Haro sur les golden parachutes pour redorer le capitalisme
On sait que les patrons des grandes entreprises parmi les nombreux avantages dont ils disposent, ont su se faire octroyer par leurs conseils d’administration de généreuses indemnités de départ, même quand leur gestion s’est soldée par de retentissants échecs. On pense aux 20 millions d’euros que voulait toucher Messier (malgré la déconfiture de Vivendi Universal). On se plaira à rappeler les 30 millions d’€ de Jaffré chez Elf. Plus récemment, on citera les 8,5 de Forgeard chez EADS pourtant empêtré dans les retards de son airbus 380. Enfin, les 6 millions chacun (ou presque) de Tchuruk et Rousso chez Alcatel pour récompenser leurs…échecs ont même fait tiquer la présidente du Medef.
Nos chers patrons savent que si siège éjectable il y a, la chute ne sera pas brutale. Au fait, s’ils sautent de l’avion qui va le piloter ? Nos grands défenseurs du capitalisme veulent nous convaincre que ce système est une formidable machine qui crée des richesses et est encore plus performante quand l’Etat ne s’en mêle pas. Pourtant quand le Krach financier est important et que le crash de l’économie peut se produire, c’est la panique à bord, et il faut que l’Etat reprenne les commandes. Confier ce pilotage au président Bush qui doit être bientôt débarqué montre bien les errements dont ce système est capable.
A ce propos, on peut se féliciter de voir (si cela se concrétise) ces pratiques de golden parachutes auxquelles il faudrait ajouter les compléments de retraite dont bénéficient les dirigeants bien mieux encadrées. Ceci étant, les propos du président étaient assez démagogiques quand il prétendait sanctionner les coupables. Il sait bien que la plupart des actes sont choquants économiquement et moralement, mais ils sont légaux (sauf exceptions que cherchera à découvrir le FBI).
Il faudrait surtout du volontarisme politique et une diplomatie efficace et pas bling bling pour convaincre les dirigeants mondiaux d’imposer des règles de bon sens. Il faudrait éviter les pratiques hors bilans des banques, encadrer les techniques de type titrisation, clarifier les procédures de rémunérations (cf stock options, bonus etc…). On attend aussi que les agences de notation des dettes soient indépendantes et fassent correctement leur travail. On peut même rêver et espérer qu’on va s’attaquer aux paradis fiscaux.
En résumé, ne boudons pas notre satisfaction si cette pratique du parachute doré devient moins scandaleuse, mais on peut craindre aussi que ce soit un leurre pour calmer l’opinion publique, et lui faire mieux accepter les sacrifices qui découleront des erreurs commises par des dirigeants qui ne transforment pas en or tout ce qu’ils touchent, mais transforment en argent et retraite dorée leurs échecs.
Si comme on peut le penser le capitalisme ne va pas se crasher, on aimerait être sûr qu’après un atterrissage chaotique, ce ne sont pas les mêmes pilotes ou leurs clones qui reprendront les commandes.


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[…] un petit prolongement sur les GOLDEN PARACHUTES des grands patrons (voir ici) Publié par maule64 le 1 avril 2012 dans Eco…nnerie lue ou entendue Vous pouvez laisser une […]