Chacón, ont connu de meilleurs moments mais ils s’accrochent pour continuer à exister dans des corridas qui usent même les cuirs les mieux tannés. Il y aussi Cortés, le jeune Castaño, Damián de son prénom, Pinar et surtout Serrano qui poursuit son ascension à base de volonté.

Chez les Français, El Rafi a pris une alternative heureuse avant de s’imposer à Nîmes puis Solera est devenu également matador en pays arlésien avec un franc succès.

D’autres donnent des coups de heurtoir pour ne pas être oubliés : Leal bien-sûr, deux fois Consul avant de triompher pleinement à Bayonne, mais aussi Younès et Salenc sans oublier Dufau.

Chez les novilleros, Solalito a fait une saison régulière alors que Montero a globalement  déçu mais c’est Parejo qui a fait une entrée remarquée dans l’escalafón inférieur comme Lamothe mais aussi Tristan.

En Espagne, des Mexicains ont brillé comme Aguilar ou Fonseca, ce dernier triomphateur à Villaseca et dans le Nord auxquels il faut opposer la jeune génération ibérique comme le protégé de Padilla, Manuel Perera, vainqueur ex-aequo du circuit du Nord (une réussite de la FTL sur laquelle il faudra revenir), irréprochable de  responsabilité et présent aux moments clés (deux fois une oreille à Séville) malgré qu’il ait été durement châtié en début saison et les gagnants des autres circuits régionaux : Martínez en Andalousie ou Diosleguarde en Castille et Léon mais aussi à Madrid.

Côté bétail, Pedraza a encore de beaux restes malgré sa recherche d’une meilleure noblesse, La Quinta a sorti la corrida de l’année à Dax et Miura a renoué avec ses origines à Sanlúcar. En novilladas, Cebada Gago a sorti une bonne novillada à Villaseca et Raso de Portillo à Vic. Citons aussi un fer ostracisé  par les figuras mais qui n’a rien perdu de son allant : Torrealta, notamment à Santander.


Juil 6 2021

Au pays des toros (41)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Jusqu’à présent, tous les articles de cette rubrique avait été consacrés à des arènes espagnoles pittoresques mais il en est une au Portugal qui mérite d’y figurer dans la mesure où elle se trouve à la frontière et y pratique la corrida à pied avec mise à mort et ce de manière légale, à titre dérogatoire, depuis 2002 : il s’agit de Barrancos, dans l’Alentejo, près d’Olivenza.

Non loin de là se trouve un village au charme fou et aux arènes sises dans la cour de son château comme cela se fait aussi beaucoup de l’autre côté de la frontière, en Estrémadure : Monsaraz

Voir aussi les articles 36 ou 2 dans la même rubrique.


Juil 2 2021

Premier bilan

Publié par Giraldillo dans Temporada      

Les choses reprennent progressivement leur cours, en demi-jauge le plus souvent mais la situation s’améliore clairement. On revient progressivement vers la normalité. Pour résumer ce début de saison :

Roca Rey a repris son rang à Madrid (Vistalegre et Aranjuez) et Luque a poursuivi son ascension dans les mêmes lieux.

Le meilleur toreo a été incontestablement à la charge de De Justo en corridas et de Rufo en novilladas (à Vistalegre comme à Mugron), un torero comme il y en sort peu, une pépite qu’il faut suivre. Mention spéciale dans la même catégorie à Manuel Perera dont le courage ne sait pas altéré malgré malgré l’horreur qu’il a vécu à Madrid et à laquelle on a assisté atterrés en mai.

On attend les triomphes de Ferrera dans une saison à quitte ou double où il a pris des engagements difficiles, en torero, même dans sa gestion de carrière. Espérons que ses choix soient payants.

En France, El Rafi a pris une alternative avec succès avant d’ouvrir la Porte des Consuls et Juan Leal a confirmé être le torero français le mieux en vue.

Les artistes sont intermittents, ce qui est un double pléonasme : Morante est le leader inattendu de l’escalafón (la nouvelle génération le motive et il défend mieux le toreo avec la cape que dans ses prises de position politiques), Ortega accuse peut-être la pression (on va finir par le surnommer Pinchauvas), Urdiales triomphe à Burgos après un début de saison difficile et Aguado  est bien revenu de blessure en triomphant à Grenade.

Ponce annonce par surprise un retrait indéfini et les figuras depuis 20 ans sont toujours là, un ton en-dessus, un ton en-dessous : El Juli, Manzanares ou Perera mais aussi Finito qui a reverdi ses lauriers comme disent les Espagnols, sauf à l’épée.

Cayetano nous rappelle à Alicante qu’il n’est pas qu’un « médiatique » lui qui est le triomphateur des Sanfermines 2019, ne l’oublions pas.

Ureña sera-t-il capable de maintenir le niveau ? Il est plus facile de monter au sommet que de s’y maintenir. Dans ses arènes de Las Ventas, en septembre, il jouera son va-tout.

López Simón a quant à lui été plutôt discret comme Román, Garrido ou Fortes (qui a à nouveau des problèmes physiques).

Chez les jeunes Marín est là mais n’éclate pas encore complètement, tout comme Lorenzo mais un cran en-dessous et on attend une vraie opportunité pour Miranda qui possède assurément une vraie personnalité. Les sud-américains Colombo, Luis David ou Galdós méritent aussi de pouvoir montrer leur évolution.

Du côté des absents, on attend un signe de Talavante et bien-sûr de José Tomás.

Dans l’escalafón quasi parallèle des corridas dures, Escribano a montré à Madrid  qu’il avait retrouvé son meilleur niveau et que Serrano est à prendre en compte. Rafaelillo lui aussi est toujours là et on n’a plus qu’à attendre de voir ce que vont donner les toreros du goût de l’afición française comme López Chaves, Del Pilar ou Pacheco sans parler de Lamelas ou Robleño et du novillero Montero lorsque leur tour viendra. Pinar ne devrait pas être oublié de ce côté-ci des Pyrénées lui qui a triomphé à Burgos des victorinos et obtenu une oreille d’un miura à Castellón.

Côté bétails une déception pour Pedraza en Arles après celle de Dax en septembre mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.


Juin 30 2021

Début de saison espagnole

Publié par Giraldillo dans Temporada      

ÉTÉ

Pour le dernier week-end du mois de juin on se serait presque cru dans une saison normale avec une corrida à Madrid (la première de la saison), quatre dans des capitales de province plus deux novilladas piquées, sans parler du rejoneo. Si la temporada semble prendre un rythme de croisière, le plus souvent en demi jauge, il a fallu deux mois et demi où les atermoiement ont succédé à des hésitations qui restent de mise tant il est vrai qu’on navigue à vue. Les affiches sont annoncées à moins de deux semaines de l’événement et pour le mois de juillet seules sont certaines à cette heure en Espagne les courses de Lodosa [bonne corrida de Pincha] et Tudela (sérieux doutes par rapport à la crise sanitaire), Olivenza, Manzanares, Arévalo et Soria, Santander (3 corridas), Algésiras et Jerez mais en août le programme s’étoffe avec MURCIE qui renoue avec la tauromachie à Molina de Segura et Calasparra après Moratalla ou LA RIOJA à Alfaro. Une dizaine de petites villes de LA MANCHE accueilleront des corridas mais Cuenca organise une feria complète. L’ancien double royaume de CASTILLE et LEÓN qui en plus de son circuit de novilladas accueillera des toros à Vitigudino, Cantalejo, Briviesca ou Illescas mais surtout de vrais ferias à Roa de Duero et la très touriste Cuéllar. En ESTRÉMADURE une affiche est à nouveau proposée pour le 15 à Almendralejo en plus de Pedro Muñoz, Herrera del Duque ou Fuente de León. Pour les ferias (purement taurines), il y aura Huelva, El Puerto, Malaga, Almería ou Linares au sud (en plus d’une bonne douzaines de spectacles isolés dans toute la géographie andalouse) et Gijón au nord respectivement. Inca a été la scène du retour de la tauromachie aux BALÉARES et Catalayud le sera pour l’ARAGON. Le bastion du Toro qu’est la madrilène Cenicientos  donnera sa traditionnelle feria mariale composée de deux corridas et une novillada. Rien cependant dans des arènes importantes comme Valence, Bilbao et Saint-Sébastien sans parler de la galicienne Pontevedra.

En France on n’est pas si loin d’une saison normale (voir l’onglet SAISON 2021), reste maintenant à savoir si l’affluence sera bonne surtout pour les ferias déplacées à des périodes atypiques.

PRINTEMPS

Comme l’an dernier, l’Andalousie a été la première à annoncer des cartels en ce début d’année : Ubrique, Jaén (victorinos), Morón et Sanlúcar (deux corridas chacune) mais aussi Constantina, Niebla, Utrera ou Cazorla et surtout Cordoue qui a célébré  deux corridas et une novillada. SEVILLE dont l’empresa avait prévu 8 corridas et une novillada au printemps mais avec une capacité autorisée de 40% celles-ci n’auront finalement lieu qu’en septembre, à partir du 18. Trois corridas ont été programmées à Grenade dont les dates ont été déplacées de deux semaines. Las Navas de San Juan sera quant à elle le théâtre de deux novilladas piquées en août (deux autres étaient prévues en juin). Dans cette catégorie, en plus des courses du Circuit de la Fondation du Toro de Lidia a également eu lieu un spectacle à Montoro.

Il y a eu aussi un certain nombre de courses dans des villages des deux Castilles (avec un cartel de figuras à Brihuega) mais c’est Tolède qui ouvre la première ses portes avant Valladolid parmi les arènes importantes, avant les ferias de León, Burgos, Zamora mais aussi Ségovie ou Cuéllar fin juin. La Vieille Castille bat donc la nouvelle même si l’une des meilleures ferias de novilladas est déjà programmée à Villaseca entre le 5 et le 12 septembre : défi polychrome et fers de La Quinta, Cebada, Ibán, Jandilla et Monteviejo pour les 6 spectacles programmés.

En Estrémadure où on a déjà pu voir une apothéose de De Justo à Almendralejo et aussi une corrida à Mérida, la première dans des arènes de deuxième catégorie et en attendant Badajoz fin juin qui devrait être, on l’espère, le début du plein régime. Avec Yecla (Murcie) la tauromachie gagne du terrain mais le nord se fait attendre, sauf à Tudela mais pas de Sanfermines cette année, même en version réduite. La région de Valence retrouvera des bous fin juin, après un an et demi, avec les ferias de Castellón et d’Alicante.

MADRID, il n’y a pas de San Isidro à Las Ventas malgré le festival du 2 mai mais à Vistalegre avec 9 courses à pied et une novillada (Matilla devance ici Casas sur le terrain de l’audace) en attendant une feria d’Automne XXL. Dans cette région également des corridas sont prévues à Leganés et Aranjuez en plus du circuit de novilladas. Finalement Las Ventas va rouvrir ses portes le 26 juin en corrida formelle avec le fer du A couronné avant un mano a mano très attendu entre Ferrera et De Justo le 4 juillet.

La Tournée de Reconstruction version 2021 a commencé quant à elle fin avril à Zafra et le circuit de promotion des novilladas devrait compter trente cinq dates sur six circuits différents dont cinq spectacles au nord et quatre sur la zone méditerranéenne. De plus, un accord a été trouvé avec le syndicat des toreros pour réduire les coûts d’organisation.


Sep 12 2020

Au pays des toros (40)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Dans le centre historique de Saint-Sébastien, la Parte Vieja, se trouve la Place de la Constitution, située à l’endroit de l’ancienne Plaza Nueva qui avait été inaugurée en 1723 par une corrida. La place actuelle, où se trouvait l’ancienne mairie, de style néo-classique, date de 1817, reconstruite après l’incendie provoqué par les troupes anglo-portugaises dans le cadre  de la guerre d’Indépendance contre l’occupant français. Elle fut rebaptisée sous son appellation actuelle pendant les trois années de la période libérale du général Riego, entre 1820 et 1823, en honneur de la Constitution de Cadix de 1813 qui fut également proclamée dans la belle ville balnéaire de la côte basque. Aujourd’hui encore, on peut voir les numéros des loges de corrida sur ses balcons.

Plaza de la Constitución

Elle fut en concurrence avec les arènes en bois de San Martín dès 1851 (6 000 spectateurs), remplacées en 1876 par celles d’Atocha (10 000 spectateurs). Les arènes qui ont duré le plus longtemps sont celles de El Chofre, à l’est de la baie de La Concha, près d’une plage aujourd’hui prisée des surfeurs. L’affiche de l’inauguration du 9 août 1903 porte les noms de Mazzantini, Bombita, Montes (en substitution de Reverte) et Lagartijo Chico avec neuf toros de Ibarra. Sa capacité était de 14 000 places et elle fonctionna jusqu’en 1973.

Plaza de toros de El Chofre

Les actuelles arènes, situées sur les hauteurs d’Illumbe, sont aussi modernes qu’impersonnelles avec leur toit ouvrant donnant l’impression d’être dans une piscine quand il est refermé. Elle furent inaugurées le 11 août 1998 par Manzanares, Ponce et Rivera Ordóñez avec des toros de Torrestrella et comptent 11 000 sièges.


Août 15 2020

Emilio De Justo

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Il est né à Caceres le 16 février 1983. Ses débuts en public se sont déroulés à Valdecín dans sa province natale le 18 juillet 1998 et il a revêtu son premir habit de lumières dans sa ville le 16 avril 2000 avant d’y débuter avec picadors le 22 avril 2002 en sortant a hombros.

C’est cinq ans plus tard, le 26 mai 2007, qu’il reçut l’alternative, après avoir foulé le sable de la plupart des grandes arènes, des mains de Talavante et en présence de Cayetano, essorillant un toro de Vegahermosa.

La confirmation eut lieu l’année suivante, le 29 juin 2008 dans une affiche partagée avec Aníbal Ruiz et Sergio Martínez qui comatirent du bétail de Juan Luis Fraile puis coupe une oreille venteña la saison d’après.

Malgré les succès prometteurs qu’il a obtenu, les 5 années qui suivent sont misérables en contrats, la crise n’expliquant qu’en partie cet état de fait.  En 2010 et 2011 il reste en Colombie puis revient en Espagne sans parvenir à rentrer dans le circuit. Il se fit cependant remarquer à Hervas en 2015 en coupant les deux oreilles d’un toro de Victorino Martín.

L’année suivante, sous l’égide de Luisito, avec lequel il sera lié professionnellement quatre années durant, il « rentre » en France à Vic où il triomphe dans une corrida de Palha puis à Mont de Marsan (deux fois une oreille des toros gris d’Adolfo puis de Victorino) et surtout à Dax avec du bétail de ce dernier fer qui sans faire de cadeaux lui permettra de gravir peu à peu les échelons.

En 2018 il est déjà considéré comme le torero révélation avec toujours des triomphes en France, notamment à Mont de Marsan et à Dax mais aussi en Espagne où on commence à le regarder d’un tout autre œil, en particulier à Pampelune où il obtient un trophée d’un toro de José Escolar. A la fin de la saison, le jour de la mort de son père, il fit preuve d’un dépassement de soi remarquable, autant d’un point de vue de la force mentale que d’un stoïcisme impressionnant face à la douleur après une blessure sérieuse avant de triompher une nouvelle fois dans la capitale des Landes. Cet esprit de sacrifice eut sa récompense la semaine suivante avec une sortie par la Grande Porte madrilène dans une corrida de Puerto de San Lorenzo.

En septembre 2019 il triomphe pleinement à Dax dans un solo face à 6 victorinos après avoir obtenu un trophée à Bilbao et s’être remis d’un problème à la clavicule. A la fin de la saison, le « producteur » Simon Casas devient son nouvel apoderado.

Le 4 juillet 2021 il coupe trois oreilles à son lot de Victoriano del Río, dont deux de Duende et obtient sa deuxième Grande Porte madrilène. Le 23 septembre il complète une saison magnifique en coupant deux oreilles à un toro de Victorino Martín après une excellente faena qui le fait « rentrer » à Séville. Le 2 octobre suivant il obtient aussi un double trophée d’un toro de Garcigrande et sort par la Grande Port madrilène pour la troisième fois.

De Justo est un torero à l’ancienne qui torée avec vérité du bétail de respect. Il est incontestablement devenu le meilleur spécialiste actuel de l’encaste Albaserrada. Il est surprenant qu’un torero de cette qualité et de cette capacité soit passé si longtemps inaperçu. Il est dans la ligne du Cid, de Fandiño, de Ferrera, d’Urdiales ou d’Ureña : justice a finalement été faite alors que rien ne leur avait été facilité.  C’est un torero classique qui torée avec une grande classe et temple mais sans concessions pour la galerie. Il ne sera peut-être jamais une figura tout public mais les entendidos comme ses collègues le jugent à sa juste valeur. Comme dit un autre Emilio avant sa révélation définitive : « Attention à ce torero ! »


Août 3 2020

Dieu que c’est beau

Publié par Giraldillo dans Humeur      

Presque onze mois après ma dernière corrida (le solo d’Emilio de Justo à Dax), j’ai retrouvé le chemin de arènes sur une scène et avec du bétail bien différent,  à Huelva, plus d’un millier de kilomètres plus au sud. Et Dieu que c’est beau ! Mes sentiments taurins se sont ravivés mais mon propos n’a jamais été dans ce blog d’écrire des chroniques et de suivre l’actualité au jour le jour mais au contraire d’avoir une vision d’ensemble sur la Corrida, pas une corrida en particulier qui ne peut par définition n’être qu’un fragment du tout.

Beau, quoi donc ? Le sang versé, les meuglements de souffrance, l’acharnement vicieux des piques et des banderilles, l’agonie de la pauvre victime, le sourire satisfait du bourreau, le public sadique qui en veut plus, bref un spectacle barbare et macabre ? Quelle misère de la pensée ! Et c’est cela l’évolution ? Le stade le plus avancé de la civilisation ?

Voilà à quoi se résume pour certains la Corrida (ceux qui considèrent que la mort d’un torero c’est bien fait parce qu’ils ne sont pas capables de faire la différence entre un élevage de poulets et un camp d’extermination). Moi j’y vois et j’y recherche tout autre chose. On y voit du sang certes mais souvent peu en vérité avec des piques très dosées, nul mugissement, des toros qui ont envie d’en découdre, point de victimes, des combattants nés, élevés pour leur caractère mais menacés par une dégénérescence puis une disparition pure et simple de l’espèce par ceux qui prétendent les défendre contre les humains insensible que nous sommes. J’y vois la beauté d’une sculpture vivante (et je suis loin d’être le seul, dois-je énumérer les artistes incommensurables qui y ont trouvé leur inspiration ?), non pas des poses prises devant un toro mais l’imposition d’un tracé grâce au courage et à la maîtrise de soi comme en la confiance en sa capacité à dominer la sauvagerie assassine à l’aide d’un simple morceau d’étoffe conduit au plus près des cornes ; accrochées bien en avant, les pieds ancrés au son et conduites en cercle autour du corps en imposant une harmonie et un tempo, la volonté réfléchie s’imposant à l’instinct brut d’un animal parfois dix fois plus lourd que l’homme. Cet ensemble, ce groupe sculptural toro-torero où l’artiste, tel le danseur, est un élément de son œuvre et où le toro, tel la pierre du sculpteur, est un matériau à modeler, constitue à n’en pas douter une œuvre d’art bien que parfois l’on n’assiste dans ce processus créatif qu’à des tentatives infructueuses (le matériau est parfois friable ou récalcitrant) ou à des ébauches. Mais ce n’est pas tout : qui sait capter un instant de cette sculpture en mouvement pour la faire passer définitivement de la rétine à la mémoire sait que le dessin offert par le contournement du corps du torero (ce que dans le jargon on appelle l’acoplamiento, soit l’  « accouplement » à la charge) doit être complété par la « musique silencieuse » pour reprendre les mots du poète républicain José Bergamín, c’est-à-dire le rythme de la passe, donnée comme une caresse en réduisant le tempo (le temple en terme taurin). Mais ce n’est pas tout : ces passes doivent, pour atteindre au chef-d’œuvre, être cousues les unes aux autres en séries et les séries doivent répondre à une structure d’ensemble comme pour le plan d’une cathédrale. Si l’œuvre est complète et si elle est le fruit d’un travail progressif d’apaisement d’une charge vive cherchant à accrocher le leurre qui lui échappe, alors c’est un mythe qui se rejoue devant nos yeux, celui de l’évolution de l’humanité depuis les combats préhistoriques en corps à corps face à un animal dont il fallait s’imprégner des valeurs (la force, la puissance) par besoin vital autant que dans un rite animiste (les peintures pariétales en sont le témoin) jusqu’à la victoire de l’intelligence et l’intégrité d’un spectacle codifié au siècle des Lumières où tout a son origine comme sa raison d’être, des piques jusqu’au « meurtre » du toro, ce que nous appelons l’estocade. Et tout cela sans traîtrise, en respectant une éthique : il serait plus simple de supprimer la barre d’arrêt de la pique si l’objectif était de « massacrer » l’animal (des blessures dont il guérit aujourd’hui presque toujours lorsqu’il est gracié) et il serait de même plus facile au torero de planter une épée dans le flanc ou depuis la barrière que de le faire en se lançant face aux cornes.

Quant au sadisme supposé des aficionados, pourquoi le public proteste-t-il quand le torero n’arrive pas à donner la mort au toro rapidement ? Dans la célébration de la vie humaine que représente le toreo il y a un ordre aux choses : le toro doit mourir en combattant après avoir eu une vie bien plus longue et enviable que ses congénères et le torero idéalement doit triompher de la mort, pas en la fuyant mais en l’affrontant face à face. C’est là certainement un anachronisme. Ces notions d’honneur et de don de soi semblent aujourd’hui bien dépassées. Comme écrivait Corneille dans le Cid en reprenant Sénèque (un autre Cordouan, Manolete bien-sûr, mourra d’ailleurs avec le même détachement que ce dernier) : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Nous vivons dans nos société industrialisées post-modernes dans des milieux devenus tellement aseptisés, policés, convenus et par là même insipides qu’on s’étonne non pas tant de la violence de la tauromachie, qui existe assurément, nous ne saurions la nier (j’y reviendrai à l’occasion mais elle sert aussi d’exutoire et le bouc-émissaire a eu dans de nombreuses civilisations un rôle apaisant qui a évité des maux bien pires sinon comment expliquer la violence de certains antis à l’égard d’autres êtres humains fussent-ils barbares à leurs yeux) mais de la violence de sa vérité. Oui, ici rien n’est joué même si les mauvais toreros surjouent comme le font les mauvais acteurs. Le torero vit son rôle, c’est pourquoi tout ce qu’on dit sur l’habit de lumière est une réalité : il héroïse l’homme qui le porte, l’obligeant à se transcender pour dépasser sa condition de mortel, sauf naturellement à jouer de malchance et à nous ramener de plein fouet à cette, à notre triste condition.

C’est aussi pour cela que la tauromachie est pour nous une parenthèse enchantée mais pas un spectacle plaisant fait pour passer un bon moment, pas une histoire bien morale et bien-pensante ou simplement gentillette qui raconterait une monde aussi parfait qu’irréel. Elle est une part essentielle de notre culture (pas celle de ceux qui ne l’admettent pas, la nôtre et celle de nos aïeux) multiséculaire, celle du peuple du toro. C’est finalement un spectacle qui raconte notre Histoire et chaque torero l’exprime, tel un poète face aux grands sentiments humains, à sa manière.

Hier, Perera l’a exprimé à la sienne : techniquement supérieur, impeccable, profond mais dans un style moderniste qui n’est pas du meilleur goût, la jambe en retrait mais une élasticité pour allonger la passe et une suavité pour conduire la charge exceptionnelles. Début (passe changée dans le dos) et grande partie de la faena à genoux pour pimenter la faena mais une épée légèrement tombée qui le prive de la queue puis tour de piste émouvant avec ses enfants comme pour revendiquer le droit à leurs transmettre nos valeurs au-delà des nouveaux moralismes. Pour le reste, je passerai sous silence la mono-pique et les poses du Bellâtre pour me concentrer sur le geste de plus de torería de la soirée : une larga à genoux improvisée d’Aguado après avoir trébuché et être à la merci des cornes (il recevra aussi un coup de tête pendant la faena) et cet arôme vintage de lignes courbes, la jambe en avant qui aurait pu lui permettre d’obtenir un trophée avec une meilleure épée. A noter aussi deux paires supérieures de Javier Ambel et deux poses entre les cornes de Curro Javier. A la cape, le meilleur furent les gaoneras une media de Perera et les chicuelinas du Sévillan qui torée à la véronique avec plus de rythme que de composition ce qui présage une évolution prometteuse pour ce qui n’est encore qu’un torero en devenir (dont on attend peut-être trop dans le sens où il ne sera probablement jamais un torero d’une grande régularité; en tout cas au descabello il fait déjà concurrence à Morante).


Août 1 2020

Au pays des toros (39)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Il existe dans la province de Malaga une ville qui fut jadis un petit village dont il reste encore quelques rues mais qui partagé entre la localité d’origine sur son promontoire et la zone balnéaire a aujourd’hui plus de 80 000 habitants, un tiers venant de l’étranger bien que nul ne les qualifierait de migrants vu le prix du mètre carré. Il s’agit de Mijas où le toro fut longtemps un emblème avec ses encierros dans le village à côté de l’âne-taxi.

Sur les hauteurs de la partie historique se trouvent ses charmantes arènes inaugurées en 1900 puis ré-inaugurées en 1977 après leur restauration. L’arène elle même a une forme presque rectangulaire et sa capacité tourne autour des 500 personnes. Il fut un temps où il s’agissait d’une plaza de temporada avec des affiches tous les dimanches mais aujourd’hui il n’y a le plus souvent que des novilladas sans picadors tronquées pour touristes à des tarifs prohibitifs qui ont toutes les chances de dégoûter à tout jamais le public cosmopolite de la tauromachie. C’est là où l’on regrette le laisser-aller actuel de la part des autirités et on se prend à regretter le temps où l’on dépendait du Ministère de l’Intérieur. Elle a été la propriété du torero Antonio José Galán jusqu’à sa mort en 2001.

La Costa del Sol, outre La Malagueta, possède cinq autres plazas (seulement deux sont à ce jour actives) : Estepona (blanches également mais plus récentes: inaugurées en 1971 par Dominguín, Miguelín et Paquirri avec une corrida au moins en juillet), Marbella (sur le point de rouvrir après cinq ans de travaux qui fut inaugurée en 1964 par Pedrés, Camino et El Cordobés puis ré-inaugurées en 1997), Fuengirola (capacité inférieure de moitié aux précédentes, ouvertes en 62 et qui célèbrent une corrida début août),Benalmádena dans un état lamentable et, pour finir cet itinéraire d’ouest en est, celles de Torremolinos (nouvelles arènes comparables en taille aux deux précédentes inaugurées en 2003 par Conde, Morante et Vega mais qui ces dernières années a subi l’anti-taurinisme de ses dirigeants municipaux).

« El huevo » de Estepona


Juil 27 2020

Petite saison vaut mieux que rien

Publié par Giraldillo dans Temporada      

Il a fallu attendre fin juillet pour le véritable début de la saison (en dehors de Valdemorillo et Olivenza) avec le geste torero de Beaucaire : être prudent et respecter des règles oui, ne plus vivre non.

Un grand novillo de Dolores Aguirre (malgré une sortie en faux à la troisième rencontre) a rencontré un novillero à l’ancienne, de l’école de Paquiro, au propre comme au figuré, qui perdit au moins un trophée après en avoir obtenu un d’un novillo de Conde de la Corte.

Jusque là, la temporada française avait consisté en une novillada non piquée à Magescq avant l’interruption puis à quelques fiestas véritablement camperas dans quelques ganaderías et un festival à Brocas. Pour l’instant, les seuls spectacles majeurs programmés en août sont ceux de Béziers et des Saintes Maries, en attendant les ferias de septembre : Arles et Nîmes (celle de Saint-Martin étant finalement reportée) sans compter la journée organisée à Istres en octobre. Les arènes du sud-ouest, plus petites sont désavantagées mais tout de même on est surpris de ne rien du tout à avoir à se mettre sous la dent tout l’été durant. Heureusement, Dax, premières arènes du Pays d’Adour organise une grande journée taurine au début de l’Automne.

En Espagne, Valdemorillo (avec un triomphe important de Luque) et Olivenza ont été les seules ferias du début d’année. Celles d’Avila ont été les premières arènes de seconde catégorie a ouvrir leurs portes (sortie a hombros de López Simón et corrida correcte d’Adolfo Martín) mais celle de première n’ont rien annoncé, question d’assurances sans doute.

Ce sont des arènes andalouses qui auront été la scène de la plupart des courses espagnoles : Osuna puis Huelva avec deux corridas, puis Estepona, El Puerto, Sanlúcar (corrida de Miura), Priego, Santiesteban et Las Navas, Andújar, Fuengirola, Linares puis en septembre Villanueva del Arzobispo (victorinos), Baza et finalement en octobre Grenade, Cordoue et Jaén mais aussi Niebla et Constantina sans oublier le cycle de novilladas télévisé par Canal Sur (sans public sur les deux dernières novilladas) et les 4 novilladas piquées du Circuit des Novilladas d’Andalousie organisé conjointement par la région et la Fondation du Toro de Lidia (Aracena, Sanlúcar, Antequera et Úbeda). Il n’y aura donc que la province d’Almería qui n’aura connu aucun spectacle taurin cette année.

En plus de ces 18 corridas, la Fondation du Toro de Lidia annonce fin septembre l’organisation de 9 corridas supplémentaires en Andalousie (Cabra, Úbeda, Montoro, Antequera et Estepona) d’ici à la fin de la saison et quatre autres entre Barcarrota (Badajoz) et Logroño (il y aurait dû en avoir deux autres mais la crise sanitaire en aura eu finalement raison) en plus de 3 novilladas qui se dérouleront finalement à Herera del Duque.

Pas grand-chose ailleurs en dehors de l’Estrémadure (Mérida, Herrera et finalement Badajoz où Ferrera a réalisé la geste de la saison), Castilla-La Mancha, comme à Añover, Manzanares, Consuegra, Almoguera et Tolède plus une novillada à Tobarra, et Castille-et-Léon (El Espinar et Astorga, en plus d’Avila, déjà citée et de novilladas à Guijelo et Medina del Campo). Dans la très taurine Communauté de Madrid, les quelques spectacles annoncés ont finalement été annulés par les autorités régionales pour cause de recrudescence de la pandémie.

Dans la plupart des villes évoquées, un dénominateur commun : Enrique Ponce qui prend en charge ce qui reste de saison avec 16 courses à son actif. Pour Roca Rey, il semblerait qu’une année sabbatique ne soit pas un problème (une de plus pour Talavante ou José Tomás); il ne semble pas prêt à baisser son cachet même pour défendre la tauromachie comme un spectacle essentiel, celui de la victoire sur la Mort, celle qu’on ne veut plus voir mais qui a surgi avec force dans nos vies avec ce satané coronavirus.

Espérons que les corridas programmées en France et en Espagne au mois de septembre seront une réalité et que malgré l’annulation de certaines ferias les organisateurs feront leur métier pour au moins des spectacles isolés, quitte à inventer des formules moins coûteuses à produire avec de formules de quatre toros et un novillo par exemple. Il serait d’ailleurs bon que l’UVTF régule les fiestas dites camperas aux formats très différents les unes des autres, comme elle vient de le faire concernant l’organisation des spectacle pour la saison prochaine avec une part modulable sur les émoluements des toreros en fonction des entrées dans lres arènes importantes et une baisse de 25 % dans les plus petites.

Au milieu de ce champ de désolation, c’est bien leur droit, les toreros se sont battus pour que justice soit faite et le Ministre de la Culture espagnol, M. Rodríguez Uribes, après moultes tergiversations, a fini par reconnaître certaines « lacunes » pour faire référence à l’absence de subsides perçus par le secteur taurin. Il aura fallu attendre le mois de novembre pour que 775 euros soient versés à des professionnels qui ont cotisé autant que dans n’importe quelle autre profession.