Souvenirs, souvenirs…

Lors du vendredi 16 Janvier 2015, mes camarades de ma classe et moi rencontrions le co-dirigeant et éditeurs des éditions Verticales, Yves Pagès. Lors de cette rencontre longue de deux heures, nous posions des questions plus ou moins précises sur la vie d’Yves Pagès, et ses choix, la plupart sur le recueil « Petites Natures Mortes au Travail.

La question qui m’a le plus marqué était celle de Pierre Taillandier, pour introduire sa question, il a joué un petit sketch de « Plutôt que rien », une nouvelle d’Yves Pagès. Cela l’a impressionné et émerveillé, c’est alors que Pierre lui demanda s’il pensait adapter certaines de ses nouvelles en version théâtrale ou encore musicale. Je fus très surpris de savoir dans sa réponse que cela existait déjà, il semblait fier que l’on ait repris ses œuvres.

Cette rencontre m’a plu du fait que j’ai pu en apprendre beaucoup sur la vie, sur l’histoire d’Yves Pagès. Cette rencontre m’a apporté beaucoup de savoir, a propos des critères d’écriture, de sa façon d’écrire, des études empruntées. Je sais maintenant à peu près comment se déroule la vie d’un écrivain.
Achille Popelier

Pion d’échec scolaire

Manupulé, voici ma fonction. « Manu par ci! Manu par là! Va faire ceci, va faire cela » Ce sont les seuls mots que mes supérieurs m’adressent. On me manupule le matin, on me manupule à midi, et on me manupule le soir. On me manupule pour surveiller des heures de colles, on me manupule pour surveiller la cantine, on me manupule pour surveiller les élèves internes. Et chaque jour, chaque fois, le même rire enfantin de certaines jeunes personnes à mon égard. Ai-je donc raté ma vie pour en arriver là? Suis-je un idiot à leurs yeux ? Il ne savent pas que Manu est un homme, Ils ont acheté son image pour qu’il surveille ce qu’il n’y a pas à surveiller. On me manupule tel un pion sur échiquier diabolique du système scolaire. Il me manupule à leur guise. Oui, je vous assure! Ces dirigeants, ceux à qui je lèche les bottes pour ne pas me retrouver à la place de ceux que je surveille. Oui eux, ils me font faire le sale boulot et me sacrifient comme un pion, un ridicule pion. Je suis un échec, en plus d’être un pion, je suis un échec, oui un échec scolaire. On me manupule pour que je ne puisse pas dire ce que je pense. Oh non, je ne peux pas le dire ! Pourtant, si je pouvais, je le dirai! Je leur dirai ce que je pense d’eux.

Ce ne sont que des fous qui nous manipulent comme des chevaux, ils se prennent pour des rois du haut de leurs tours.
Achille Popelier

énumération

L’introduction de Petites Natures mortes au travail s’appelle  « pseudo pseudo ».
C’est écrit d’une manière peu habituelle. C’est une succession délirante de noms… remettant en cause la règle élémentaire d’une bonne communication : une phrase simple et directe incluant un sujet, un verbe et un (ou plusieurs) complément(s). J’avoue avoir été surpris, voire étonné qu’il soit possible d’écrire autant de chose sans qu’en tant que lecteur, je me sente totalement perdu. Je suis resté concentré ne voulant rien perdre de cette longue tirade énumérant une série de professions auxquelles je n’aurai jamais pensé ni même imaginé l’ existence, tels que « titulaire suppléant perpétuel » ou « emballeuse de marron glacé ». Certains de ces groupes nominaux nous dévoilent toute sorte de travaux  hors de commun, hallucinants et/ou franchement inintéressants.
Il n’y a aucune action (il n’y a pas de verbe), ainsi elle trouve toute sa place tant elle illustre à la perfection le titre du recueil «Petites natures mortes au travail».