Les « charges sociales » allègent la vie des français
Il est de bon ton de parler de « charges sociales » alors qu’il s’agit en fait de cotisations sociales. Il est vrai que dans un document comptable ces cotisations sociales sont recensées dans les charges payées par les entreprises par opposition aux produits, c’est-à-dire à l’argent qui rentre dans l’entreprise.
On peut néanmoins regretter l’emploi du terme « charge » qui est connoté négativement. On imagine des charges qui pèsent sur les pauvres entreprises. Tout comme le randonneur qui a sur les épaules un poids élevé, les entreprises seront freinées par ces prélèvements imposés par L’Etat. Retirons au randonneur son lourd sac à dos, et il gambadera ; réduisons les « charges » des entreprises et elles produiront plus, elles embaucheront. Outre que la relation n’est pas si évidente car il faut qu’elles trouvent des clients, on oublie trop rapidement à quoi servent les cotisations sociales. Dans le cadre de la redistribution, elles financent les prestations sociales. Elles permettent aux gens de se soigner, puis un jour de bénéficier d’une retraite méritée. Réduire les charges, c’est rogner sur les acquis sociaux obtenus souvent après de longues batailles. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à ouvrir le débat sur le montant des cotisations et sur les modalités (faut-il développer la CSG ?), mais on ne peut se contenter d’affirmer de manière péremptoire qu’il faut les réduire sensiblement. Ces cotisations ont contribué à améliorer le sort des français, elles ont soutenu la demande des consommateurs, et elles ont contribué à faire de la main d’œuvre française, une main d’oeuvre en bonne santé et productive (les économistes parlent d’externalités).
