Bon appétit messieurs…bis
Pétillon dans le Canard enchaîné du 15 / 10 /2008 prolonge de manière plus primaire le dessin précédent. Il a pu être inspiré par des infos comme celle rapportée par le Monde du 11 Octobre 2008:
« Réfugiés dans les salons feutrés – dans les tons or et pastel – de l’Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, les cadres de la branche assurances de Fortis ont refusé de dévoiler le menu. Dommage.
A 3 000 euros le couvert, le chef du prestigieux restaurant Louis-XV, Frank Cerruti, a déployé tout son art pour ce déjeuner dont la facture se montait à 150 000 euros. C’est le prix de l’« événement culinaire » auquel le groupe Fortis avait convié, vendredi 10 octobre, une cinquantaine de courtiers indépendants, partenaires de la société d’assurance belgo-néerlandaise, rachetée lundi par BNP-Paribas. La dégustation fut royale, le plaisir impérial et la gêne à peine perceptible. »
Certains verront en effet un prolongement primaire puisqu’on confond le sauvetage de l’ensemble du système bancaire dont l’effondrement toucherait tout le monde, et le train de vie doré des dirigeants ou des collaborateurs les mieux lotis de ces entreprises.
On nous dit ne confondons pas le paquebot qui risque de couler et son équipage. On peut tout de même trouver choquant que quand retentit la cloche annonçant un très grand danger, d’autres continuent sans vergogne à se taper la cloche. On aimerait que les efforts soient mieux répartis et pas uniquement quand les médias sont braqués sur eux. Ces pratiques existent et continueront d’exister, mais pour ne verser ni dans la naïveté ni dans le cynisme, espèrons non pas plus de décence ou de morale, mais plus de redistribution, seul moyen de réduire les inégalités. Sinon, une minorité continuera à avoir le beurre, l’argent du beurre, mais aussi la machine à fabriquer du beurre.

