L’école castillane

Si les écoles de Ronda et de Séville ont été les deux grandes écoles du toreo au début de la tauromachie à pied moderne, on a aujourd’hui l’habitude d’opposer les toreos andalous et castillans, comme deux concepts bien différenciés. On continue encore à parler avec une certaine fréquence du toreo sévillan, même s’il faut bien reconnaître qu’il a perdu une grande partie de sa force par rapport aux époques précédentes. Le deuxième est encore plus dilué et il est vrai qu’on parle actuellement peu de lui. Et il faut reconnaître que la plupart des toreros importants ne sont plus originaires d’Andalousie comme cela était le cas par le passé.

Encore une fois, le concept d’école correspond à une image du toreo qui a pu coïncider à un certain moment avec des toreros d’une zone géographique déterminée mais cela n’implique pas forcément que les matadors de cette zone suivent ce concept ni que ceux d’autres latitudes de puissent pas s’y retrouver.

Un des premiers toreros castillans a été sans aucun doute le madrilène Cayetano Sanz qui, vers la moitié du XIXe siècle, a été un torero de classe, en particulier à la cape (le principal instrument du toreo à cette époque) bien qu’il tuait de manière déficiente. Il a vécu une tragédie semblable à celle de Padilla et a été le premier torero, précisément en 1856, à rester seul en piste lors de la faena de muleta.

Mais c’est Vicente Pastor qui, au début du XXe siècle, sera réellement l’initiateur de ladite école, de par sa sobriété et la recherche de l’orthodoxie.

Nous retrouverons cette sobriété dans les années 30 avec Domingo Ortega et sa domination basée sur le principe de charger la suerte qu’il défendra comme un concept fondamental que l’afición de Madrid continue à exiger dans l’actualité. Nous pourrions inclure à cette époque des toreros comme Antonio Márquez, Marcial Lalanda (qu’on peut aussi considérer proche de l’école de Chiclana par certains aspects : son esthétique et sa variété) et pourquoi pas le valencien Manuel Granero.

Domingo Ortega

Domingo Ortega

Mais le grand torero castillan des années 50 est certainement Rafael Ortega qui était un autre grand défenseur du concept de charger la suerte. Il faudrait aussi inclure dans cette liste Julio Aparicio qui fut un bon lidiador au style dépuré.

Dans les années 60, le torero de Salamanque El Viti reprendra le flambeau du toreo castillan, fin mais sec, sans doute avec plus de liaison que les précédents, aux côtés de Gregorio Sánchez et Ángel Teruel.

A partir de la décennie suivante, et plus encore dans les années 80, Niño de la Capea et Julio Robles seront les toreros correspondant le mieux aux critères que nous avons définis.

Dans la dernière décennie du siècle, les toreros les plus castillans auront été Joselito et El Fundi, tous deux élèves de l’Ecole de Madrid, et surtout un colombien qui était chez lui dans le temple taurin de la capitale espagnole, le grand César Rincón.

Parmi les toreros actuels, José Tomás est l’exemple du toreo castillan le plus pur mais des toreros classiques comme Diego Urdiales, Iván Fandiño et le jeune López Simón sont de dignes représentants de cette école.


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