le film documentaire, c’est quoi ?

Petites notes sur le film documentaire

Un peu d’histoire  : quelques noms incontournables

  • –  les frères Lumière
  • –  le cinéma allemand (1914/1819)
  • –  le cinéma russe (1917/1951)
  • –  Robert Flaherty et son film Nanouk l’esquimau (1922)
  • –  La France des années 30 et le « réalisme poétique »
  • –  Le cinéma allemand (1933/1945)
  • –  Le cinéma direct (les années 50) …Définition :
    Genre cinématographique à part entière et opposé au cinéma de fiction, on appelle documentaire un film qui a caractère de document, un film qui s’appuie sur des documents pour décrire une certaine réalité ou l’arranger selon les convenances. Il diffère de la fiction dans la mesure où il a généralement un but informatif, le sujet étant une réaalité et non une histoire imaginaire ou adaptée. Pour réaliser un documentaire, il n’est pas impossible de faire des reconstitutions de certains faits ou éléments manquants. Dans ce cas de figure, on parle de « mise en place » alors qu’en fiction, on parle plutôt de mise en scène.Le documentaire se propose donc, à partir de prises de vues (et sons) considérées comme des documents, de se référer au réel, de le restituer sur l’écran et, éventuellement, de l’interpréter. Il est généralement accompagné d’un commentaire off qui a valeur de présentation et d’explication. Ce commentaire off (que l’on peut rédiger après la définition du sujet, l’investigation et la recherche des documents et informations nécessaires à l’écriture de la trame, la trame et la segmentation…) peut alors servir de base narrative pour l’exposition des faits (comparable au «scénario» dans le cas d’une fiction). Les tournages dans ce cas de figure seront faits en fonction de ce qui est écrit dans le texte off.

    La phase d’écriture a une importance capitale dans la réalisation d’un documentaire.

    Selon la configuration donne?e, un documentaire peut intégrer des interviews, mais ceci n’est pas une obligation. Il se construit comme un sujet littéraire (introduction, développement, conclusion) à partir d’une trame précise du sujet. On choisit généralement un angle d’attaque, des priorités en termes d’informations à transmettre, avant de rédiger le contenu chronologique.

    Un documentaire suppose une exploration profonde du sujet, avec un maximum d’informations que l’on donne dans une logique discursive (cohérence du traitement du contenu).
    Genre cinématographique noble, le documentaire est très exigent : recherches; documentation; investigations sur le terrain, exactitude des informations à transmettre; patience et méthode pour le film animalier …

    Par définition, la description, la présentation « neutre » et « objective » de la réalite? et/ou son arrangement (travestissement de la réalité) sont les deux approches ou options de traitement du sujet. Cependant, il faut nuancer les propos : parler d’objectivité et de neutralité c’est évoquer l’idée de la « non implication » de l’auteur, une des règles déontologique en matière de journalisme. Or, on peut bien rechercher la neutralité mais, le choix par exemple de formulation de phrases dans son texte off, le choix d’un angle d’attaque, le choix de certaines taille plan, le choix d’une option de montage…sont déjà une implication personnelle. D’où la difficulté de parler de la non implication des auteurs en matière de transmission de l’information (dans les films documentaires ou les reportages). La frontière entre travestir l’information ou observer la neutralité est donc mince et poreuse.

Il existe plusieurs types/genres documentaires, selon la nature du sujet et l’option de narration choisie :

– Film ethnologique :
Documentaire dont le thème est une tribu, une ethnie, une population, une civilisation… Ce
type de film s’attache à étudier les modes de vie, les mœurs, les traditions, les valeurs …du sujet, pour mieux le connaître. L’approche est scientifique, et le but informatif. Le sujet est traité de manière méthodique, avec égard, respect et profondeur. Dans la réalisation, on prend le temps nécessaire pour que le résultat de l’étude soit conforme à la réalité étudiée. Ces films sont faits par /ou avec le concours des ethnologues qui prennent le temps de vivre au sein de la société à  étudier, afin de voir et de cerner ses réalités. Les « populations » filmées ne sont pas perçues et montrées comme de simples curiosités attractives ou touristiques. (Cf Nanouk l’esquimau de R. Flaherty). On associera en France des cinéastes tels que Jean Rouch ou encore Raymond Depardon.

– Film ethnographique :
Documentaire traitant également d’une société, d’une tribu ou d’une population donnée (existence, traditions, mœurs, valeurs…) ; à la différence que le produit est avant tout voué à une exploitation commerciale. Ici, il n’y a pas une réelle approche d’étude scientifique. Le sujet sommairement bâclé est réalisé sur une période de tournage assez courte, et ne donne qu’un aperçu de la réalité explorée. Le sujet filmé est vu et présenté comme une curiosité, une découverte qui va susciter un quelconque intérêt chez le « voyeur ». La présentation est celle d’une vision « touristique » réduisant le sujet à quelques particularités. Le format « 13 minutes »  convient souvent à ce type de film.

– Documentaire humaniste :
Film traitant d’un problème ou d’une situation vécue par une certaine population, une catégorie sociale, avec une esthétique poétique. Il valorise ces populations, en insistant sur les difficultés qu’elles rencontrent, et les solutions qu‘elles mettent en place pour résoudre leurs problèmes.

– Film de compilation :
Documentaire traitant un thème ou un sujet de façon épisodique. La narration est organisée en modules ou parties recouvrant des périodes ou des aspects du sujet abordé. C’est une tradition initiée par le cinéma soviétique école ayant fournie de grands cinéastes monteurs : Vertov, Koulechov, Eisenstein ou encore Esther Choub qui est l’une des premières à proposer ce genre de film).

– Film de voyage:
Sorte de recueil ou symphonie d’images issues de voyages effectués le plus souvent dans les contrées éloignées. On le classe dans la catégorie « film de découverte ». Il peut avoir une vertu géographique ou une valeur touristique.

– Documentaire propagandiste : film partisan, vantant les mérites, les bienfaits …d’une idéologie, d’une personne, d’une nation, d’un parti…qu’il présente comme l’unique, sinon la solution ou la meilleure alternative. Il magnifie et arrange cette réalite? pour la rendre idéale. C’est tout aussi un film d’information, même s’il présente l’inconvénient de travestir l’information sur la réalite? montrée, en l’arrangeant selon les convenances. L’histoire des cinémas Russe allemand nous en donne quelques exemples (Cf. le triomphe de la volonté de Léni Riefenstahl)

Le docudrame (docudrama) : ou « docu – fiction », c’est un documentaire réalisé sous-forme de fiction (Cf. l’odyssée de l’espèce). Il est écrit et réalisé comme une fiction mais conserve toute sa valeur informative. Plusieurs chose peuvent dicter ce choix narratif : le manque de documents sur le sujet; la recherche de l’accroche ou de l’originalité (éviter le côté rébarbatif que peut avoir un documentaire classique)…

Essai cinématographique
Sorte de « poétique de la pensée» (si on s’en tient à l’héritage littéraire), l’essai au cinéma se définit commeétant une démarche introspective, une expérience dont le but est de prendre la mesure de sa propre pensée qu’on expose à l’opinion publique. Des cinéastes tels que Michaël Moore, Alain Resnais,…peuvent être définis comme des essayistes. Les notions d’engagement (politique, social, humain…), d’expérience (vécue et formelle) s’y retrouvent comme en littérature.

C- DIFFERENCE ENTRE DOCUMENTAIRE ET FICTION

Documentaire //  Fiction

Présence humaines : Personnes et protagonistes……//…Personnages
Monstration : Mise en place-reconstitution……..//…….mise en scène

But : informer, expliquer, présenter……//…divertir, amuser, émerveiller, questionner
Lieux : naturels – réel- voire recréés ..//…..décors imaginés ou reconstitués
Sujet : réalité passée, présent, futur….//..Histoire imaginée ou adaptée (simulacre du réel).
Ces frontières peuvent quelques fois être franchies (cas de docudrama)

Contenu d’un documentaire (éléments non exhaustifs permettant de traiter le sujet)

  • –  la voix off (importante mais pas obligatoire)
  • –  les interviews (pas obligatoires)
  • –  les plans de coupe et d’illustration, les images d’archives
  • –  les illustrations graphiques ; les effets spéciaux (pas obligatoires)
  • –  les bancs-titres
  • –  les titrages et sous titrages
  • –  les éventuels éléments fictionnels: reconstitutions/ mise en place (pas obligatoire) –CONCEVOIR UN DOCUMENTAIRE (e?tapes)1- définir le sujet : il est variable (historique, scientifique, fait socioculturel…) ;

    2- investigation et recherche de documents relatifs au sujet ;

    3- inventaire des documents trouve?s ou disponibles, repérages ;

    4- tri, organisation et classification des documents trouve?s : par catégories, par thème, par nature (photos, films, tableaux…)

5- choix du contenu (on ne peut pas tout montrer) à aborder et de l’angle d’attaque (que choisit-on de montrer ou de dire sur le sujet). Elaboration de la trame et du canevas (organisation des différentes parties ou segments) ;

6- développement (écriture du sujet). Elle se résume très souvent au commentaire off qui va accompagner les images. Ce commentaire peut ainsi faire office de « scénario » ou plus exactement du conducteur (texte + emplacement des interviews + les prévisions images et sons de chaque segment), et les images sont tournées en fonction du texte écrit (rédaction du découpage technique voire du story-board pour un docudrame)

7- tournages sur site (prises de vues et sons, interviews…) ou reproduction (sur plateau : « bancs-titres ; reproduction informatique au scanner…)

8- tri et maquettage (montage brut). Ici, différentes organisations narratives sont possibles :

  • symphonie d’images et sons sans voix off : elle a le me?rite de laisser les images et sons’exprimer d’eux-mêmes (cas du film micro cosmos)
  • le commentaire off précède les images : le texte parle de quelque chose, et on la voitpar la suite. Psychologiquement, cette forme de narration prépare et anticipe la compréhension : le spectateur reçoit une information par le texte et attend de la cerner par l’image qui arrive peu après. L’effet psychologique est positif s’il n’y a pas un grand écart temporel entre la voix et l’arrivée de l’image.
  • On parle de quelque chose en même temps qu’on la montre : c’est le principe de la redondance. Il permet de mémoriser rapidement l’information transmise.
  • Les images précèdent la voix off. Cette technique narrative peut présenter l’inconvénient de perturber l’attention du spectateur qui risque de perdre le fil du commentaire car le référent image lui semble lointain ; ce qui l’oblige à faire des efforts en essayant de se rappeler les images dont parle le texte.9- fabrication des éléments d’habillage (graphiques, tableaux, …)
    10- post-production image et mixage son (montage final, habillage).
    11- vente, diffusion…

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