Talavante

TalavanteAlejandro Talavante est né à Badajoz le 24 novembre 1987. Elève de l’école taurine de sa ville natale, il revêt son premier habit de lumière en 2001 avant de recevoir son baptême du sang à Hagetmau. Le 1er février 2004, il fait sa présentation avec picadors dans les arènes françaises de Samadet avant de se fracturer le coude au mois d’août. Il perd à l’épée la grande porte madrilène le 24 mai 2006, deux mois après sa présentation remarquée dans l’arène venteña.

C’est à Cehegín qu’il prend l’alternative, le 9 juin suivant, avec Morante pour parrain et en présence d’El Fandi (toro Pesadilla de Benjumea).

Grâce à une capacité à rester dans le sitio et à supporter la charge des toros pour enchaîner les passes, son début de carrière est explosif, malgré un coup de corne qu’il reçoit à l’Escurial au mois d’août, ce qui ne l’empêche pas de couper une queue à Linares quelques jours plus tard.

En 2007, il commence sa saison par un succès à Valence avant de couper les deux oreilles à un manso de Puerto de San Lorenzo le 8 avril, dimanche de Pâques, pour sa confirmation d’alternative, accompagné d’El Juli et de Manzanares à l’affiche. Quelques jours plus tard il sort également par la Porte du Prince en découvrant le secret du temple. Si peu de toreros ont réussi à triompher à la fois à Madrid et à Séville, le faire dans la même saison est encore plus rare. A Pampelune, il coupera un appendice auriculaire à un toro de Cebada Gago.

La saison 2008 commence par une bonne faena à un toro d’Adolfo Martín à Madrid suivie d’une oreille mais elle n’est pas au niveau de la précédente. Son plus gros succès lors de la saison suivante est un double trophée à Séville le 25 avril. Côté pile, il reçoit à Palencia un coup de corne dans la jambe en septembre 2010.

Le jour de Saint Isidore de la temporada 2011 il coupe deux oreilles à Cervato, un toro d’El Ventorrillo (élevage qui lui avait permis de se révéler quand il était novillero), avant de réaliser une autre grande faena 5 jours plus tard. La fin de saison est également propice aux triomphes avec une oreille à Séville pour la San Miguel et une grande faena à un jabonero de Cuvillo, Esparraguero, le 9 octobre.

L’année suivante, après un double triomphe à Mexico, il coupe deux fois une oreille à Séville puis sort par la Grande Porte madrilène lors la corrida de Beneficencia avant d’obtenir un trophée à Bilbao puis un autre à la Maestranza en septembre.

En 2013, il échoue pour sa deuxième encerrona à Madrid, cette fois face à 6 victorinos 6 mais se rachète le 24 mai en coupant les deux oreilles à un manso de Victoriano del Río, pour sa quatrième sortie a hombros des arènes de la capitale.

Pour la saison 2014 il offre une bonne dimension dans ses arènes de Madrid mais l’ensemble est décevant, donnant parfois l’impression de toréer de manière mécanique.

En 2015, il prouve, sans réaliser une temporada énorme, qu’il est bien là et qu’il faut compter sur lui. Managé par la FIT après la période Chopera, il coupe une oreille à Madrid, l’un des faits d’armes les plus marquants jusqu’à la corrida en solitaire de Malaga et ses prestations de Saragosse où il est impressionnant.

Il montre en 2016 qu’il est en pleine maturité, avec un poignet prodigieux, à lui seul capable de déplacer les toros, et une assise du corps qui suppose un courage froid exceptionnel : oreille à Séville de dimanche de Résurrection puis deux fois un trophée à Madrid, la première face à un toro très compliqué, la deuxième à un manso, prouvant à chaque fois sa condition de figura máxima.

Le 25 mai 2018 il sort pour la cinquième fois par la Grande Porte madrilène accompagné par López Simón en essorillant le toro Cacareo de Núñez del Cuvillo.

Depuis ses débuts, où, sous l’égide de Corbacho (rupture courant 2009), l’influence tomasista était claire, son toreo vertical a évolué vers plus de personnalité et a gagné en profondeur mais aussi en variété, notamment en remettant au goût du jour la passe inventée par Carlos Arruza. Il est aujourd’hui capable de s’imposer face à un grand nombre de toros et il est sans doute aujourd’hui le torero le plus équilibré dans les 3 trois dimensions toreras : technique, art et courage. On lui reconnaît désormais une inventivité et une capacité à surprendre, à la cape comme à la muleta, qui en font l’un des toreros les plus intéressants à suivre. Avec l’épée il est en train de devenir très sûr, laissant derrière lui les problèmes qu’il avait connus avec les aciers en début de carrière.


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