Juan Bautista

Madrid JBLongtemps considéré comme un torero froid il a terminé par recevoir une reconnaissance définitive de la part de l’afición, surtout en France car outre-Pyrénées, une fois l’effet de mode estompé, il toréa de moins en moins. Il est cependant devenu un torero largo, capable dans tous les compartiments de la lidia et devant n’importe quel type de bétail. Comme le bon vin, il arrive à maturité en associant ses qualités pour donner un bouquet harmonieux : sans être artiste, il est capable de toréer avec temple et sentiment, sans être un véritable lidiador il comprend les toros ayant bu aux mamelles de leurs mères, sans être populiste il aime toréer à genoux ou en regardant le gradin mais il est un peu tout cela à la fois, un torero complet qui connaît et qui aime son métier.

Né le 12 juillet 1981, le fils du rejoneador puis éleveur et directeur des arènes d’Arles Luc Jalabert a revêtu l’habit de lumière pour la première fois en 1996 en Espagne.

Et c’est au Mexique, à Querétaro, qu’il débute avec picadors, le 14 mars 1998. Il a ensuite toréé dans la vallée du Tiétar, dite de la Terreur, pour s’épaissir le cuir, conseillé par le matador Curro Caro.

L’année 1999 commence bien pour Jean-Baptiste qui gracie Tanguisto de Yerbabuena à Nîmes. Le 3 juin il sort par la Grande Porte de Madrid pour sa présentation avant d’obtenir un trophée en Pampelune et de « lidier » une novillada en solitaire à Saint-Sever.

Il prend l’alternative dans sa ville natale le 11 septembre 1999 des mains d’Espartaco et en présence de César Rincón. Il coupe une oreille du toro de la cérémonie, Sevillano, de Zalduendo, puis confirme le 2 octobre des mains de Vicente Barrera et en présence d’Eugenio de Mora.

En l’an 2000 il a donné une vuelta à Madrid et triomphé doublement en Arles (Pâques et Riz), à Béziers ou à Dax et coupé une oreille à Bilbao et à Saragosse. En 2002 il triomphe à Vic et coupe une oreille à un victorino à Dax.

Il se retire au début de l’année 2003 puis réapparaît en 2005 après avoir retrouvé ses illusions lors d’un festival au profit des sinistrés des inondations de sa ville d’Arles. En 2006 il obtient de très gros triomphes à Nîmes et à Dax.

Il continue de triompher en France en 2007 mais il connaît surtout la reconnaissance dans les plus dures arènes espagnoles avec une oreille lors de la corrida de la Presse, le 22 mai, qu’il torée sur une substitution gagnée après une bonne prestation lors d’une course de la feria de San Isidro. Il coupe aussi un appendice à Bilbao avant d’obtenir les deux oreilles du toro de Puerto de San Lorenzo 6 octobre pour la feria d’Automne.

En 2008 il triomphe à Grenade, à Saint-Sébastien, à Dax en mano a mano face à El Juli et à Nîmes où il coupe une queue. L’année suivante il s’impose en Arles et à Béziers lors de deux mano a mano avec Castella.

Il commence la saison 2010 en coupant une oreille à Valence puis sort pour la 3e fois a hombros des arènes de Las Ventas, le 5 juin en coupant deux fois une oreille. Il triomphe le lendemain à Grenade puis dans la plupart des arènes françaises.

JUAN BAUTISTA MADRID 2010 1

En 2011 il obtient une nouvelle Porte des Consuls (en plus de succès en Arles ou à Bayonne) et encore une en 2012.

En 2013 il coupe une nouvelle oreille à Madrid après les 4 coupées chez lui. Lors de son encerrona à Istres il repart avec 6 trophées et une queue ainsi que la grâce d’un toro de La Quinta (deux doubles trophées à des animaux de Miura et Victorino).

En 2014 Juan Bautista est à nouveau sorti a hombros par la Porte des Consuls puis à Beaucaire, à Istres par 2 fois ou à Béziers face aux miuras. Il triomphe aussi à Bayonne et dans son solo arlésien (5 oreilles et une queue) puis termine la saison en coupant un trophée à Valence.

Ces dernières années sa carrière se concentre surtout sur la France où il est régulièrement crédité du titre de REGIS FRANCORUM. En 2018 après avoir obtenu une nouvelle Porte des Consuls à Nîmes, il réussit son encerrona dacquoise du mois d’août avec quatre oreilles avant de triompher à nouveau chez lui pour la Corrida Goyesque en annonçant qu’il se retire des arènes. La saison se clôt par son quinzième triomphe nîmois avant de se couper la coleta à Saragosse quelques jours après le premier véritable coup de corne de sa carrière, reçu à Logroño de la part d’un pupille de Victorino.

Comme annoncé, c’est toutefois lors de la Goyesque de 2019, le 7 septembre, qu’il torée sa dernière course, dans un mano a mano triomphal avec Enrique Ponce où l’Arlésien coupe cinq oreilles et une queue symbolique.


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