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Voyage en Russie

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Le voyage en Russie auquel nous avons participé peut se résumer en un mot par les élèves concernés : INOUBLIABLE.
Tout a commencé à Clamecy, sur le parking du Lycée. Chacun faisait la connaissance du reste du groupe. Avant le départ, aucun élève ne connaissait tous les autres. Nous étions alors tous plus ou moins anxieux. Nous ne savions pas vraiment ce qui nous attendait là-bas, comment nous accueilleraient les familles russes, et nous redoutions quelque incident en raison de la tension politique actuelle entre la France et la Russie suite au cas ukrainien. Heureusement, il en fallait plus pour nous dissuader d’entreprendre un tel voyage. La petite troupe ainsi réunie s’est donc répartie dans les voitures de mesdames Rey et Letisserand pour gagner Paris, sous une nuit d’encre. Arrivés à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, nous avons été rejoints par Laura, Camille-Alix, Carmen et le couple Piat (membres de l’association franco-russe), pour procéder à l’enregistrement des bagages. S’en suivirent le passage sous le détecteur de métaux, et l’attente aussi longue que stressante avant de monter dans l’avion, une première fois pour certains d’entre-nous. Les deux vols furent calmes, les nuages masquant le paysage, qu’il fût français, allemand ou russe.
Débarquement à Moscou.IMGA0041 Mise à part Mme Rey, personne d’entre nous n’avait vu de ses propres yeux la Russie. La visite de la ville se fit en grande hâte et en totale admiration de l’architecture grandiose et colorée qui s’offrait à nous à chaque coin de rue, jusqu’à un paroxysme sur la place rouge, d’où l’on se régalait en même temps du Kremlin, de la cathédrale de Basile-le-Bienheureux et du musée historique de Moscou, entre autres merveilles. Ayant recours au métro de la ville (fort luxueux d’ailleurs) pour rejoindre la gare, nous y parvînmes rapidement, mais il fallut ensuite arpenter ses halls bondés de monde sur plusieurs étages avant d’être sûrs du lieu de notre départ pour Saratov. Le voyage en train qui nous attendait devait durer environ 17 heures, mais s’annonçait déjà agréable. Nous nous installions dans des chambres fermées comportant chacune quatre places, et dans lesquelles nous nous sentions plutôt bien lotis.
Enfin, après de longues heures de transport confortables, nous arrivions à une gare dont le quai s’avérait être rempli de têtes que nous connaissions déjà. On reconnaissait aisément les visages de Piotr et Ruslan, de M. Piolé, des deux professeurs russes, Anna Zubkova et Marina Nikonova, et bien sûr de nos correspondantes, que nous n’avions pas vues depuis l’année passée. Que d’émotions et de souvenirs nous submergeaient tout-à-coup ! Chacun se remémorait ce qu’il avait vécu au côté des élèves russes, et il devait en être de même pour elles. Pour achever cette journée du mardi 25 mars, on s’installa tranquillement dans nos nouveaux foyers et, passé le repas du soir, on décida nous-mêmes du programme de la première fin de soirée à Saratov. Pour la plupart fut adjugé une courte promenade au bord de la Volga, qui traverse la ville.
Le mercredi 26 mars, notre journée commençait par la cérémonie d’accueil des Français par les russes du Gymnasium n°2. Il faut savoir qu’en Russie, les écoles comme celle-ci restent ouvertes en période de vacances, et les élèves s’y rendent à volonté. L’accueil fut d’abord traditionnel (défilé de quelques jeunes filles magnifiquement parées de grands manteaux de fourrures, présentation du pain et du sel en signe de paix et d’amitié), puis vinrent une présentation de l’école, quelques morceaux typiques de Saratov joués à la dumra (instrument de musique traditionnel à cordes) et à l’accordéon, puis une jeune femme nous chanta « Bambino » de Dalida, avant un dialogue entre les élèves des deux pays. Le but de ces activités était de faire connaître et apprécier la culture russe aux Français et réciproquement. C’est là que nous avons réalisé à quel point le système scolaire russe différait du nôtre. La grande rencontre s’est conclue par une séance photo de l’ensemble des personnes présentes.
A midi, nous avons déjeuné ensemble dans le réfectoire du Gymnasium, après quoi les professeurs firent une présentation détaillée de Saratov pendant que nous visitions la ville.IMGA0097
Le jeudi 27, nous avons visité l’atelier de poterie saratovien et manié la glaise pendant qu’une guide nous contait l’amour qu’elle avait pour son métier. L’après-midi, ce fut la découverte du prestigieux musée des beaux arts, où sont conservées plus de 3000 œuvres de peintres russes et français. Nous y découvrîmes l’art pictural russe qui nous était inconnu.
Le vendredi 28 était dédié à la découverte de Gagarine et du panorama de Saratov. Un minibus nous emmena sur le lieu même de l’atterrissage de l’astronaute russe, le premier dans l’histoire de l’humanité à avoir gagné l’espace. Le trajet était agrémenté de l’historique de Saratov, d’Engels et de Gagarine, expliqués par une guide en français. Le site a été aménagé avec une statue du héros érigée devant une petite fusée à la quasi-verticale, une capsule en l’état et le portrait de chaque personnage important dans l’histoire du premier vol spatial au monde. Retournés en ville, ayant mangé au Gymnasium, nous sommes ensuite montés jusqu’au sommet d’une colline aménagée en monument pour la gloire des défunts de la seconde guerre mondiale. C’est un monument grandiose. Le point culminant de l’installation nous offrait une vue générale de la ville de Saratov, depuis une altitude impressionnante. Derrière le monument s’alignaient des engins de guerre véritables, conservés depuis 1945. En prime, nous sommes allés visiter une sorte de village-musée, dont chaque bâtiment illustrait l’art de vivre d’un pays précis. Nous nous sommes surtout attardés dans la visite d’une maison ukrainienne, très élégante à l’intérieur comme à l’extérieur.
Le samedi 29, il était prévu que nous visitions Volgograd (anciennement Tsaritsyne, puis Stalingrad), mais – à la grande déception générale – la neige tombée pendant la nuit avait formé un épais manteau qui nous empêchait de prendre la route. En Russie, les moyens déployés contre la neige sur les routes sont à peu près équivalents à ceux de la France. Pour combler 12 heures de « trou », les familles surent nous occuper avec shopping et visites.
Notre voyage s’est achevé dimanche par une visite au musée ethnographique pour certains, et le soir, pour tous, un spectacle au cirque sédentaire (l’équivalent à Saratov du Cirque d’Hiver à Paris).
Le lundi, il fallut nous résigner à regrouper nos affaires et faire les bagages. Il nous restait tout de même une matinée et un début d’après midi pour profiter pleinement des derniers moments que nous devions passer ensemble. Cependant, vers les 16 heures, il fallut bien nous préparer à quitter nos correspondantes. Après maintes photos et des gestes d’au revoir – mais non d’adieux – nous acceptâmes les larmes aux yeux de voir se fermer devant nous la porte du train qui nous emportait déjà bien loin de Saratov.

Malgré la distance, nous gardions un souvenir impérissable de notre amitié réciproque,IMGA0223 et nous l’emmenions irrémédiablement avec nous. Le voyage du retour se déroula – presque – sans encombres, mais ce qui le différenciait totalement de l’aller, c’était que nous partions avec force désir de retour, que nos esprits à tous avaient été profondément marqués, et ils le resteront pour longtemps.

2 Commentaires

  1. Superbe rétrospective, je n’ai jamais visité la Russie mais votre récit m’a donné l’envie d’y aller; j’ai partagé à mes contact facebook. Encore merci ! 🙂

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