Ça repart en douceur

A cette époque de l’année j’aurais publié un bilan intermédiaire de la saison mais celle-ci n’a vraiment débuté qu’hier avec le geste torero de Beaucaire : être prudent et respecter des règles oui, ne plus vivre non.

Un grand novillo de Dolores Aguirre (malgré une sortie en faux à la troisième rencontre) a rencontré un novillero à l’ancienne, de l’école de Paquiro, au propre comme au figuré, qui perdit au moins un trophée après en avoir obtenu un d’un novillo de Conde de la Corte.

Jusque là, la temporada avait consisté en une novillada non piquée à Magescq avant l’interruption puis à quelques fiestas véritablement camperas dans quelques ganaderías et un festival à Brocas. Pour l’instant, les seuls spectacles majeurs programmés en août sont ceux de Béziers et des Saintes Maries, en attendant les ferias de septembre : Arles et Nîmes (celle de Saint-Martin étant finalement reportée) sans compter la journée organisée à Istres en octobre. Les arènes du sud-ouest, plus petites sont désavantagées mais tout de même on est surpris de ne rien du tout à avoir à se mettre sous la dent tout l’été durant. Heureusement, Dax, premières arènes du Pays d’Adour organise une grande journée taurine au début de l’Automne.

En Espagne, Valdemorillo (avec un triomphe important de Luque) et Olivenza ont été les seules ferias du début d’année. Celles d’Avila ont été les premières arènes de seconde catégorie a ouvrir leurs portes (sortie a hombros de López Simón et corrida correcte d’Adolfo Martín) mais celle de première n’ont encore rien annoncé, question d’assurances sans doute. La Maestranza annonce que la feria de San Miguel se déroulera comme prévu si la capacité d’accueil passera de 50 à 100 %.

Si celles-ci ne jouent pas leur rôle naturel de figure de proue, les autres arènes andalouses, mise à part sa rivale, Malaga, seront la scène de la plupart des courses espagnoles de cet été : Osuna puis Huelva avec deux corridas puis, Estepona, El Puerto, Sanlúcar (corrida de Miura), Priego, Santiesteban et Las Navas, auxquelles il faut ajouter Andújar et Fuengirola mais aussi Linares, Villanueva del Arzobispo (victorinos), Baza et surtout Grenade et Cordoue avec un mano a mano très attendu le 12 octobre (Morante vs Ortega), sans oublier le cycle de novilladas télévisé par Canal Sur (sans public sur les deux dernières novilladas) et les 4 novilladas piquées du Circuit des Novilladas d’Andalousie organisé conjointement par la région et la Fondation du Toro de Lidia (Aracena, Sanlúcar, Antequera et Úbeda). Il n’y aura donc que la province d’Almería qui n’aura connu aucun spectacle taurin cette année.

En plus de ces 14 corridas, la Fondation du Toro de Lidia annonce fin septembre l’oraganisation de 11 corridas supplémentaires en Andalousie (Cabra, Úbeda, Montoro, Antequera, Aracena et Sanlúcar) plus trois novilladas (Fuengirola) d’ici à la fin de la saison et quatre autres entre Barcarrota (Badajoz) et Logroño.

Pas grand-chose ailleurs en dehors de l’Estrémadure (Mérida ou Herrera), Castilla-La Mancha, comme à Añover, Manzanare, Consuegra ou Almoguera, et Castille-et-Léon (El Espinar et Astorga, en plus d’Avila, déjà citée). Dans la très taurine Communauté de Madrid, les quelques spectacles annoncés ont finalement été annulés par les autorités régionales pour cause de recrudescence de la pandémie.

Dans la plupart des villes évoquées, un dénominateur commun : Enrique Ponce qui prend en charge ce qui reste de saison. Pour Roca Rey, il semblerait qu’une année sabbatique ne soit pas un problème (une de plus pour Talavante ou José Tomás); il ne semble pas prêt à baisser son cachet même pour défendre la tauromachie comme un spectacle essentiel, celui de la victoire sur la Mort, celle qu’on ne veut plus voir mais qui a surgi avec force dans nos vies avec ce satané coronavirus.

Espérons que les corridas programmées en France et en Espagne au mois de septembre seront une réalité et que malgré l’annulation de certaines ferias les organisateurs feront leur métier pour au moins des spectacles isolés, quitte à inventer des formules moins coûteuses à produire avec de formules de quatre toros et un novillo par exemple. Il serait d’ailleurs bon que l’UVTF régule les fiestas dites camperas aux formats très différents les unes des autres.

Au milieu de ce champ de désolation, c’est bien leur droit, les toreros se battent pour que justice soit faite et le Ministre de la Culture espagnol, M. Rodríguez Uribes, vient de reconnaître certaines « lacunes » pour faire référence à l’absence de subsides perçus par le secteur taurin. On verra bien si les mots seront suivis d’actes car souvent, comme en Andalousie où pas un centime ne lui a été versé sur les 23 millions d’aides affectées à la Culture, les bonnes paroles restent lettre morte.


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