Seules les bêtes

Sortie: 4 décembre 2019                      Genre: ThrillerPolicier

Réalisé par: Dominik Moll                   Durée: 1h56

RÉSUME:

Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempe?te de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau ou? subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste, cinq personnes se savent liées a? cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé? loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent ou? le soleil bru?le, et ou? la pauvreté n’empêche pas le désir de dicter sa loi.
– Rencontre au Lycée Albert Londres de Cusset avec Colin Niel, auteur du livre Seules les bêtes.

Seules les bêtes est un film assez mystérieux et énigmatique, adapté du livre du même titre, qui nous plonge dans une ambiance lugubre tout en gardant une grande part de réalité. On réfléchit à la façon dont les événements ont été tournés et mis bout à bout pour créer cette spirale qui ne s’arrête pas. On retrouve comme sujet principal l’illusion, cette impression que les mensonges que l’on fait aux autres semble nous retomber dessus et nous hypnotiser à leur tour. C’est l’ambiance et les couleurs du film avec la neige et le brouillard qui accentue cette impression de lourdeur et même, de peur. Dans leurs mensonges et leurs tromperies chacun des personnages a contribué à élargir cette spirale remplie d’artifice. Et à cause de cela ils deviennent tous un peu fous, seuls et abandonnés, car ce qu’ils pensaient pouvoir cacher et maîtriser s’est retourné contre eux. Malgré quelques scènes qui nous mettent dans l’incompréhension c’est un film avec un format inhabituel qui procure au spectateur l’envie de réfléchir sur sa propre condition d’homme et de ce que le mensonge peut engendrer, car lorsqu’on pense maîtriser quelque chose, c’est là que cette chose montre que c’est elle qui dirige notre vie.
Lisa

interview de Laurent Rouan , monteur
Laurent Rouan a déjà travaillé avec Dominik Moll sur d’autres projets donc un climat de confiance s’est instauré entre les deux. Le métier de monteur consiste après le tournage à finaliser l’enchainement des séquences sous les conseils du ou de la réalisatrice. En général , il/elle n’est pas présent-e sur le tournage et préfère avoir un oeil neuf sur l’histoire pour rester au plus proche de ce que pourrait ressentir un spectateur/trice quand il/elle découvre le film.
Le but du réalisateur est d’essayer d’être au plus près de la trame narrative et du ton de Colin Niel , l’écrivain: dans ce thriller littéraire où chaque partie est prise en charge par un personnage (Alice, Joseph, Maribé, Michel), on perçoit la solitude des agriculteurs du Causse, le climat rude , la neige qui blanchit et cache les traces. Le film reproduit cette forme narrative puisque il est composé lui aussi de différentes parties intitulées Alice, Joseph, Marion, Michel mais le point de vue adopté n’est pas aussi subjectif que dans le livre car cela aurait gêné la compréhension. On remarque cependant 2 différences majeures par rapport au livre : dans le roman, Joseph ne se suicide pas et Monique la jeune ivoirienne n’a pas de rapport avec le mari de la femme disparue, on reste plus dans le flou en ce qui concerne le devenir des personnages. La scène finale est peut-être de trop, mais le parti pris est de maintenir une tension et une dramaturgie jusqu’au bout. C’est très bien fait. Le casting est bien trouvé, je trouve les acteurs/trices très justes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *