La ludothèque québécoise

Pour la promotion de la culture et de l’expression orale en français langue étrangère à travers le savoir-faire ludique québécois

Où étiez-vous ?

Un jeu de Pascal Roussel et Christian Lemay édité par Le Scorpion Masqué.

I.      DESCRIPTION DU JEU

But du jeu

Pour les enquêteurs, faire condamner les suspects ; pour les suspects, être innocentés.

Règle de base

Deux des participants sont soupçonnés d’avoir commis un crime. Pour éviter la condamnation, ils devront se fabriquer un alibi et déjouer l’interrogatoire des enquêteurs. Un jury rendra son verdict.

Remarques

Il y a 12 cartes « Où étiez-vous ? » pour les joueurs plus expérimentés ; il est conseillé de ne pas les employer dans les parties d’initiation.

La boîte ne contient pas de chronomètre et il est utile d’en avoir un pendant la phase d’isolation.

Il existe une version éditée en France sous le nom « L’heure du crime ».

Matériel requis

44 cartes « Où étiez-vous ? », 2 cartes aide-mémoire. Exemple de carte « Où étiez-vous ? » : « Vous étiez… dans un village amérindien ».

Durée moyenne d’une partie : 20 mn

II.     ÉLÉMENTS POUR L’EXPLOITATION PÉDAGOGIQUE EN CLASSE DE FLE
Dispositif de travail

Ce jeu peut se jouer en grand groupe (jusqu’à 30 joueurs) ou par groupes de 5 joueurs ou plus.

La participation est individuelle pour les suspects, en équipe pour les enquêteurs.

Âge des joueurs

8 ans ou plus.

Niveau(x) de langue

A2 et plus

Principaux mécanismes de jeu

Ambiance, humour, bluff, expression, collaboration, enquête.

Activité(s) langagière(s) visée(s) dans l’adaptation

Réception orale, interaction orale et prise de parole en continu, médiation.

Compétence(s) générale(s) ou langagière(s) sollicitée(s) dans l’adaptation

Savoir, savoir-être, savoir-apprendre (conscience de la langue et de la communication, aptitudes heuristiques), compétences linguistiques, sociolinguistiques et pragmatiques.

 Objectif(s) pédagogique(s) potentiels

  • Poser et répondre à des questions.
  • Raconter.
  • Formuler des hypothèses.
  • Défendre un point de vue.
  • Argumenter et convaincre.
  • Donner des justifications.
  • Parler de son emploi du temps.
  • Anticiper des questions ; comprendre la logique d’autrui.
  • Systématisation des prépositions de lieu.

III.    ORIENTATIONS PRATIQUES POUR L’EXPLOITATION PÉDAGOGIQUE

Démarche

  • Nommer un jury, puis écrire au tableau les 5 phases du jeu (accusation, isolation, interrogatoire 1, interrogatoire 2, verdict) et expliquer les règles du jeu :

Ce jeu se déroule en 5 phases. Dans la première phase, l’accusation, le jury va inventer un crime et identifier deux suspects parmi vous qu’il accusera d’être coupables. Une fois identifiés, il va leur donner une carte « Où étiez-vous ? ». Tous les autres joueurs seront des enquêteurs. Le meneur va demander aux deux suspects où ils étaient à l’heure du crime et ils devront répondre ce qui est écrit sur la carte.

Dans la deuxième phase, l’isolation, les deux suspects vont sortir de la salle pour préparer en trois minutes leur alibi, c’est-à-dire, leur défense, toujours en prévoyant les questions que les enquêteurs vont leur poser. Pendant ce temps, les enquêteurs vont préparer l’interrogatoire afin de vérifier si l’alibi inventé peut se tenir. Les questions doivent concerner directement l’alibi et non le crime inventé ; elles doivent exiger des réponses courtes. Les enquêteurs vont formuler entre huit et dix questions.

Dans la troisième phase, le premier interrogatoire, le jury amène un seul suspect devant les enquêteurs pour être soumis à l’interrogatoire. Le suspect ne peut pas feindre l’oubli ou l’ignorance. L’autre suspect doit rester isolé. Le jury va prendre note de toutes les questions et des réponses.

Dans la quatrième phase, le second interrogatoire, c’est le tour de l’autre suspect : il devra répondre aux mêmes questions. Le premier suspect doit éviter toute réaction.

Dans la cinquième phase, le verdict, le jury doit décider si les suspects sont innocents ou coupables du crime et rendre son verdict en le justifiant.

  • Lancer le jeu.

Remarques sur l’exploitation pédagogique

Ce jeu convient particulièrement à la systématisation et au réinvestissement. Il peut aussi être utilisé pour l’évaluation formative.

L’enseignant doit préparer le jury, puisque celui-ci doit bien connaître les règles. Pour ce faire, on peut lui fournir la notice pour qu’il l’étudie au préalable.

Normalement, c’est un meneur de jeu qui tient individuellement le rôle du jury ; la notice de jeu envisage néanmoins la possibilité de composer un jury. Cette solution  nous semble mieux convenir à une exploitation pédagogique.

Pour créer un contexte ludique, il est recommandé de disposer les chaises en sorte d’imiter un tribunal.

L’enseignant et/ou les apprenants peuvent élaborer leur propre corpus de cartes « Où étiez-vous ? ».

Pendant le jeu, l’enseignant peut noter au fur et à mesure les erreurs et/ou difficultés linguistiques et langagières, qui feront ensuite l’objet d’une correction  en grand groupe.

Variantes suggérées

Pour diminuer la difficulté du jeu : on peut sélectionner au préalable des cartes « Où étiez-vous ? » qui proposent des endroits quotidiens pour les joueurs. Cela permet d’employer un lexique moins spécifique.

Pour augmenter la difficulté du jeu : on peut indiquer aux enquêteurs de formuler plus de dix questions ou utiliser les cartes pour joueurs expérimentés.

Pour faire travailler la réception orale : au lieu de laisser le jury inventer le crime, on peut faire écouter le récit d’un fait divers puis travailler sur la compréhension détaillée en vue de faciliter le travail des enquêteurs.

Pour faire travailler la production écrite : on peut demander au jury de rédiger son verdict, justification y comprise. On peut aussi, à la suite du jeu, demander de rédiger différents textes : un article de journal réputé, un article dans un journal à sensation, le récit des accusés à leur avocat pour faire appel, le récit qu’en fait dans son journal un membre du jury, le récit qu’en fait dans une lettre d’un membre de la famille de la victime, le récit d’un juriste dans un blog, etc.

Pour travailler autour de la grammaire : on peut imposer une contrainte grammaticale pour les questions (par exemple, commencer par « est-ce que… » ou introduire cette même structure dans toute les questions : « où est-ce que… », « comment est-ce que… » ; varier les pronoms interrogatifs…).

Pour en savoir plus

http://www.scorpionmasque.com/ou-etiez-vous

http://www.trictrac.tv/?video=67