La Peine de mort #1

 Littér’Andaines #1 – La peine de mort

 

Le premier numéro de Littér’Andaines

peut être consulté et téléchargé gratuitement

sur le site internet du Lycée des Andaines :

PDF format A4 « lecture simple » : http://www.etab.ac-caen.fr/andaines/images/stories/profs/matieres/philo/lecture_pdf_a4.pdf

PDF format A3 « Impression » : http://www.etab.ac-caen.fr/andaines/images/stories/profs/matieres/philo/lecture_pdf_a3.pdf

( Prévoir une bonne agrafeuse pour le format A3 « Impression » ! )

 

 

Dans quelques mois la France fêtera le 30ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort. Le premier numéro du magazine « Littér’Andaines » a voulu préparer cette commémoration, en vous proposant une réflexion sur les liens étroits qui unissent la littérature de la peine de mort et les débats qui animent notre vie sociale. En quel sens une littérature abolitionniste peut-elle changer le cours des mentalités ? Comment se façonne cette littérature, comment convaincre, persuader un lecteur qui est farouchement favorable à la peine capitale ? En un mot : comment un livre peut-il influer sur la vie politique, sur nos moeurs, sur nos convictions, quand il s’agit de se prononcer sur ce sujet aussi vivace et conflictuel qu’est celui de la peine de mort ? Nos 18 élèves de Seconde ont décidé de relever le défi et de faire la lumière sur les pages les plus sombres  de cette littérature engagée.

  

 ( La plupart des archives consacrés à la peine de mort sont disponibles sur la page d' »ACCUEIL » où il vous faudra cliquez sur « plus ancien »  en bas de page)

ici quelques rétrospectives des activités de Septembre à Novembre :

Un petit point mi-Novembre :

L’article sur l’histoire de la peine de mort semble bien avancer. Attention avec la frise : vérifier qu’elle s’insère bien dans la mise en page. Et ne pas oublier qu’il faut aussi définir plus largement ce qu’est la peine de mort.

L’article sur la peine de mort lors de la Grande Guerre avance avec efficacité. Mais attention à ne pas perdre de temps avec une mise en page sous forme papier : les élèves ont téléchargé Scribus à la maison ; on peut espérer qu’ils en feront très rapidement usage : c’est bien.

L’article sur Jean Jaurès est déjà rédigé en grande partie. La mise en page a aussi commencé. C’est parfait. Mais il faut bien travailler la question de l’efficacité d’un discours sur les moeurs d’une société.

L’article sur Badinter accuse un retard certain. On s’inquiète ; mais on a aussi l’espoir : le binôme n’est pas en reste. Ils sauront hausser le niveau c’est certain !

L’article sur Camus stagne un peu, après une lecture active de L’étranger. Rédiger un résumé d’ouvrage c’est bien ; mais on aimerait aussi une réflexion, une interprétation, une analyse. Les élèves sont invitées à bien conceptualiser la question de l’Absurde et à compléter activement la distinction entre L’étranger et Réflexion sur la peine capitale.

L’article sur La ligne verte avance… à son rythme… : on aimerait que les élèves parviennent à rédiger un plus long texte sur ce qui distingue un livre ( de fiction ) d’un film, et sur la force de conviction de ces deux supports. La motivation du binôme est heureusement intacte : les rédactrices s’en sortiront c’est certain.

L’article sur les témoignages de condamnés ne semble pas assez documenté. Sur ce point c’est inquiétant. On attend là aussi une rédaction plus ample. Les pistes d’études ouvertes ces dernières scéances doivent être exploitées : les efforts vont payer !

L’article sur les témoignages de bourreaux rattrape bien son retard. Bravo. Mais il faut réellement sélectionner des passages décisifs du livre et commencer à les interptérer avec plus d’ardeur. Il faut commencer à rédiger la réflexion sur Meysonnier dès cette semaine. Bien pour la partie sur les Deibler.

L’article sur les caricatures est en bonne voie : bon travail. Reste à vérifier la qualité de « pixelisation » des dessins pour que l’impression soit vraiment bonne ; faire une mise en page moins « scolaire » ; compléter la réflexion avec un livre sur l’histoire de la caricature trouvé au CDI ( il est disponible dans le rayon sur l’art.. et toujours pas emprunté… [???] ) ; réfléchir encore sur une caricature trouvée  pour la peine de mort : selon le contexte elle peut paraître abolitionniste. A méditer.

 

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Bonne nouvelle pour ce début du mois de Novembre : Marlène et Océane viennent – enfin – de recevoir leur ouvrage : Paroles de Bourreau, par F. Meysonnier. Il a été le dernier exécuteur de France à s’exprimer. Avec l’ouvrage en main, Marlène et Océane pourront se mettre plus sereinement au travail, dès la séance du 5 Novembre.

Voici trois extraits ( distincts ? ) de ce témoignage poignant :

–  » Une fois, pour aller plus vite, pour suivre leur cadence, j’ai jeté la tête dans la corbeille, à deux mètres. La corbeille, elle est doublée de tôle à l’intérieur. Une tête qui pèse de quatre à six kilos, ça fait un sacré bruit, boooooumm !… en tombant sur la tôle, dans le fond en zinc de la corbeille. Ca a fait un bruit ! L’assistance était impressionnée. Mon père, ça ne lui a pas plu. Il m’a dit : « arrête ça ! Ca se fait pas. Tu te crois au basket ? Il y a des magistrats et les avocats. Ca a beau être des condamnés, il y a un peu de respect ». »

 –  » Je pense que cette fonction est unique dans la vie d’un homme. Pouvoir tuer son semblable et ne pas être inquiété pour cet acte. C’est un pouvoir incroyable : vous tuez un être humain et vous sortez non seulement libre mais avec la considération des gens. Ce qui me tranquillise, malgré l’horreur de l’acte, c’est de n’avoir exécuté que des criminels. Le cauchemar insupportable serait d’avoir mis fin aux jours d’un innocent. Pendant les exécutions, je me sentais investi du rôle du bon justicier qui défend les victimes. J’ai un profond sentiment de justice en pensant aux victimes. Je suis du signe des Gémeaux : personnalité double. Après les exécutions je redeviens un homme qui aime la nature et la vie, qui pense avoir de la chance d’être né d’un spermatozoïde sur des millions et ne pense pas à une autre vie car ce serait égoïste d’y croire. Nous sommes les maillons d’une longue chaîne. » ( Imago, page 200 )

 

–  » Moi qui fus exécuteur, en 1957 j’étais partisan de la peine de mort pour tout crime crapuleux. Et puis, avec le temps, ma position s’est nuancée. En 1981, mon idée sur la question, c’est qu’on devait conserver la peine de mort pour les crimes crapuleux envers les enfants et les vieillards. Maintenant, en 2002, je me range finalement à l’avis de ceux qui sont contre la peine de mort ; les idées ont changé, les mœurs s’adoucissent. Je suis le mouvement. La peine de mort, même si le peuple la demande, on ne peut pas revenir sur des trucs comme ça. On ne peut pas revenir en arrière. Mais pour les criminels dangereux et les multirécidivistes, il faudrait une véritable peine de substitution, qui soit équitable pour les familles des victimes.  » ( Imago, page 259 )

Julia DEHAIL et Morane DECRUCQ : La peine de mort : du concept à l’histoire

Rien de plus normal que de présenter en ouverture de notre dossier, ce vaste concept qu’est celui de la peine de mort et les grandes dates qui l’accompagnent. Ce sont Julia et Morane qui s’efforceront de présenter les grandes figures des courants abolitionnistes et non abolitionnistes, ainsi que leurs moments forts qui ont marqué notre histoire, en France comme à l’étranger. Et comme il s’agit toujours de parler de « Littérature » elles introduiront en outre un diaporama sommaire des grands ouvrages qui ont façonné cette question de la peine de mort. Pour l’heure, c’est l’idée d’une frise qui retient l’attention de nos deux rédactrices.

Claire DELAUNE et Lucie VOLCLAIR : Jean Jaurès

Si Jean Jaurès est connu pour son militantisme au sein du parti socialiste français, son engagement dans la défense de Dreyfus, sa participation dans la création du quotidien L’Humanité, il l’est cependant beaucoup moins pour sa prise de position foncièrement abolitionniste. Claire et Lucie tenteront de décortiquer dans les détails l’un des discours de Jaurès sur cette position. Comment fonctionne un discours – oral et/ou écrit – qui s’essaie à condamner la peine de mort ? C’est un texte court mais dense que nos deux élèves analysent à la loupe : quels sont les arguments qui persuadent, quels sont ceux qui cherchent plutôt à convaincre ? Qu’attend-on d’un interlocuteur quand on se lance dans un monologue ? Autrement dit, quelles sont les grandes figures de la rhétorique ? Derrière la figure d’un grand homme – Jaurès – c’est avant tout le texte, le phrasé, les processus dialectiques, qu’investigueront nos deux élèves.  Nous sommes début Octobre : elles expliquent, traduisent, commentent, interprètent… l’herméneutique fait son œuvre !

 

 Laura MENARDON et Juliette URVOY : Albert Camus, de L’étranger à la Réflexion sur la peine capitale

Personnage incontournable de la littérature du vingtième siècle, Albert Camus a écrit deux livres abolitionnistes : L’Etranger, et son Essai sur la peine capitale. Laura et Juliette se confrontent à cette profonde pensée de l’absurde qu’est celle de Camus, et ont la lourde tâche d’analyser ce qui distingue nos deux ouvrages. Parce qu’un roman n’est pas un essai, il s’agit pour elle de comprendre ce qui différencie deux styles littéraires, deux façons très distinctes de faire douter un défenseur de la peine de mort. En ce début d’année scolaire, nos deux chroniqueuses lisent paisiblement leurs ouvrages, le crayon à la main et la réflexion aux abois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Clément DUGUE et Pierre PILLAERT : Quelle littérature de la peine de mort lors de la seconde guerre mondiale ?

Qu’est-ce que la peine de mort ? Le concept s’étend traditionnellement à l’individu seul. Mais en quel sens le génocide ne pourrait-il pas être perçu lui aussi comme peine capitale – mais pour tout un peuple cette fois ? Clément et Pierre analysent ce qu’il en était au cours de la seconde guerre mondiale, avec poèmes et affiches à l’appui. Quelles différences entre torture et peine de mort ? Quelle rationalité derrière le crime, même quand il est prétendu légitime ? La peine de mort – celle de la Shoah – : le crime d’une nature ou d’une culture ? A travers toutes ces problématiques complexes, notre duo parcourt les documents, avant d’emprunter le difficile chemin de la rédaction.

 Robin SEGEON et Aubin LANDEMAINE : Robert Badinter et l’abolition de la peine de mort en France

 

1981 est une date incontournable en France : elle annonce la fin de la peine de mort, sous l’effet de l’énergie intarissable déployée par Robert Badinter. Homme de discours, mais aussi de lettres, Badinter a su changer la donne. Robin et Aubin ont décidé de se fixer sur une seule œuvre : L’Exécution. La mission de ce binôme est double. D’une part il s’agit de comprendre la structure argumentative du livre – un roman poignant, rédigé du point de vue de l’avocat, qui relate le procès d’un innocent conduit jusqu’à la guillotine ; d’autre part de voir quels ont pu être les effets du récit sur Badinter lui-même, puis sur nos mœurs et notre vie politique. Pour le moment nos deux rédacteurs analysent l’ouvrage, à l’affut des subtilités rhétoriques de Badinter.

Angélique SZIRMAY et Claire GUIBOUT : Du roman au film : La ligne verte

 La ligne verte est à l’origine un livre de Stephen King, et c’est devenu un classique du cinéma, réalisé par  Frank Darabont (1999) et interprété notamment par l’excellent Tom Hanks. Le film a obtenu quatre nominations aux Oscars. Le succès du livre comme du film témoignent à quel point une prise de position abolitionniste peut avoir des effets sur l’opinion, et donc sur nos mœurs, sur notre vie en société, et plus généralement sur nos façons de vivre ensemble. Angélique et Claire relèvent ainsi le défi d’étudier ce passage d’un roman à un film. Pourquoi un film plutôt qu’un livre ? Quelle est la valeur d’un livre face à un film, et inversement ? Au-delà de cette divergence, quelle est l’argumentation de cette fiction ? Comment une fiction peut-elle prétendre avoir des incidences sur la réalité de nos préjugés ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maëva PASQUIER et Alice MARTINEZ : Des témoignages de condamnés

 Pour être au plus près de la question de la peine de mort, Alice et Maëva ont décidé de scruter un vécu intime : celui des témoignages écrits des condamnés eux-mêmes. Que ces témoignages soient réalisés avanr l’exécution ou « après » ( quand l’accusé a pu être finalement innocenté ), elles tenteront d’évaluer ce qui les distingue des romans-fictions et des essais classiques. Quel  crédit accorder à ces témoignages subjectifs et réalistes à la fois ? A quoi bon écrire dans les couloirs de la mort ? Comment se façonne la rédaction dans le désespoir ? C’est à toutes ces questions – et à bien d’autres – qu’Alice et Maëva s’efforceront de trouver des réponses. En ce début du mois d’Octobre, elles sélectionnent les extraits de témoignages les plus instructifs.

 

 

 Marlène JAMES et Océane GUESDON : Discours d’un bourreau

 Pas facile de se décider pour un article : Marlène et Océane ont finalement opté pour l’étude du témoignage d’un bourreau. Bien sûr, ça fait froid dans le dos rien que d’y penser ! Mais le courage de nos deux rédactrices ne s’arrête pas là : l’étude d’un livre suppose que l’ouvrage puisse être lu… or il n’est pas encore arrivé dans notre CDI ! Il faut donc affronter la douleur de l’attente. Et quand il sera là, un autre obstacle se présentera peut-être à Marlène et Océane : savoir quelle est la qualité du livre qu’elles ont commandé. A-t-il matière à réflexion ? On le voit : c’est vers l’inconnu que nos deux élèves se dirigent ; on peut espérer que leur audace paiera : car c’est aussi cela le travail de l’investigateur, chercher les documents que tout le monde ignore. Pour l’heure, les deux rédactrices définissent ce qu’est un bourreau, en long, en large et en travers : nous croisons les doigts pour que le résultat final soit proportionnel à la hauteur de leur attente !

 

Barbara GUILLOUARD et Stéphanie DAVY : Caricature et littérature

 Barbara et Stéphanie ont décidé pour leur part de travailler sur la caricature abolitionniste. Leur article devrait a priori être le plus attirant au regard, car il s’agit d’examiner des dessins qui, par essence, frappent l’imagination. Mais comme on le sait, la caricature a du sens et s’entoure le plus souvent de bulles : c’est paradoxalement son aspect littéraire qui intéressera ces deux élèves. En quoi peut-on parler de littérature ? Qu’est-ce qu’un message et comment est-il délivré ? Pourquoi passer par la satire ? Comment se passe ici le passage du signifiant (dessiné) au signifié (abolitionniste). S’il ne s’agit a priori que de regarder des dessins, on s’aperçoit vite que leur étude exige en réalité un travail de longue haleine, tant dans la compréhension des messages des caricaturistes que dans la connaissance des dogmes linguistiques. En tout état de cause nous sommes dans les toutes premières semaines de travail et Barbara et Stéphanie ont déjà choisi leurs caricatures et rédigé quelques réflexions. Dernière problématique posée : pourquoi la caricature est-elle toujours abolitionniste et jamais ( ou rarement ? ) non-abolitionniste ? A méditer…

 

Commentaires (1)

-zjth mai 2012 at 15:33

c’est trop bien

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