Un élevage à l’honneur (60)

L’élevage Marqués de Albaserrada est historique à double titre. D’une part parce qu’il est l’origine d’un encaste (fondé en 1912) même s’il n’en porte plus le sang (vendu en 1921) et d’autre part parce qu’il fut longtemps, jusqu’en 2011, le seul élevage à avoir gracié un animal dans les arènes de la Maestranza sévillane. C’était en 65 et le novillo devenu étalon vivra jusqu’en 1976. Longtemps, les éleveurs ont vécu sur ce succès.

La ganadería a été achetée par le marquis d’Albaserrada, récemment décédé, en 1947. Le troupeau d’origine Murube, pimenté de patablancas (au travers de Cobaleda) mais avec aussi de réminiscences vazqueñas, même s’il n’en reste presque rien, venait d’être croisé avec du Domecq. Il y ajouta des animaux de Isaías et Tulio Vázquez et plus tard un lot de Marqués de Domecq qui explique le pelage roux de certaines bêtes. Depuis 2009, sous l’égide de son mayoral français, l’expérience Pedrajas a été renouvelée avec 2 reproducteurs des frères Vázquez et amplifiée avec 2 autres provenant de Yerbabuena. Marqués de Albaserrada est actuellement l’un des rares élevages à ne pas mettre de fourreaux aux cornes. Cette orientation est confirmée par une sélection où la phase des piques est fondamentale, comme en témoigne Esclavo, primé d’une vuelta à Aignan en 2016. Pour toutes ces raisons et parce que la visite est faite en français par un passionné, dans un cadre magnifique, il est vivement recommandé de se rendre dans cette élevage. On peut aussi suivre ses aléas sur le blog Les Carnets du mayoral dont le lien apparaît sur ce site dans la colonne de droite.

LaboriosoLaborioso, auquel la vie a été pardonnée en 1965

Encaste : Domecq/Pedrajas

Devise : vert, incarnat et blanc

Ancienneté : 1963

Mayoral : Fabrice Torrito

Ces animaux paissent près de Séville, dans la finca Mirandilla, sise dans la commune de Gerena, sur plus de 500 hectares, 1 environ par bête. Le cheptel compte 180 vaches de ventre et une dizaine de sementales qui permettent d’envoyer aux arènes 7 ou 8 lots dont 2 corridas et 2 novilladas piquées.

DSC07823utrero n°28 prévu en corrida pour 2016

Laborioso n’est pas le seul animal dont il faille se rappeler : un autre novillo, Discreto, eut droit à une vuelta à Madrid, en 63, alors que Efraín Girón (frère de César et Curro) lui coupa l’oreille, tout comme Cortijero l’année suivante ou Señorito dix ans plus tard. A Pampelune les toros Revoltoso (5 piques et 3 batacazos) et Hatero gagnèrent le prix à l’animal le plus brave pour les sanfermines 79 et 82 respectivement. En 2000, Lucero fut le lauréat de la corrida-concours de Dax (données Terres taurines n°61). Le toro Victorioso a eu droit à un tour de piste posthume à Vergèze en 2014.


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