La France taurine (I)

La Corrida doit tout d’abord son implantation en France au substrat taurin : courses landaises et camarguaises. On retrouve d’ailleurs dans le sud-ouest des traces d’une forme autochtone de tauromachie depuis au moins 1445. Notons que dès 1702 une corrida est donnée à Bayonne à l’intention du futur Philippe V (le fondateur de la dynastie Bourbon en Espagne) le 4 janvier.

Mais la véritable naissance de la Corrida en France se situe au moment du IIe Empire. C’est le choix de Biarritz comme résidence d’été par Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, qui a en grande partie permis l’organisation de corridas à Bayonne dès 1853 avec notamment Cúchares à l’affiche. Pour Nîmes, ce ne sera que 10 ans plus tard qu’il y aura des courses de toros complètes à l’espagnole.

L’essor vient dans l’avant-dernière décennie du XIXe siècle, à Nîmes d’abord puis dans un certain nombre de villes du sud (dont Bordeaux, Montpellier, Avignon ou Marseille).

En 1889 apparaissent à Mont-de-Marsan les arènes du Plumaçon. Cette année-là, pour l’exposition universelle, Paris eut droit à 28 corridas sans mise à mort, car celle-ci était interdite. Le rappel à l’ordre à la loi de 1885 fut lettre morte à Nîmes, Bayonne, Dax et Mont-de-Marsan puis respecté un temps avant la reprise de la fronde au début des années 90.

 Au début du XXe siècle apparaît le premier torero français d’une certaine importance : Pierre Boudin « Pouly III » qui prit l’alternative en Arles en 1920 (où il coupe une queue deux ans plus tard avant d’en devenir quelques années plus tard le directeur) puis à Barcelone l’année suivante et la confirma dans la capitale espagnole en 1922.

 Après la seconde guerre mondiale l’ancrage va devenir définitif.   Il faudra de fait attendre 1951 pour que la tauromachie devienne légale mais seulement pour les villes de tradition taurine, ce qu’a confirmé récemment le conseil constitutionnel. L’année suivante Nîmes organisera sa première feria et depuis 1956 Hubert Yonnet (décédé en juillet 2014) est le premier éleveur français de bétail 100% espagnol (en 91 il a même vendu un lot à Madrid).

Nimeño II. Photo «SO».

Dans les années 80 la tauromachie connaîtra un boom avec en figures de proue Nîmes et Nimeño II (novillero à succès avec des triomphes comme à Pampelune en 76 ou à Madrid l’année suivante avant de prendre l’alternative mais il est gravement blessé par un miura en 89 en Arles). D’autres toreros se font un nom au niveau français : Richard Milian (alternative en 81, confirmation en 88 avec obtention d’une oreille, l’année où Nimeño réalisera une bonne faena dans ces arènes face à un victorino), Denis Loré ou Stéphane Fernández Meca. En 1990, le nombre de corridas organisées en France est de 66.


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