Août 1 2019

Rivalités IX

Publié par Giraldillo dans Histoire      

Gallito vs Belmonte ou l’Âge d’Or du toreo

La première rencontre entre les deux matadors eut lieu dans les arènes barcelonaises de Las Arenas le 15 mars 1914 face à des animaux de Moreno Santamaría (et un sobrero de Concha y Sierra) et avec Cocherito en guise de Célestine; à noter que Joselito coupa une oreille. Ce premier agarrón, comme disent les Mexicains, fut complété jusqu’en 1920 par 257 autres dont 43 furent en mano a mano. La tragédie de Talavera mit fin à ce binôme on ne peut plus complémentaire qui n’aura donc pas été la rivalité la plus longue de l’histoire du toreo mais assurément la plus intense et la plus cruciale pour l’évolution de l’art taurin.

Les deux hommes avaient l’un pour l’autre un grand respect et la rivalité ‘en était une que parce qu’ils avaient compris que le contact direct pourrait être bénéfique pour la carrière de l’un et l’autre et bien-sûr parce que au-delà d’accords de carrières il s’agissait de deux monstres, deux colosses. Le destin a toutefois renversé celui des deux qui semblait invincible et laissé dans la plus grande solitude celui qui paraissait avoir de pieds d’argile.

Belmonte était pathétique et irréel alors que Joselito était cérébral et apparemment facile. L’un était la tragédie incarnée, l’autre le héros triomphant. Lutte de l’impossible et du possible, de l’intuition et de la raison. Le deuxième l’emporta le plus souvent comme les Romains l’emportèrent sur les Grecs mais le savant Gitan vit dans son ami payo la voie, la lumière par où sa perfection pouvait de transcender. Belmonte apprit de Joselito, cela ne fait aucun doute mais José Goméz Ortega s’est belmontisé en se croisant, s’immobilisant et en templant d’abord. Et c’est là que le génie galliste a fonctionné en dépassant cette proposition pour quelquefois enchaîner les passes su même côté (ce que ne faisait pas Belmonte) et établir ainsi un début de ligazón qui sera la base du toreo moderne. José ne fréquentait autant les intellectuels que Juan mais il pensait le toreo et surtout il avait les moyens de mettre en pratique ses concepts. Juan se transcendait, qui plus est au contact de José mais compensait ses limitations par une personnalité et une esthétique jusqu’alors inconnues.

***

Le 2 mai 1914 eut lieu le premier affrontement madrilène. Là encore Joselito coupe une oreille (cela n’arrivait une fois toutes les 10 corridas pour un torero de cette trempe et encore…) mais Juan lui donne la réplique même s’il tue mal. Les toros étaient de Contreras et le compagnon de cartel Rafael, le grand-frère.

Le 21 avril c’est le sable ocre de la Maestranza sévillane qui est le témoin du premier face à face (sur un total de 19) des deux futurs colosses dans leur ville natale. Rodolfo Gaona les accompagne face à des toros de Miura et cette fois c’est Juan Belmonte qui l’emporte en sortant par la Porte du Prince. Lors de cette même feria Gallito coupera une oreille à Almendrito de Santa Coloma devant les yeux de son rival.

La rivalité se poursuit aussi à distance : quatre jours plus tard Belmonte triomphe face à un toro de Murube alors que Gallito tue en solitaire une corrida de Vicente Martínez le 3 juillet.

Le 15 août, à Saint-Sébastien dans une corrida de 8 toros 8 de Murube et Santa Coloma, c’est Gaona qui touche du poil (El Gallo ouvrait l’affiche).

Joselito termine la saison avec 75 courses à son actif (mais une trentaine perdues pour blessure) contre 72 à Juan.

Les plus beaux passages de cette rivalité torera auront toutefois lieu la saison suivante.

Après un premier mano a mano à Malaga, les 17 et 18 avril 1915 ils en offrent deux autres consécutifs à l’afición à Séville avec des toros de Santa Coloma et Gamero Cívico; Ils en feront de même les 8 et 10 du mois suivant à Madrid.   

Le 1er août, à Santander, encore accompagnés de Rafael, Joselito coupe les deux oreilles de son premier Saltillo contre une à Juan.

En 1916, Gallito est imparable. Il torée 105 corridas contre 43 pour Belmonte. La suivante en revanche mettra les deux matadors pratiquement à égalité : 103/97.

Le 21 juin 1917 Belmonte triomphe pleinement à Madrid pour la corrida du Montepío devant Gaona et Gallito retournant complètement la tarde au dernier, Barbero, de Concha y Sierra.

En 1918 on sait que Juan Belmonte ne toréa pas en Espagne, laissant seul son rival qui coupa la première queue concédée dans la capitale espagnole.

Il faut attendre le 7 juillet 1919 pour que les deux phénomènes toréent ensemble à Pampelune : une fois de plus cette rencontre tourne à l’avantage de Joselito qui obtient un trophée.

Le 28 avril 1920 Joselito coupe sa dernière oreille à Séville dans un mano a mano avec Juan et devant des toros de Gamero Cívico.

Le 3 mai il en fait de même à Bilbao face à des toros de Tamarón. Ils toréent ensemble deux jours plus tard à Madrid et dix plus avant à Valence avant le tout dernier épisode de la capitale le 15 mai, accompagnés de Sánchez Mejías, où Joselito est conspué comme máxima figura qu’il est.


Juil 21 2019

Un élevage à l’honneur (103)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

L’élevage de La Palmosilla a été créé par José Javier Núñez Cervera en 1996 à partir de deux lignes de la branche Domecq, l’une pure Juan Pedro et l’autre Osborne via Núñez del Cuvillo. Son fils, Javier Núñez Álvarez, en est désormais le responsable.

Tinajón

 

Encaste : Domecq

Devise : bleu ciel et rouge

Ancienneté : 2013

 

Dans la finca éponyme sise dans la commune on ne peut plus australe, en terres ibériques, de Tarifa, province de Cadix, paissent une centaine de vaches de la branche Osborne. Le domaine principal, à proximité, a pour nom La China  où vivent les 150 vaches d’origine Juan Pedro (le double des 75 eralas de départ) et les mâles. Outre les femelles, l’élevage comprend actuellement 18 étalons et produit aux alentours d’une dizaine de lots à l’année.

En 2019 cette élevage a fait un début remarqué à Pampelune où Tinajón a reçu le prix Carriquiri, décerné au meilleur toro de la feria.


Juil 7 2019

Consécration de Paco Ureña

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Après plusieurs saisons où il le caressait du bout des doigts, Ureña obtient son grand triomphe, celui qui culmine une carrière (en attendant la suite) et qui en fait une figura indiscutable d’autant plus que son toreo, à l’instar de celui d’Urdiales, De Justo ou Aguado, vient remettre le classicisme au cœur du toreo et vient remplacer une génération certes coruscante mais non moins stéréotypée.

Le petit Francisco est né le 26 décembre 1982 à Lorca (Murcie).

Il torée sa première novillada chez lui puis se présente à Madrid le 22 juillet 2005 où il coupe une oreille à un novillo d’Espartaco.

De face

Il prend l’alternative le 17 septembre 2006 dans sa ville d’origine dans un cartel d’artistes avec Conde pour parrain et Morante comme témoin : 4 oreilles à des toros de Gavira.

En 2009, il a fait sa présentation comme matador en France en triomphant de toros de Pagès-Mailhan à Vergèze.

A la fin de la saison 2012, il totalise un total de 33 corridas en 6 saisons complètes (à peine cinq contrats par an donc). Sa carrière ne décolle pas jusqu’à sa Confirmation, le 25 août 2013 où il repart avec un bilan de vuelta et oreille, frôlant donc la Grande Porte.

En 2014, il s’impose en Arles et gracie un victorino à Cieza avant de recevoir, le 30 mai, à Madrid, 25 cm de corne dans la cuisse gauche, ce qui ne l’empêche pas de triompher à Santander avec les figuras puis à Bayonne mais aussi chez lui à Murcie ou encore à Logroño.

La temporada suivante, après des triomphes à Pampelune et Bilbao (deux fois une oreille à chaque course), il est l’auteur d’une grande faena pour la feria d’Automne 2015 où il perd un triomphe à l’épée face à un toro d’Adolfo Martín mais la prestation épique a impressionnée et ce qui manque aux statistiques nous reste derrière les rétines.

La jambe en avant en contrapostto, le toro autour pour vider la passe derrière la hanche, la difficile simplicité du toreo

 

En 2016, après une oreille à Valence, Ureña essorille un victorino dans la Maestranza le 13 avril, jour de l’indulto de Cobradiezmos. Il obtient ensuite un trophée en deux occasions lors de la feria de San Isidro.

En 2017, il coupe une oreille à Séville à un toro de Victorino Martín puis ponctue à Madrid pour la Corrida Goyesque du 2 mai avant de le faire à nouveau lors de la feria d’Automne puis de couper deux appendices à Saragosse. Entre temps, il obtient un autre trophée d’un victorino à Bilbao après un appendice d’un Puerto de San Lorenzo à Pampelune lors d’un grave coup de corne à El Pirri, son banderillero. A Bayonne, il coupe 3 oreilles aux toros d’El Juli et autant à Albacete. En début de saison il avait aussi touché du poil à Valence et lors de la San Isidro il convient de se souvenir qu’il avait réalisé une faena épique à un victorino mal conclue hélas à l’épée.

En 2018, absent de Séville, il coupe une oreille à Madrid et une autre à Pampelune où il est blessé avant de perdre un œil à Albacete, devant logiquement suspendre la fin de la saison.

Corrida de la Cultura 2019 : deux oreilles d’Empanado de Victoriano del Río malgré une estocade en arrière et une mort un peu longue car la faena a été de 18 carats au moins sinon plus. Notons au passage qu’il était sorti tuer ce dernier toro malgré l’avis des médecins avec une côte cassée. Il est aussi le triomphateur indiscutable de la San Isidro avec 4 oreilles et deux vueltas al ruedo. Sa réapparition à Valence en début de saison avait donné la note : zéro concession, mais c’est à Bilbao qu’il enfonce le clou avec 4 oreilles le 23 août avant de recevoir un grave coup de corne à Palencia, comme prix de sa vérité.

Le toreo de Paco Ureña est une merveille. A Madrid surtout, il s’abandonne totalement à son rêve de toreo. Ce qu’on ressent en le voyant toréer ne doit rien être en rapport de ce que lui doit sentir. Dieu que c’est beau. Tout à l’instinct, ses choix techniques peuvent parfois être erronés mais il vient aussi par là nous rappeler que l’Art ne surgit que lorsque le possible est dépassé. Ureña n’est pas un cartésien, c’est un spirituel qui s’oublie de son corps, une enveloppe qu’il a fort élastique et qui lui permet d’ailleurs de s’enrouler le toro d’une manière qui défie les lois de la géométrie.

Depuis son accident, il semble plus classique, moins prêt à des concessions modernistes auxquelles il sacrifiait par soif d’être. Son alternance des deux toreos, naturel et changé, lors du début de faena à Empanado est un sommet de classicisme. Si ses trincheras sont puissantes, ses naturelles sont sans doute le meilleur de son toreo, surtout de face, en fin de faena, liées à des pechos énormes, de cartel, souvent complètement de face. Parfois il aime encore faire peur avec les bernadinas à la mode mais il est capable de « fermer » un toro en suivant les canons les plus orthodoxes. Souvent il a recours également aux passes en regardant le tendido, une manière de dire : quoi de plus ?, mais c’est là un excès d’orgueil, dans une ivresse de toreo, qui ne rajoute rien, au contraire; il n’est plus à ce qu’il fait et les passes sont forcément moins bonnes quoi qu’elles témoignent d’une domination absolue. Son toreo, il le réalise fondamentalement en offrant le torse en en conduisant la charge derrière la hanche, en point d’interrogation. A la cape, il est de plus en plus bon, devenant excellent sur plusieurs palos, dont la véronique. Et tout ça devant les toros les plus compliqués, victorinos notamment. Deux mots résument son toreo : exposition et pureté.

A quelle source boit-il ? Difficile de le dire. Il torée plus avec la ceinture qu’avec le poignet et c’est plus un torero du dessin que du rythme; en cela il est plus Castillan qu’Andalou mais son grain de folie et son baroquisme est la marque des grands artistes du sud. Ureña est un mélange : on pense à Manolo Vázquez ou à Paco Camino et même parfois à Paula. D’autres y verront sans doute d’autres inspirations. José Tomás ?


Juin 18 2019

Temporada 2019 (1)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Que retenir de ces premiers mois ?

  1. Roca Rey reste le Roi, dans une régularité écrasante et un toreo de plus en plus dépuré : 3 oreilles à Valence et Séville comme à Madrid.
  2. Paco Ureña casse la baraque en se consacrant à Madrid. Plus que les 4 oreilles et les deux vueltas c’est un nouvel exemple de dépassement de soi auquel on assiste, après celui de Padilla. Mais la différence est bien plus grande entre les deux : on ne lui a fait aucun cadeau et surtout son toreo est d’une profondeur sidérante. Sa manière de dévier doublement le toro en point d’interrogation est tellement rare qu’elle a pu semblé presque impossible… et pourtant. Alors oui, Ureña ne reste jamais en-deçà, ses schémas logiques sont discutables sur le plan technique mais il est la Passion incarnée, son courage n’est au service que de l’esthétique la plus pleine de sens : tout se tient, en jouant sa vie il écrit, avec son art épique une véritable épopée. C’est un amoureux du toreo qui se vide en toréant pour se ressourcer, revenir à l’essence de son être, en somme pour se sentir… !TO RE RO! Oui… !TO RE RO! Des mots scandés à Madrid pour en faire taire plus d’un.
  3. El Juli obtient un grand succès à Séville mais il ne tient plus le rythme, c’est un fait.
  4. Ferrera qu’on commençait à reléguer presque au rang qu’il a trop longtemps occupé se rappelle à notre bon souvenir devant un victorino à Séville et en triomphant de la plus belle des manières à Madrid.
  5. Une confirmation superlative, celle d’Aguado avec une oreille à Valence, des triomphes en France (Gamarde et nîmes), une Porte du Prince bien-sûr et un arôme d’huiles essentielles à romarin qui le font suivre d’une foule
  6. Une révélation, celle de De Miranda qui surprend par sa fraîcheur sans complexes lui qui est revenu l’an dernier d’une grave lésion à une vertèbre : deux oreilles à Madrid dans un combat contre le vent qui le lance vraiment dans le grand bain. Chez les jeunes toujours, Marín semble revenir à son meilleur niveau et Román acquiert une autre dimension avant de recevoir un « tabac » énorme.
  7. De Justo montre qu’il conserve les mêmes arguments qui l’ont hissés au premier rang mais un problème de clavicule le ralentit dans son ascension.
  8. Perera obtient à Madrid une oreille de trop (le seul des 5 triomphes qui a été contesté), celle qu’on lui aurait supposément volée à Séville. (Si on connaît le principe compensateur des vases communicants à l’intérieur d’une corrida, celui-là est inédit.)
  9. José Tomás fait son petit tour puis s’en va avec dans sa besace une belle cueillette d’oreillettes, six, plus une queue, en quatre toros mais on sait le Maestro du Silence, qui vit retiré dans le rincón du Sud, n’est plus un torero mais un gourou qui convie ses affidés pour une grand messe annuelle dont l’exceptionnalité est une des conditions pour qu’un public fébrile, conquis d’avance, soit d’abord subjugué puis finisse transe pour peu que le Maître étende le bras jusqu’au bout. Il est, face à son aura, comme Marcisse face à son image. Point de rivalité hélas, ce sel du toreo.

Pour le  reste ? Talavante absent, Manzanares et Morante n’ont pas daigné se montrer à Madrid (et pour cause, ils ne sont pas au mieux même s’ils refont surface occasionnellement) et Ponce s’est blessé au genou à Valence. Avec une vuelta à Séville et une oreille perdue à l’épée à Madrid, Urdiales reste présent mais être le triomphateur de la saison comme l’an passé sera compliqué, quoi qu’à bien y réfléchir, il y a un an il n’avait pratiquement pas commencé sa temporada qui n’a pris son envol que fin août. Accomplira-t-il à nouveau le grand Œuvre à Bilbao ? Castella n’a pas tiré tout le parti d’Horroroso à Valence et a été discret par la suite. Je veux bien qu’il dise qu’il se l’ait joué mais ce n’est pas la sensation qu’on a eu (cf. Ureña). Simón, Lorenzo, et Luis David, dont le frère a interrompu sa saison européenne, sont intermittents; c’est moins pardonnable pour le premier, le plus expérimenté.

Parmi les spécialistes des corridas dures, Chacón, Moral et Rafaelillo sont en méforme et Escribano ne va pas récupérer son meilleur niveau après le cornalón reçu à Las Ventas. Cortés s’accroche, par intermittences lui-aussi et Chaves et Lamelas sont toujours là, bien présents au niveau qui est le leur. Luque est quant à lui en train de se convertir en triomphateur de la saison française, sans forcer son talent d’ailleurs.

En novilladas, c’est le courage du Mexicain San Román qui impressionne le plus et De Manuel maintient son cartel à Madrid. Parmi les français, Canton semble prêt pour l’alternative et l’arrivée de Lamothe assure la relève.

Côté bétail, Valdefresno, Fuenteymbro et Santiago Domecq d’un côté et Cebada ou Pedraza de l’autre, entre autres, se sont fait remarquer, en sus de quelques toros isolés.

Plein d’autres choses se sont passées, des bonnes comme des moins bonnes mais le but n’est pas ici d’être exhaustif. A signaler une nouvelle oreille pour un français à Madrid, accompagnée hélas d’une blessure comme l’an dernier à Bilbao : celle de Juan Leal.

Quantitativement parlant, le plus gros de la saison est devant nous. Espérons qu’elle se maintienne au niveau atteint dans cette première partie.


Mai 11 2019

Las cosas de Sevilla

Publié par Giraldillo dans Humeur      

Qu’il est loin le temps où Séville put, avant de céder sa place à Amsterdam, être considérée comme la nouvelle Venise, capitale mondiale du commerce et des arts grâce à la prodigalité de ceux qui croulaient sous l’or, avant de couler. Ubi sunt la nef Victoria[1] puis les galions des Indes ? Après avoir perdu son monopole en 1765, l’ancienne Hispalis romaine puis l’Isbilia arabe et surtout son peuple, dans une période de décadence qu’elle ne voulait pas reconnaître, ont créé le toreo pour suppléer la mollesse de la noblesse en réinventant un idéal médiéval accessible à tous ceux se sentant capables de l’atteindre. Mais même si tous les ans elle rejoue le mythe de la Résurrection et si par moment elle a l’illusion baroque d’un rêve devenu réalité, comme pour son Expo’92, elle n’est plus le centre du monde, pire encore, a contrario de ce qu’elle croit, pas même du monde taurin.

La faute à qui ? A ceux qui prennent des vessies pour des lanternes, qui croient que tout ce qui brille est de l’or, qu’une torche dans une caverne est la clarté du jour, bref qui sacrifient la substance à l’apparence. De ce point de vu, le clair triomphateur d’une feria à cette heure encore inachevée est très clairement José Luque Teruel. A ne pas confondre avec le torero sévillan Daniel Luque, contraint à s’exiler en France comme d’autres avant lui et pour des raisons bien différentes; ce monsieur n’est pourtant pas torero même s’il est fils de banderillero et filleul de Luis Miguel Dominguín. Il a beau être juge, ce monsieur n’est pas impartial. Il a beau affirmer dans les colloques de l’ANPTE que chaque plaza a sa personnalité et son histoire et que les critères de ne sont pas les mêmes dans toutes les arènes, il ne fait pas honneur à la catégorie et à la grandeur de la Maestranza acquises au fil du temps, au cours de son Histoire, aussi placide que celui du Guadalquivir.

L’association des abonnés de la capitale andalouse a demandé à plusieurs reprises la destitution de ce monsieur auprès de la délégation concernée de la région autonome d’Andalousie. La nouvelle administration a jugé bon de le maintenir à un poste qu’il occupe comme titulaire depuis 2015. Entre rite et spectacle, les politiques, quels qu’ils soient, ont décidé : qu’on donne à la vox populi ce qu’elle souhaite faisant fi s’il le faut de l’éthique. Le populisme est partout, chez ceux qui nous honnissent comme chez ceux qui sont censés nous défendre. Méfions-nous de tous et – excusez la digression – en particulier de VOX qui ne nous rend pas une fière chandelle (même si son surgissement peut se comprendre comme une réaction aux positions ambigües ou clivantes de Podemos tant sur le plan culturel que sur le plan territorial). En dévalorisant la Maestranza, Monsieur Luque dévalorise la tauromachie, cette « Corrida plebéienne » pour reprendre un titre récent de Mundotoro à propos de celle de don Victorino, ce maquignon on ne plus roturier ayant gagné ses lettres de noblesse par le travail des champs. El señor Luque avait pris la décision de gracier Cobradiezmos dudit élevage en 2016 et comparé à l’indulto d’Arrojado de Cuvillo cinq années auparavant celui-ci n’avait rien de scandaleux mais peut-être s’est-il senti pousser des ailes car celui de l’an dernier par ce même président et par El Juli à Orgullito de Garcigrande (mort six mois plus tard tué par un congénère) est une honte qui vient entériner la suprématie de la noblesse mollasse sur la bravoure authentique. C’est à ce moment là que Séville a définitivement coulé, succombant aux voies d’eaux répétées. Tous, l’empresa comme les très influents maestrantes, ont mangé dans la main du Juli après son boycott sévillan, deux années durant. Que Monsieur Julián López préfère toréer du bétail de demi-caste nommé Garcigrande, libre à lui, grâce à sa catégorie professionnelle. Qu’il impose ses critères aux juges, NON ! Et il y aurait d’autres choses à dire, comme la présentation de certaines corridas ou l’attribution de trophées qui font de la Maestranza une arène de plus, un des éléments clefs d’une Champion’s League taurine purement mercantiliste. Notons simplement cette oreille protestée lors de la dernière Porte du Prince du Juli ou cette deuxième au dernier toro d’Aguado qui assombrit son triomphe au lieu de le mettre en valeur. La répétition exclue l’erreur, on est là dans une idéologie nous étant nuisible. Bravo Monsieur Luque vous êtes le véritable protagoniste de la feria, étant entendu que les toreros disent généralement cela des présidents peu complaisants. Vous avez fait très fort car vous avez largement dépassé le rubicond. Les toreros vont sans doute vous demander par contrat… si ce n’est pas déjà le cas.

[1] bateau de Magellan qui y revint en 1522 pour y conclure la toute première circumnavigation


Mai 1 2019

La trinité du toreo

Publié par Giraldillo dans Non classé      

          Le toro, on le sait, a des qualités ou des défauts en relation avec sa force (poder), son port de tête (humillación), sa fixité (fijeza), sa longueur de charge (recorrido), sa répétition (codicia).

           Quelles sont face à celles-ci les qualités requises chez un torero ? Elles sont au nombre de trois essentiellement : courage (au-delà du courage naturel qui peut être celui d’un jour, pundonor et ambition), personnalité ou art, capacité ou intelligence. C’est sur ce dernier point que nous nous attarderons maintenant.

            Il y a d’abord le choix des terrains et l’idée orthodoxe du parallélisme par rapport aux planches, nous y reviendrons, mais pour une série donnée, il y a trois aspects à prendre en compte.

  1. Distance: loin, proche et dessus

            Dans le toreo moderne, les cites de loin sont de moins en moins fréquents et ceux qui s’effectuent au plus près le sont par opposition de plus en plus. Question de modes et révélateur d’un manque de capacité. Un appel lointain est plus dangereux parce que le toro arrive plus vite et qu’il est moins fixé sur le seul leurre mais au-delà du courage que cela suppose il y a une question technique primordiale : une fois dans la muleta, le plus dur est de le maintenir (sujetar) pour ne pas le rejeter mais au contraire le conduire vers l’intérieur. Il est très rare de maintenir l’intensité de la passe de l’appel à la sortie. Quand cela arrive on assiste à un moment d’exception. Le tout n’est pas de placer le toro loin; c’est quand il se rapproche que tout se complique.

            Je ne m’attarderai pas ici sur le toreo de proximité dont j’ai déjà parlé par ailleurs. Dans les faits, au cœur de la faena, c’est le toreo de mi-distance qui s’impose mais cette distance peut être variable, entre 2 et 7 mètres environ. C’est à la fois le toro qui marque sa distance et le torero qui décide où il se sent le plus à l’aise, ce qui définit souvent son concept. C’est Manolete qui avait le premier escamoté le premier temps de la passe mais le toreo classique exige une certaine distance pour lancer la muleta, jouer avec ses plis et mieux « imprégner » (empapar) le toro dans le leurre pour le « templer ».

  1. Sitio: cite et repositionnement

            André Viard avait expliqué de manière magistrale, dans Comprendre la Corrida, les différentes positions occupées par le torero entre les passes : le toro s’arrêtant, il peut se retrouver à la queue de celui-ci ou excentré si l’animal s’ouvre ou bien enfermé s’il se serre, l’obligeant sans cesse à se repositionner et donc à rompre la liaison des passes. C’est aussi cela que doit observer le bon aficionado, le sitio initial en fonction du recorrido. Se croiser n’est pas bon avec tous les toros, c’est dur à accepter pour les tenants d’une orthodoxie aveugle et pourtant c’est une des grandes vérités du toreo. Et ces critiques sont d’autant plus surprenantes qu’elles émanent le plus souvent de ceux qui défendent l’idée suivante : « à chaque toro sa faena ». Pour un toro qui a tendance à se serrer (au moment de la rencontre, pas un toro qui gagne du terrain) le mieux est l’appel au fil de la corne et la passe n’aura de réelle valeur que si le torero ne déplace pas l’animal vers l’extérieur et qu’il profite de la tendance naturelle de l’animal pour terminer le muletazo derrière la hanche. Il n’y a que les tout meilleurs toros modernes qui permettent, par un équilibre entre force, recorrido et noblesse, la passe idéale qui est de fait et pour cette raison tellement rare, impliquant un double déplacement; elle est pour eux un exercice contre nature qui les tord dans une trajectoire en rond propice en soi au toreo classique mais en cercle presque complet plus qu’en arc de cercle. A ce propos, il ne faudrait pas confondre ce toreo parfait parfois rêvé avec les circulaire de fin de faena où un toro à l’arrêt et un torero entre ses cornes donne le plus souvent plusieurs petites passes enchaînées (deux généralement) plus qu’une seule en continu. Ce qui est certain c’est que, quoique difficile, on aimerait que les maestros s’ essayent plus souvent à ce toreo idéal quand le toro semble en offrir les possibilités.

Plus un toro est dur et plus il faudra revenir à une tauromachie de mouvement quitte à pratiquer le toreo par devant et de déplacement cher à Domingo Ortega (cf. Los arquitectos del toreo moderno, de Pepe Alameda), privilégiant le jeu de jambes sur le jeu de bras, l’esquive plus que le détournement.

  1. Hauteur du leurre : haute, mi-hauteur, naturelle et traînante

            Si une muleta basse est en théorie la meilleure des solutions pour dominer un toro, on voit depuis quelques années des toreros faire traîner la muleta en se pliant en deux pour allonger au maximum la passe pour profiter au mieux du recorrido optimal du toro moderne. A priori rien à objecter à cela, sauf que le plus souvent, pour rajouter encore un segment supplémentaire à la longueur de la passe elle se donne dans un cite marginal avec la jambe de sortie en retrait et, pire encore, dans une trajectoire oblique mais droite, en ligne donc où une virgule finale, à toro passé, vient ramasser l’animal pour préparer la passe suivante. Dans ce cas on a une impression de domination mais le torero profite surtout d’une charge « humiliée » et d’une trajectoire naturelle longue. S’il est vrai qu’un mauvais torero peut gâcher ces qualités, un bon torero tombe là dans la facilité. C’est aussi esthétiquement parlant que cette manière de toréer est discutable.

            Dans le toreo classique, tout doit se faire avec naturel. Nul besoin de se tordre ni de traîner la muleta plus que nécessaire. Le toreo doit sourdre de l’âme et couler lentement, le plus lentement possible. Belmonte disait en voyant Curro Romero que ce qu’il arrivait à faire, « templer » à mi-hauteur, était une des choses les plus difficiles à réaliser. Techniquement parlant cela peut aussi être nécessaire avec un animal (et il y en a de plus en plus) ayant une tendance naturelle à « humilier » mais sans la force nécessaire pour soutenir une charge antinaturelle (baisser la tête n’est naturel qu’un temps, pas en continu) nécessairement épuisante, surtout si le torero torée en rond.

            Pour ce qui est du toreo par le haut, il convient de rappeler qu’en principe il est antinomique avec l’idée de bravoure car un toro qui cherche les hauteurs est un toro qui se se défend. Ce type de charge est donc propice au toreo changé (cambiado) par le haut. Ceci dit, il est préférable d’éviter les généralités et indiquer qu’un toro brave peut, en fin de faena, nécessiter qu’on lui relève la tête mais dans ce cas les très classiques passes aidées à mi-hauteur conviendront toujours mieux que des manoletinas qui ne pèsent pas du tout sur l’animal.  

            L’association de ces trois facteurs techniques débouchera sur les deux piliers du toreo : le rythme et le dessin. Ils conditionnent pour bonne part le temple et le tracé de chaque passe mais aussi leur enchaînement même si interviennent aussi d’autres qualités, l’art du torero restant un art magique, inexplicable pour partie. Le bon concept et l’intelligence ou capacité torera permettent une bonne adéquation des vitesses qui donnera au geste toute son harmonie mais la capacité innée de certains toreros à ralentir la charge de certains toros se ressent plus qu’elle ne s’apprend. Le courage froid, quant à lui, sera la capacité à appliquer la bonne recette, à « consentir » le toro, à prendre des risques au moment crucial pour gagner un pari dangereux en lui donnant sa chance, celle de montrer qu’il peut se donner, ce qui revient à extraire sa bravoure; c’est en quelque sorte ce que les Espagnols appellent desengañar al toro, quoique on puisse douter du sens actuel de cet expression où, plus que révéler la bravoure, elle est parfois employée dans le sens de dresser la noblesse molle (la vraie noblesse se révèle aussi avec la bravoure). Il y a deux sortes de bons toreros, les musiciens et les peintres, ceux du rythme et ceux du dessin (j’éviterai de parler ici des bûcherons et des danseurs). Si faire passer un toro langoureusement est très dangereux c’est une qualité souvent considérée du point de vue de l’esthétique alors que le courage pur est censé être la base de la domination, celle qui va modeler dans l’espace plus que dans le temps la matière brute de la charge vierge. Ce qui est certain c’est que pour toréer bien un grand nombre de toros il est nécessaire (c’est ce qu’on appelle l’ambition torera ou la responsabilité) de modeler son toreo à chaque toro, ce qui implique de ne pas avoir un concept trop restreint et surtout, après s’être demandé ce qu’il faut faire, appliquer  cette idée et c’est là que tout devient plus compliqué. S’il était aussi facile de toréer que d’écrire je serai moi-même torero…


Avr 22 2019

Rivalités (VIII)

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Aparicio vs Litri

Celle entre Aparicio et Litri a été la plus importante de l’histoire dans l’escalafón inférieur, à tel point qu’en 1950 il y eut plus du double de novilladas (303) que de corridas (145). S’il est vrai qu’il faudra attendre 1966 pour que ce phénomène s’inverse, ces deux toreros ne sont pas pour rien dans l’engouement suscité par les premières.

Dès le départ, Aparicio avait pour lui la qualité, notamment celle des triomphes à Madrid, 2 en 49 et 2 autres en 50 contre une seul pour Litri, le 18 mai 50 en mano a mano avec son rival qu’il accompagne en volandas. Ce dernier était plus populaire grâce à son toreo tremendista, l’un des tous premiers, impressionnant lorsqu’il faisait venir l’animal de loin, avec la muleta repliée, le célèbre cartucho.

En effet, après une saison épique, Julio Aparicio et Miguel Báez « Litri » unirent leur destin, professionnellement parlant s’entend, des mains de Cagancho, le 12 octobre 1950, à Valence, tant leur carrière était liée. Cette première confrontation en tant que matador tournera nettement à l’avantage du madrilène avec 4 oreilles.

Ils avaient commencé leur rivalité près de trois ans plus tôt, d’abord timidement, puis c’est l’explosion en 1949 (114 novilladas pour Litri) avec d’importants triomphes à Madrid pour Aparicio. Cette temporada va préparer l’apothéose de 1950 orchestrée par l’apoderado de Manolete, Manolo Camará.

Outre ses triomphes madrilènes, il faut noter les 4 oreilles et la queue coupées par Aparicio à Cordoue le 26 mars ou les 6 novilladas qui composèrent la feria valencienne de Juillet avec nos deux toreros à l’affiche dans toutes les courses.

La rivalité ne se maintiendra pas vraiment dans la catégorie supérieure, d’une part parce que l’année 1951, à l’instar de l’alternative, est incomparablement meilleure pour Aparicio qui triomphe dans la capitale où son classicisme est tout de suite apprécié alors que Litri aura besoin d’une année de rodage. Cependant, à Séville, c’est l’Andalou qui l’emporte par deux fois : deux oreilles le 17 puis le 23 avril (oreille puis blessure pour Aparicio).

Litri se retirera au cours de la saison de 1953, laissant seul son ancien compagnon. Ils se retrouvèrent cependant à partir 1956, une étape où ils ont connu ensemble un de leur plus grand succès, le 14 mai de l’année suivante, sortant a hombros des arènes de Las Ventas en compagnie de Manolo Vázquez. Il y eut finalement une dernière étape de rivalité entre 1964 et 1967.

Ils figurent tous les deux parmi les 10 toreros qui ont le plus triomphé à Madrid avec une égalité de 7 sorties a hombros mais une de plus pour Aparicio lors de la feria de San Isidro.

Leurs fils respectifs deviendront des toreros importants mais ils ne furent jamais des rivaux. En 1987, c’est avec le fils Camino que Litri donna l’alternative à son rejeton.


Avr 12 2019

Avec le temps…

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Les arènes de la Porte d’Alcala ont été les premières arènes en dur de Madrid et celles qui ont le plus longtemps donné des spectacles taurins dans la capitale espagnole, 125 années durant, de 1749 à 1874.

Elles ont remplacé celles qui étaient construites en bois sur le même emplacement et qui ne durèrent guère plus de 10 années pour être remplacées par celles de la route d’Aragon.

Leur capacité était de 12 000 spectateurs, au moins dans un premier temps où les gradins étaient encore en bois, puis elles descendirent en-dessous de 10 000. L’affiche inaugurale du 3 juillet comprenait des noms qui ne sont pas passés à la postérité : José Leguregui « El Pamplonés », Juan Esteller et Antón Martínez.

Ces arènes furent de théâtre du développement de la tauromachie née en Andalousie mais les spectacles donnés pour des événements particuliers continuèrent à se dérouler sur la Plaza Mayor jusqu’en 1846.

Pepe Hillo y mourut en 1801, ce dont Goya nous a transmis un témoignage iconographique. C’est Lagartijo et Frascuelo qui la clôturèrent le 19 juillet 1874 avec des toros d’Aleas même s’il y eut des spectacles mineurs jusqu’au mois d’août. Elles laissèrent leur place au projet urbanistique qui donna naissance au quartier de Salamanque.

Elles auraient permis la célébration de plus de 2500 corridas où plus de 23 000 toros furent tués.


Déc 1 2018

Au pays des toros (37)

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La place de la Corredera de Cordoue, à l’instar d’autres plazas mayores, a longtemps été le cadre des corridas de l’ancienne capitale califale.

Un mot aussi pour les arènes de Los Tejares, en activité de 1846 à 1965, détruites pour laisser la place au coso plus moderne et impersonnel de Los Califas. Le dernier spectacle y fut célébré le 18 avril alors que les nouvelles arènes furent inaugurées le 9 mai.

 


Nov 17 2018

Un élevage à l’honneur (102)

Publié par Giraldillo dans Campo      

Si les élevages de Camargue sont presque légions, il y en a très peu dans le sud-ouest. L’un des plus en vue est celui que Jean-Louis Darré a créé en 2002 sous le nom de Camino de Santiago. C’est à Millas, en 2006, qu’il fait sa présentation en piquées.

Le propriétaire de L’Astarac (Pedrajas) a diversifié son cheptel avec ce deuxième fer d’origine Santafé Martón. Un semental de Marqués de Domecq et un autre de Conde de Mayalde ont aussi participé à la formation de cette ganadería.

Escribano et Ternero

 

Encaste : Marqués de Domecq

Devise : blanc et bleu

Ancienneté : aucune

 

Les animaux de ce fer paissent dans le domaine du Cantaou, au sud du Gers. Actuellement, une centaine de vaches mères et trois étalons le composent.

En 2010 le lot envoyé à Millas est très remarqué. Dans les années suivantes, ceux proposés à Mimizan également où la présentation en corridas a lieu en 2012. Depuis il a même « lidié  » en Espagne. En 2017, le toro Ternero auquel Escribano coupa les deux appendices à Aignan eut l’honneur posthume d’une vuelta. En 2018, le lot sortie à Mont de Marsan a permis la concession de 3 oreilles.