La mère de Lucie est un oiseau, un ruisseau, un buisson de roses.

 » La mère de Lucie est un oiseau, un ruisseau, un buisson de roses. « 

La mère de Lucie, ici, est décrite comme les éléments de la nature. C’est une métaphore poétique. Elle compare sa mère à la nature sous différentes formes; comme l’oiseau vulnérable et fragile, le ruisseau comme étant le temps qui passe, et le buisson de roses comme étant la « méfiance »…
Sa mère et Lucie.L ont une relation très fusionnelle, elles vivent seules, toutes les deux à la maison. Elles ne se quittent jamais : « un fil vibre d’elle a moi pendant qu’elle tisse ». C’est une métaphore qui veut montrer qu’elles sont reliées. Elles ont aussi la proximité des corps : « c’est mon plaisir, nos doigts se touchent, à ma mère et moi« . Elles s’apportent beaucoup mutuellement, c’est pour cela que Lucie la décrit de cette façon.
Sa mère étant dépressive, Lucie.L, lui apporte : «  des masques joyeux qu’elle porte sur elle pour lui plaire « . On peut dire que ces trois éléments sont la « description » de la mère puisque : « elle est redevenue un oiseau, ruisseau, buisson de roses, elle n’a plus mal », elle va mieux grâce à la présence de sa fille, Lucie.L.
Lucie sait qu’elle est : « le soleil de sa mère ».
La mère de Lucie est comme un oiseau qui se laisse porter par le vent. Un ruisseau paisible qui s’écoule doucement. Quant au buisson de roses, on peut l’interpréter de deux façons, soit c’est la délicatesse ou soit le buisson piquant qui fait penser qu’elle se heurte aux difficultés de la vie. C’est trois éléments qui font office de métaphore montrent la dépression que vit la mère, sa « mort lente ».
Léa Courault

Trois vies en un jour

Je n’ai pas apprécié pleinement ce livre, j’ai eu du mal à le comprendre. L’auteur change constamment de personnages.
Cependant, je l’ai trouvé très touchant et poignant. Notamment la réaction de l’exécuteur face aux condamnés :  » La peau des condamnés, toutes réactions de leur chair, de leurs nerfs, il ne veut rien voir. Il refuse lui-même de découper les cols de chemises, les cheveux des femmes … »  (p100)
Ce qui ressort de ce livre, c’est son intensité. C’est vibrant d’émotion, certains passages montrent la rage, l’impuissance et la frustration vécus par ces trois personnages. Comme la frustration éprouvée par Lucie.L :  » Je vais tuer quelqu’un de plus. J’ai tué ma mère. Tué mes enfants. Je vais tuer de chagrin mon mari ...  »  (p128)
Cette histoire est atroce, voire horrible, elle montre la cruauté de cette époque. «  Allongée sur une table de cuisine, les jambes écartées, je l’ai senti, mon corps, le moindre nerf, chaque muscle  tandis que dans mon vagin progressait la pointe de le sonde ; et plus tard, quand la fièvre est montée et qu’un médecin de l’hôpital a curé a vif mon utérus …  » (p55)
La souffrance est omniprésente dans ce roman. Avec l’avortement subi dans le silence et la peur par Lucie.L, celle de la condamnée, Marie.G, qui attend sa mise à mort sans espoir de revoir un jour ses enfants, et celle du père exécuteur, Henri.D au fils suicidé.
Mais également l’amertume ressentie par Marie.G, avant l’heure de son exécution. «  C’est la première fois qu’elle dort la nuit depuis cinquante et un jours, voici l’aube et ils sont venus la chercher sans qu’elle s’en doute, tandis qu’elle marchait sur la plage avec ses enfants, ils sont venus en traître, quand elle s’y attendait le moins.  » (p133)
J’ai même eu de l’empathie pour ces personnages dont la souffrance a été construite par leur famille, et notamment par la relation de la mère à l’enfant.
Ce livre nous amène à réfléchir sur un sujet capital : l’avortement. Un sujet qui fait encore débat de nos jours. L’auteur veut nous faire prendre conscience des conséquences morales que peut avoir le destruction d’une vie.
Léa Courault