Antoñete

En cette Toussaint, un peu plus d’un an après sa mort, déposons une pensée sur la tombe de…

Antonio  CHENEL  ALBADALEJO ANTOÑETE

 

[1]

Il est né le 24 de juin 1932 à Madrid et c’est là qu’il est mort, en fumeur invétéré, le 22 octobre 2011.

 Il a débuté sa carrière de novillero en 1949 et a fait sa présentation avec picadors le 18 février 1951 à Barcelone. Il se présente à Madrid le 5 juin 1952 et prend l’alternative à Castellon de la Plana le 8 mars 1953 quand Julio Aparicio, en présence de “Pedrés”, lui cède la mort du toro “Carvajal” de Francisco Chica. Il coupe 3 oreilles à Madrid (toros de Bohórquez) deux jours après sa confirmation d’alternative, qui avait eu lieu le 13 mai : Rafael Ortega était son parrain, Julio Aparicio le témoin et le toro de la cérémonie avait pour nom “Rabón” et appatenait à l’élevage de Alipio Pérez-Tabernero. Cependant, après ce triomphe il ne parvint pas à se maintenir dans les hauteurs de l’escalafón et il se retira une première fois en 1958 pour réapparaître en 1960. Le 8 août 1965 il coupe deux oreilles et réalise un chef-d’œuvre dans les arènes de Las Ventas. Le 15 mai 1966 il y exécute un autre faenón avec le célébre toro armiñado[2] nommé “Atrevido”, de la ganadería de Osborne. Le 24 mai il coupe un appendice à chacun de ses toros et sort à nouveau par la grande porte madrilène. Le 7 juillet, pour la Corrida de la Presse, il coupe 4 oreilles et sort a hombros de Las Ventas pour la troisième fois de la saison. A Logroño, en 1967, il reçoit un coup de corne et il se coupe la coleta en 1970 mais revient en 1973. Il reprend sa retraite en 1975 mais se sentant à jamais torero il refait son come-back en 1981. Le 3 juin 1982 il triomphe à Madrid avec le toro “Danzarín”, de Garzón, qui lui permet de sortir a hombros et l’année suivante il est blessé dans ces mêmes arènes (les siennes puisque son père en était le concierge). Le 7 juin 1985 il coupe à nouveau 2 oreilles à un autre toro de Garzón (“Cantinero”), après avoir coupé un trophée de son premier. Voici maintenant l’opinion de José María de Cossío sur “Antoñete” concernant la période à laquelle nous sommes arrivés :

 « Il faut préciser que durant la dernière étape de sa longue vie torera il s’est montré plus décidé que dans les périodes précédentes, plus reposé dans sa manière d’interpréter le toreo et même plus vaillant et ayant plus conscience de sa responsabilité croissante, sans parler d’autres vertus. » [3]

Il se retirera à nouveau à la fin de la saison pour réapparaître en 1987. Cependant, pendant sa courte retraite il avait coupé les oreilles à un Torrestrella dans un festival célébré à Madrid le 6 avril 1986. Le 3 de juillet 1988 il coupa un appendice auriculaire dans la capitale du royaume avec un toreo d’une pureté de cristal puis il  interrompit une fois de plus sa carrière au cours de cette saison bien qu’il réapparut ensuite quelquefois, à titre exceptionnel, jusqu’en 2001.

                  “Antoñete” n’a jamais été un grand lidiador, mais au contraire un fin artiste castillan. Maître de la véronique et de la demi, ses détails avec la muleta en main étaient réellement inspirés, avec un toreo profond dans le plus pur style classique. C’était un torero fragile qui savait très bien « templer » les toros. Il est sorti 4 fois a hombros pendant la feria de San Isidro (6 en tout à Madrid en tant que matador). A Séville il n’a coupé que 2 oreilles.


[1] Antoñete y Atrevido. Photo de Cano extraite de Historia del toreo édité chez Alianza.

 

[2] Toro à la robe blanche avec de petites taches noires.

 

[3] Cf. Los Toros en deux volumes : tome II p.378.


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