Au PS, la crise des ego est plus importante que le crise éco (nomique)
Iturria (1) a bien raison de dire que le capitalisme connaît sa plus grave crise depuis 1929. Ce fut un tournant décisif à l’époque. Jusque là dominaient les thèses libérales qui faisaient confiance à l’autorégulation des marchés. L’Etat devait se cantonner à un rôle d’Etat-gendarme, en fait d’Etat-arbitre ayant un rôle minimum dans l’économie. Avec cette crise, les thèses de Keynes (pas un gauchiste, mais un défenseur du capitalisme) ont connu un grand succès. Il disait que spontanément l’économie n’atteignait pas une situation optimale et pouvait connaître une dangereuse spirale dépressive. L’Etat- providence s’est développé, en cherchant à réguler l’économie et à réduire les inégalités sociales. Depuis les années 80 et nos difficultés, il est loin d’avoir disparu mais il est critiqué sévèrement. Cette crise est en quelque sorte une bonne nouvelle, pour ceux qui ne veulent pas laisser les mains (invisibles dirait Smith le fondateur du courant libéral) libres, au marché.
Et que fait le PS ? Il se perd en contributions, motions. DSK veut soutenir Martine qui a peu de chances d’être présidentiable, François soutient Bertrand comme la corde le pendu, pour reprendre peut être la main après des résultats électoraux décevants en 2009 et en 2010 ; Ségo veut mettre au frigo temporairement ses ambitions, mais attention, le congelé décongelé est souvent nocif.
Dans un édito de France inter, Th Legrand (2) souhaitait que ses leaders s’écharpent une bonne fois pour toutes. Qu’on le veuille ou non, notre république est marquée par la présidentialisation (encore plus avec le quinquennat). Le premier parti d’opposition peut-il échapper à cette implacable logique institutionnelle ? Il peut débattre autant qu’il veut, il lui faudra un leader capable de dire, j’incarne l’alternance…encore faut-il que ce parti bosse assez pour proposer un projet alternatif crédible.
Nous pouvons être à un nouveau tournant, ou du moins à un moment d’inflexion de notre gestion du capitalisme. Tout ne se passera pas en France, mais si le premier parti d’opposition n’est pas capable de redevenir audible, et surtout inventif à quoi cela sert-il de se proclamer de gauche et de prétendre vouloir améliorer le sort de ses concitoyens ?
(1) http://iturria.blogsudouest.com/2008/09/18/le-trait-diturria-jeudi-18-septembre-2008/
(2) http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/edito/

