Crise financière : Un 11 Septembre ou un tsunami ?
Manifestement, cette crise financière inspire les commentateurs. La patronne du MEDEF l’a comparée à un 11 Septembre de la finance sur France inter (1). J. Attali lui a préféré la métaphore de la tectonique des plaques. La deuxième image a un inconvénient majeur puisqu’elle pourrait laisser supposer que ce que nous vivons relève de phénomènes naturels dans lesquels l’homme n’aurait pas une responsabilité.
Je voudrais revenir surtout sur celle de Mme Parisot. J’aurais aimé que le journaliste qui l’interviewait N. Demorand pour ne pas le citer (qui peut être plus réactif), lui demande : mais qui sont les terroristes qui ont provoqué ce désastre financier ? A l’évidence l’image avait été pensée pour convaincre par la dramatisation, les auditeurs citoyens qu’il ne faut surtout pas mettre des bâtons dans les roues des entreprises. J’aurais aimé qu’on lui demande de nous brosser le portrait robot de ces dynamiteurs de l’équilibre financier. On nous aurait dit que c’était des gens bien comme il faut, qu’on aurait jamais imaginé leurs coupables (à défaut d’être illégales) actions.
IL est tentant de filer l’image de Mme Parisot : Le terroriste comme le spéculateur agissent dans l’ombre et il est bien tard quand on les identifie. Espérons que nous serons aussi exigeants en matière de sécurité financière qu’en matière de sécurité du territoire. J’imagine que tout porteur de costume et d’attaché case ne sera pas un présumé délinquant. Ce serait savoureux que les financiers de la City et d’ailleurs soient victimes du délit de sale gueule comme de vulgaires « métèques » sous nos latitudes. Enfin, pour terminer le parallèle, à une époque où pourtant nous avons des moyens considérables, je crains qu’on ne soit pas plus efficaces pour retrouver Le vrai Ben Laden que les Ben laden de la finance.

