« C’est la nuit. Pas la vraie nuit encore, il reste du bleu et du jaune…

« C’est la nuit. Pas la vraie nuit encore, il reste du bleu et du jaune, quelque chose de la lumière du jour pas tout à fait effacée ».
Cette phrase explique que dans sa cellule, Marie G. a bien vu que le jour s’en était allé mais elle a cru que ce n’est pas encore la pleine nuit ; elle voudrait que le petit matin de son exécution soit encore loin. À travers la fenêtre de sa cellule, elle voit peut être un peu de ciel bleu, éclairé par la lueur des étoiles.
Marine Maurel

Toutes les chairs craquent

Après avoir lu le roman Qui touche à mon corps je le tue, tiré d’une histoire vraie de Marie-Louise Giraud, on peut voir les différentes conditions de vie, les véritables douleurs et les vraies souffrances endurées par 3 personnages dans ce livre.Les trois personnes de ce texte sont :  Lucie L. qui avortera dans l’obscurité de sa chambre, Marie G. qui sera condamnée et guillotinée puis Henri D. t bourreau, qui exécutera la condamnée.
Tout d’abord, nous trouvons beaucoup de descriptions sur les corps blessés des personnes qui nous montrent leur souffrance ; on imagine alors les conditions atroces dans lesquelles ils ont vécu : « Elle ne touche pas son ventre. Hier, la sonde plantée dans l’utérus, elle a roulé des heures à bicyclette. Elle a choisi les rues pavées. Elle a freiné fort, elle s’est retenue de vomir, de hurler à cause de la selle en couteau de boucher ».
Ensuite, ce roman nous parle de la mort, durant toute la lecture, il nous montre que dans les années 1940,la mort était omniprésente:  on pouvait mourir guillotiné, mourir des mauvaises conditions de vie ou avorter : « La manette est posée. Tout à l’heure, une simple pression du doigt actionnera le mécanisme, ouvrira la grenouille qui retient la flèche, libérera l’énorme masse du mouton surmontant le couperet. Le paravent, la corbeille sont mis en place, pour la tête. Pour le corps, la baignoire ».
En outre, les descriptions des corps nous font ressentir la souffrance comme si elle était en nous, en tant que lecteur. On imagine les véritables douleurs : « Toutes les chairs craquent. Tous les tissus. Tissus trop larges ou trop étroits, tissus de peau, tissus de soi ».