Cagancho

Joaquín  RODRÍGUEZ  ORTEGA  “CAGANCHO”

Il est né à Séville, dans le quartier de Triana, le 17 février 1903. Il est mort à Mexico le 1er janvier 1984.

Ami d’enfance de Gitanillo de Triana, dont la cape l’inspirera, la vocation se réveille tôt chez ce torero gitan aux yeux verts et à la peau oliveâtre. Il torée sa première novillada en 1923 à San Fernando puis se présente à Séville le 25 juillet 1924. Il triomphe pleinement à Valence en 1925 et le 4 juillet 1926 il déchaîne les passions du public barcelonais par son toreo de cape. Il répète son triomphe dans ces arènes le 25 juillet puis il impressionne aussi les madrilènes par son art et son temple, le 5 août 1926, jour de sa présentation dans la capitale. Cagancho devient matador de toros à Murcie des mains de Rafael El Gallo, le 17 avril 1927 face à Orejillo de Carmen de Federico et il confirme son alternative face  à Naranjo de Montalvo avec Valencia II pour parrain, le 22 juin. En 1930 il parvient à toréer 68 fois en Espagne. Il est blessé à Madrid le 7 mai 1931, ce qui marque le départ d’une inflexion descendante dans sa carrière. Pour la corrida d’inauguration des arènes de Las Ventas, le 21 octobre 1934 il réalise une faena qui lui permet de couper un trophée. Connaissant des hauts et des bas d’un toro à un autre ou d’une saison à l’autre, celle de 1935 sera somme toute assez bonne. Le 16 août 1936, en pleine Guerre Civile, il est, poing levé, au paseo du festival dit patriotique organisé dans la capitale espagnole. Ses admirateurs auront encore quelques fois l’occasion de se délecter de son Art, comme en 1948 dans les arènes madrilènes de Carabanchel. Il a toréé sa dernière corrida à Barcelone le 6 septembre 1953 avant de partir s’installer au Mexique où il va toréer toute l’année suivante. C’est cependant le 28 février 1964, lors d’un festival dans la capitale mexicaine, qu’il se fera couper définitivement la coleta.

Cagancho fut un véritable torero artiste, capable du meilleur comme du pire. Il devint meilleur matador en avançant dans sa carrière et, avant Manolete, il toréa à pieds joints, de profil et la muleta en retrait. Il est incontestablement l’un des grands artistes inspirés de l’histoire de la tauromachie et l’idole de l’afición mexicaine. Voici sa phrase la plus célèbre, restitués ainsi par José Bergamín : “L’affirmation gitane du torero Cagancho qui disait qu’ « au-delà de Despañaperros on ne torée pas, on travaille »1« .

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1. In La claridad del toreo p. 34.

 


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