Equilibre et vérité

Les positions médianes sont souvent décriées, on veut des prises de position claires. Donc je dirai sans ambages que la voie médiane du « toréisme », celle que je défends, exprime le fait que la mièvrerie et la superficialité n’est ni plus ni moins dommageable que la sauvagerie pure qui entraîne « l’intoréabilité ». On en est certes loin, mais si les postulats des tenants de cette dernière tendance s’imposait in fine ce serait assurément et à court terme la fin de la tauromachie et non son renouveau, supposément basé sur un retour aux sources. Lors de la dernière feria de Nîmes les deux tauromachies se sont données rendez-vous : d’un côté Manzanares face à un garcigrande, de l’autre Robleño face à un miura d’antan. En tant qu’aficionado il faut être capable de voir ce qu’il y a d’intéressant dans l’un et dans l’autre cas même si le point d’équilibre n’était sans doute nulle part. Ceci dit, entre grâce et mérite, si on m’obligeait à choisir, je choisirais la première. Robleño lui-même s’est cru obligé après sa lidia de déclarer, à l’intention des télespectateurs de Canal+ Toros, qu’il savait toréer, reconnaissant de facto que toréer n’était pas cela alors qu’on était bel et bien dans l’idéal du « torisme » intransigeant. Vous en vouliez de la vérité, voilà la mienne !

 Car La seule vérité possible se trouve dans le sentiment, par définition unique, d’un aficionado passionné, même s’il est une incarnation de l’individualisme contemporain, à moins qu’elle ne soit dans un lieu impossible à atteindre, celui de l’équidistance de l’ensemble de ces sentiments individuels.


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