Enrique Ponce

Le maestro Enrique Ponce  Martínez vient de recevoir le plus prestigieux des prix, celui de Radio Nacional Española, décerné par les critiques taurins d’outre-Pyrénées. C’est l’occasion de refaire un petit point sur sa carrière.

Il est né à Chiva (Valence) le 8 de décembre 1971.

Son oncle était le torero Rafael Ponce “Rafaelillo”. Il a revêtu son premier habit de lumières le 10 août 1986 à Baeza (Jaén) et il a toréé avec picadors dès 1988, débutant à Castellón le 9 mars. Sa présentation à Las Ventas a eu lieu le 1er octobre de cette année-là. Il a pris l’alternative dans sa ville natale le 16 mars 1990, parrainé par Joselito. Le premier toro de cette corrida s’appelait Talentoso et appartenait au fer de Diego Puerta. Il confirma cette alternative avec le toro Farruco de Diego Garrido le 30 septembre des mains de Rafael de Paula et en présence de Luis Francisco Esplá. En 1991 il triompha à Bilbao et en 1992 il coupa trois oreilles lors de la Corrida de Beneficencia. Il a été blessé à la cuisse le 13 décembre suivant lors de sa confirmation mexicaine qu’il reçut de Guillermo Capetillo. En 1996 il est ressorti par la Grande Porte de Las Ventas lors de la corrida goyesque, coupant deux fois une oreille, l’une d’elles à un victorino. Le 27 mai il fut énorme en obtenant l’oreille de Lironsito de Valdefresno. Le 26 septembre 1999 il sortit a hombros par La Porte du Prince lors d’une corrida de Victoriano del Río. En 2002, il obtient sa troisième Grande Porte madrilène dans une corrida de la feria de San Isidro. Cette année-là, il reçoit deux coups de corne : à Séville et à Léon. Le 22 juin 2004, à Alicante, un toro de Torrestrella le pénètre de 25 cm dans la cuisse droite et lui fracture une clavicule. En 2005, un toro lui inflige une blessure de 10 cm à Malaga et il réalise une grande faena à Séville le 21 avril 2006 comme à Bilbao le 24 août de la même année, où il coupe une oreille malgré une pétition majoritaire pour la deuxième. S’il s’agissait d’une injustice elle fut réparée le 19 août 2008 lorsqu’il reçut les deux oreilles d’un toro de Ventorrillo. Il coupa une queue dans les arènes mexicaines d’Insurgentes le 8 février 2009, année où il gâche à l’épée une autre faena importante lors de l’Aste Nagusia. En 2010 il coupe un nouveau trophée dans les arènes basques puis arrive aux 2000 corridas pour la corrida goyesque de Ronda. Bilbao continue à être une arène talisman les années suivantes avec une nouvelle oreille en 2011 et un grand triomphe l’année suivante avant un trophée d’un poids certain en 2013. Lors de la saison 2014 il reçoit à Valence un coup de corne au niveau de la clavicule. L’année suivante, il montre un somment de son art à Mont de Marsan. En 2016, il coupe une oreille à Séville en plus d’une série de triomphes dans des arènes de seconde catégorie (ou de 3e comme pour son solo d'Istres). En 2017 il obtient son quatrième triomphe madrilène, le 2 juin, en coupant une oreille de chacun de ses toros de Garcigrande, avec quelques protestations pour le deuxième trophée il est vrai. Il obtient aussi en août sa sixième Grande Porte à Bilbao.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x11kh5z_enrique-ponce-2-orejas-en-bilbao-2008_lifestyle[/dailymotion]

Enrique Ponce est le torero qui s’est montré le plus régulier dans les années 90 et depuis, après plus de 25 ans de carrière, il continue au plus haut niveau. Il y a plusieurs toreros dans ce torero : sa version la plus superficielle a progressivement disparu même si on peut lui reprocher d’être un partisan de faenas longues et d’avoir recours au toreo de proximité. Parfois appelé « l’infirmier », sa technique lui permet, comme Espartaco avant lui, de soutenir des animaux dénués de force et à la limite de l’invalidité en toréant à mi-hauteur comme personne. Il a aussi toujours su mettre sa science au profit du toreo le plus vrai comme le montre certains succès face aux victorinos ou sa faena face à Lironcito. C’est là que la raillerie cesse et que prend tout son sens son surnom de « Catedrático », le Professeur Ponce si l’on veut. Il a aussi énormément gagné en profondeur mais celle-ci ne se voit que partiellement face au bétail de Juan Pedro Domecq qu’il affronte trop souvent. A Bilbao, il choisit toutefois souvent avec succès l’élevage d’Alcurrucén comme il y a quelques temps celui de Samuel Flores. Bref, Ponce est un exemple d’intelligence torera et son toreo esthétique a atteint avec le temps une dimension artistique de haut niveau en gagnant en naturalité. Son toreo au genou ployé avec la jambe contraire tendue, surtout dans les circulaires finales où il change alternativement de côté est particulièrement original. A Mexico, il a triomphé un total de six fois. A Séville, il a obtenu 10 trophées et une Porte du Prince contre quatre Grandes Portes dans les arènes de Las Ventas et un total de 17 oreilles.


Laisser un commentaire