La Réforme des retraites 

Le printemps 2023 est marqué par de lourdes protestations et grèves en France. Un projet de réforme des retraites en est à l’origine. 

Une réforme aux enjeux ambitieux

Ce projet veut répondre au problème du déséquilibre croissant en France (comme dans bien d’autres pays) entre le nombre des actifs et celui des retraités, dû notamment à la baisse de la natalité et à l’augmentation de l’espérance de vie. Il faut donc rééquilibrer les comptes afin de pouvoir continuer à financer les retraites.
Le projet de réforme a donc pour objet d’augmenter l’âge de départ à la retraite (aujourd’hui fixé à 62 ans) de 3 mois par année de naissance à partir du 1er septembre 2023. Ainsi, en 2030, le départ sera fixé à 64 ans. De plus, il faudra avoir cotisé pendant 43 ans. Il propose aussi des adaptations pour ceux qui ont commencé à travailler jeune et les personnes porteuses d’un handicap. 

Des contestations, pourquoi ?

 On ne change pas l’esprit français, les contestations de cette mesure sont nombreuses. Partir à la retraite tard ? Pour 68% des français, non merci ! (chiffre obtenu par sondage du JDD, 14/01/2023). Certains opposants disent ne pas assumer leur métier lorsqu’ils seront plus âgés. C’est le cas de Michel, 58 ans. Au micro de France Info, il soutient ne pas se faire à l’idée de travailler deux trimestres de plus pour avoir une retraite à taux plein. Ouvrier, son travail est physique alors l’idée de faire quotidiennement travailler son dos et ses bras n’est pas un rêve pour lui. Il affirme toutefois continuer à travailler afin de pouvoir avoir une retraite à taux plein. 

“Les femmes ont été oubliées dans cette retraite” 

Voila ce que l’on entend souvent lors des manifestations. Ces femmes oubliées, c’est celles qui, en l’absence de services publics pour la garde des enfants en bas âges, choisissent d’interrompre leur carrières pour s’occuper de leurs enfants. Pendant cette période, elles ne cotisent pas. C’est donc un frein, car elles ne peuvent pas avoir une retraite à taux plein, sauf si elles travaillent quelques temps de plus. Une étude la la CGT (un syndicat français) affirme que 50% des femmes mettent ainsi en pause leurs carrière, contre un homme sur neuf, signe d’une inégalité bien marquée. Le projet de réforme ne prend pas en compte cette injustice.  

“Je ne trouve pas ça équitable, ce n’est pas logique”

déclare Isabelle, 59 ans, en recherche d’emploi dans une interview pour France Info. Après avoir travaillé toute sa carrière comme directrice dans un centre d’apprentissage, elle est licenciée en 2017 à cause d’un burn-out. Elle ne retrouve pas de travail depuis. Comme elle le dit elle-même, il est difficile de retrouver du travail après un certain âge. En effet, se faire embaucher alors qu’on approche de l’âge de la retraite est assez complexe, car les entreprises ne sont souvent pas intéressées par ce genre de profil. 

Des jeunes dans la bataille

Il est aisé de croire que les actifs seulement se sentent concernés par cette réforme. Ce n’est pourtant pas le cas. De nombreux lycéens un peu partout en France créent des groupes contre cette mesure afin de protester eux aussi contre cette réforme. C’est le cas de l’union lycéenne Terrifortaine, créée il y a un peu plus d’un mois à Belfort. Elle prévoit de prendre part à des manifestations et d’organiser un blocus pour montrer le mécontentement des lycéens qui y participent.

« En Allemagne, ce saut de 62 à 64 ans nous semble dérisoire » 

déclare Bernd Raffelhüschen, économiste allemand ayant participé à la commission d’experts prévoyant le report de l’âge de la retraite à 67 ans. Dans une interview pour le Point, il affirme que les Français doivent réaliser la légitimité des mesures à venir. En effet, en Allemagne, l’âge de la retraite est fixé à 65 ans et 11 mois, et d’ici 2029, il augmentera pour atteindre les 67 ans. L’Allemagne est un État en déficit démographique. Il est donc primordial que les retraites soient repoussées sinon il n’y aura plus assez de cotisants pour subvenir à toutes les retraites. Les débats sur cette réforme semblent donc illégitimes en Allemagne. 

Qu’en sera-t-il finalement ? Les français suivront-ils l’exemple de l’Allemagne ?

Pour l’instant, le débat sur le fond se double d’un débat sur la forme, en effet le gouvernement essaie d’imposer  son projet, et a donc utilisé devant l’Assemblée nationale un dispositif constitutionnel permettant de faire adopter un texte sans vote par les députés (article 49-3). Cela a provoqué la colère de l’opposition politique, et amplifié la contestation contre la réforme : les manifestations du jeudi 23 mars ont été très importantes, et la mobilisation des opposants à cette réforme se double aujourd’hui de celle des « anti-Macron »… :  le calme n’est pas encore revenu en France…

Résumé en anglais

Our spring of 2023 is very different from others. Indeed, there are some strikes about a pension reform made by Elisabeth Borne’s government.

In France, like in other countries like Germany, there are more deaths than births. It is also a problem for the pension because there are more pensioners than workers. 

To resolve it, the French government proposes to make people work longer. In 2030, they will finally receive their full pension if they work until 64 yo. (people with disabilities and people who started working at a younger age can also benefit from specific systems).

But the people are angry because they don’t want to work that long, in specifical old people who were just at the end of their careers.

Women are also furious because they are disadvantaged : indeed, if they choose to have children and stop working to raise them at home, they cannot contribute to pensions. In France, it’s the case for more than 50% of women.

We can guess that this strike is just followed by old workers and pensioners but it’s false. In fact, even young people in high school protest and express their disagreement. As a matter of fact, there is even a young group of strikers which was created. 

In Germany, this reform and all the strikes which follow it are weird because German people have also seen a reform like this one and they had no problem accepting it. 

Today, this law passed in our “assemblée nationale” but with a special article called 49.3. This article allows the government to pass a law even if the national assembly doesn’t vote on it. The only way to block this law is to vote on a motion of censorship. But it wasn’t voted and the strike continues, because the law isn’t ratified by Emmanuel Macron. We also know of huge strikes like last Thursday.

Photographies : François Goglins & Toufik-de-Planoise

L. (27 mars 2023)

Portraits d’anciens #56 Carine Bailly

 

J’étais au lycée Condorcet (que nous appelions à  l’époque lycée Roosevelt) de 1990 à 1994 (ayant bifurqué de la 1ère S scientifique à  la 1ere B économique).

J’ai ensuite intégré l’IUT Techniques de Commercialisation de 1994 à 1996.

Je suis rentrée ensuite dans la vie active via une agence immobilière dès la sortie du diplôme du DUT et ce, pendant 2 ans (jusqu’en 1998).

J’ai réussi ensuite et dans la foulée à intégrer 2 groupes bancaires (CE et BP) jusqu’en 2000 où j’ai rejoint mon employeur actuel, le groupe Crédit Mutuel.

Je suis aujourd’hui analyste caution pour les prêts immobiliers, sur Mulhouse. 

Je garde un excellent souvenir du lycée et ce, dans son ensemble…

Et même si je me souviens très bien du 1er jour de rentrée en seconde, avec un trac insoutenable et la peur de cet immense bâtiment imposant où je me sentais si petite (le pire souvenir que j’ai pu trouver) j’ai en mémoire une très bonne ambiance, de bons  professeurs et un personnel rassurant et à l’écoute… bref, une peur qui a très vite disparue …

Je n’ai donc aucune appréhension à y confier ma fille,  qui a elle-même très apprécié sa visite des lieux …

2023
1991

Portraits d’anciens #55 Gladys PORNET

  • Quel a été votre parcours professionnel après vos années au lycée Condorcet ? Quel est votre métier actuel ?

J’ai obtenu un Bac Littéraire avec une mention loupée de peu. Avec un 8 en philo coefficient 8, c’était évidemment compliqué. 

Après ça, je suis partie à Clermont-Ferrand, ville entourée de volcans à plusieurs centaines de kilomètres de Belfort. J’avais le projet d’y rester 3 ans pour faire une licence professionnelle de Guide Conférencier. J’y suis finalement restée 5 ans. Et vous l’aurez deviné, je n’ai finalement pas fait cette licence pro. À la base, ce que je souhaitais faire, c’était travailler dans le cinéma. Alors une fois arrivée là bas, j’ai entamé une licence d’Art du Spectacle, avec une spécialité cinéma. Après avoir hésité à passer les concours d’entrée pour La Fémis, je suis finalement restée sur place. Avec un peu plus d’expérience et quelques stages derrière moi, j’ai finalement décidé d’ouvrir de nouvelles portes et de me donner la possibilité de travailler dans des domaines plus variés. Je voulais avoir plusieurs cordes à mon arc. J’ai donc passé une maîtrise en gestion de projets culturels puis un master en management des industries créatives à l’IAE d’Auvergne. 

Une fois mon bac+5 en poche, je suis « montée à Paris », comme on dit encore de temps en temps. Quelques mois sont passés, beaucoup de CV ont été envoyés mais je n’arrivais pas à trouver d’emploi qui collait 100% à mon diplôme. Puis une opportunité s’est présentée à moi, qui était plutôt loin de ce que j’avais imaginé mais au final pas si loin quand même. Et surtout, c’était un emploi dans un domaine que j’aimais beaucoup et dans lequel je n’aurais pas forcément tenté ma chance si on ne m’y avait pas poussé : la publicité. 

J’ai donc intégré une agence de marketing digitale publicitaire en tant qu’Account Manager. En résumé, je gère un portefeuille de clients pour lesquels je mets en place des campagnes publicitaires digitales afin qu’ils acquièrent de nouveaux clients. C’est un poste polyvalent qui permet de travailler avec de belles et grandes marques. Ma vie professionnelle actuelle est loin de ce que j’avais imaginé en sortant du lycée, soyons clair. Je ne m’imaginais pas derrière un bureau et encore moins devant un excel à traiter des budgets publicitaires pour des marques de banque ou d’énergie. Mais beaucoup de mes tâches quotidiennes font malgré tout résonance à ce que j’ai appris lors de mes études. Mon profil de « créative » détonne au milieu de mes collègues qui sortent pour la plupart d’écoles de commerce, donc j’essaye toujours de faire de cette différence une force. 

Ce qu’il faut retenir c’est que vos diplômes ne sont qu’un tas de connaissances et de méthodes de travail, vous pouvez en faire ce que vous voulez, osez sortir des cases !

  • En quelle(s) année(s) avez-vous été inscrit au lycée Condorcet ? Combien d’années y êtes-vous resté(e) ?

J’ai été au lycée Condorcet pendant 3 ans, de 2010 à 2013.

  • Quel a été votre meilleur souvenir de votre (vos) année(s) au Condorcet ? Votre pire souvenir ?

Mon meilleur souvenir est mon voyage scolaire à Londres, en classe de terminale. J’avais si hâte de découvrir cette ville entourée de mes amis, d’aller sur Abbey Road, de voir Buckingham Palace, de me promener dans Camden Town. Une très belle semaine! 

Mon pire souvenir fut d’apprendre que mon premier vœu post bac avait été refusé. Je visais un BTS Audiovisuel mais les portes sont restées malheureusement closes face à mon dossier de littéraire.

Portraits d’anciens #54 Gabriel Courtot

Parcours professionnel, successivement :

Dans une unité d’un grand groupe fabriquant de biens d’équipement pour l’industrie, adaptés aux besoins des clients.

Soutien technique du réseau d’agences technico commerciales sur secteurs France. En liaison avec le réseau d’agences, les services juridiques, bureaux d’étude, achats, ateliers, contrôle, comptabilité.
Responsable technico commercial sur secteurs France, dont exportation indirecte puis France et export .
De l’appel d’offre et sa mise au point avec le client, élaboration de solutions et devis, négociations des commandes et suivi interne jusqu’à la livraison et paiement par le client.
Mise en place de fabrications partielles à l’étranger dans le cadre de financements étrangers pour des affaires à l’export.

Gérant d’une société d’ingénierie
Actuellement retraité.

En quelle année avez-vous été inscrit au lycée Condorcet ? 1962


Combien d’années y êtes-vous resté ?   Interne de la 5è à la terminale


Quel a été votre meilleur souvenir de votre (vos) année(s) au Condorcet ? Votre pire souvenir ?

Beaucoup de bons souvenirs – peu de mauvais souvenirs. Ce serait long à décrire.
Je ne sais pas dire quel est le meilleur et le plus mauvais.

Des profs de qualité à de rares exceptions près.
Au début, des cours dans des préfas mal chauffés l’hiver, donc le manteau en cours ; des cours de gym sous le préau, le long du faubourg de Lyon, au froid l’hiver, bien sûr.
C’était avant les constructions qui ont transformé ce lycée.

Quelques anecdotes d’interne. Internat sous contrôle !

Escalades d’un mur d’enceinte du fort de la Miotte lors de promenades hebdomadaire ; bien sûr, à l’abri du regard du surveillant. (C’était sûrement un peu dangereux !)

Les deux surveillants généraux veillaient à la discipline.
L’un d’eux faisait du zèle : il a probablement marqué nombre d’entre nous. On le craignait, mais on en riait.


Il nous attendait périodiquement en embuscade dans les escaliers, quand on descendait du dortoir pour aller au petit déjeuner :
– pour vérifier que nos chaussures brillaient
– pour vérifier que nos pieds étaient propres : on devait mettre un pied à nu, et il regardait entre les orteils. (Les douches, c’était une fois par semaine, dans un local très embué).

Quelques fois, on a du s’aligner dans la cour du haut, en fin de journée, puis il nous a fouillés à la recherche de cigarettes. La première fois, on ne connaissait pas son but, mais quelques-uns, qui se sentaient en défaut, avaient pris soin de jeter leur paquet, un peu loin avant qu’il arrive à eux.

Les contrevenants avaient, bien sûr, droit à une colle.

On le trouvait parfois, sur le lieu de destination prévu, de la promenade du mercredi, où il venait contrôler le comportement des potaches et de l’encadrement.

Portraits d’anciens #53 Isabelle LHOTE

Parcours professionnel :  institut des soins infirmiers  Belfort Infirmière DE. En retraite depuis 2 ans.

Inscription en 1972 jusqu’au baccalauréat.

Meilleur souvenir : remise des palmes académiques à mon père.

Pire souvenir : échec au baccalauréat.

Le lycée Condorcet, que j’ai connu sous le nom lycée de garçons,  puis lycée Roosevelt est MON lycée dans lequel j’ai fait ma scolarité de la 6ème à  la terminale et ai eu la chance, le bonheur d’y habiter du fait que papa (Mr BRUCHON Georges) y était censeur (proviseur adjoint aujourd’hui).

J’ai donc plein de souvenirs puisque j’y ai habité 20 années.

Ces immenses et nombreuses cours étaient pour moi (et mes sœurs) mes salles de jeux : patin à roulettes sous les arcades, luge quand les allées étaient enneigées et verglacées, partie de cache-cache dans tout le lycée,  leçons de conduite (démarrage en cote, apprentissage des créneaux, slalom entre les arbres qui ont malheureusement disparu), « jouer au professeur » dans une salle de classe attenant notre logement, avoir mon petit coin secret dans la Malbranche.

Certains professeurs restent dans mes souvenirs : Mr S. et Mr L. en allemand, Mr M.  en mathématiques,  Mr L. en physique et bien d’autres..

Habiter dans le lycée me permettait d’éviter les intempéries,  jamais de retard, mais plus de trajets avec les copains et copines..

Le fait d’être la fille du censeur n’était pas facile: relations confuses avec certains élèves…,souvenir de ma 1ere manifestation…devant toute l’administration.

Quelques années plus tard, ma fille Camille y est allée finir sa scolarité… à mon grand plaisir.