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Episode 9 : La rapide défaite de l’inflation dans les années 80 a surpris

Posted by maule64 on in Un feuilleton économique |

 

3)        La désinflation :

       Quel est le contraire de l’inflation ?

         La déflation.

         Je m’attendais à cette réponse, mais ce n’est pas la bonne. Comme par hasard, la réponse est contenue dans le titre.

         C’est donc la désinflation !

         Bonne réponse Laëtitia, mais précisons. La déflation correspond à une situation économique grave. Non seulement les prix baissent, mais plus généralement s’il en est ainsi, c’est qu’on assiste à une contraction de l’économie. Production, emploi etc… diminuent, ce fut par exemple le cas en 1929, c’est ce qu’on veut éviter en 2009.

         Et c’est quoi la différence avec la désinflation ?

         Dans ce cas, on a un ralentissement des taux d’inflation. Le but n’est pas de faire baisser les prix, mais de freiner leur augmentation. L’objectif étant de passer d’une inflation déclarée à une inflation inférieure à 3 / 4 %. Pourquoi ?

         Parce qu’ainsi, on a une inflation rampante qui n’est pas un problème économique, comme on l’a dit.

Bastien compléta :

         En réalité, un gouvernement redoute que sa politique débouche sur une déflation car cela se traduirait par une forte augmentation du…

         Chômage.

         Nous allons présenter les traitements possibles pour maîtriser l’inflation. Qui dit traitement, dit au préalable ? Hélène…

         Diagnostic !

         Donc ?

         En fonction des analyses vues tout à l’heure, on aura des propositions différentes.

         Commençons par ce que les monétaristes proposent. Leur approche est simple. S’il y a de l’inflation, c’est parce qu’il y a trop de monnaie en circulation. Il suffit alors de limiter la création monétaire. Pour comprendre le raisonnement, il faut se souvenir de deux choses. Comment crée-t-on essentiellement la monnaie ?

Thomas se chargea de répondre :

         Ce sont les banques ordinaires qui la créent en accordant des crédits aux ménages et aux entreprises.

         Quelle est la monnaie la plus importante ?

Thomas s’attira quelques sourires admiratifs par l’autorité de sa réponse :

    Quantitativement, c’est la monnaie scripturale qui est la plus fréquente (et de loin) dans l’économie, mais la monnaie centrale est la clé de voûte du système. En la contrôlant, on peut contrôler la création monétaire donc la quantité de monnaie en circulation qui selon les monétaristes explique l’inflation.

Un peu surpris de l’aisance de ce redoublant, Bastien tint à apporter quelques précisions.

         Même si au moment des prêts accordés (= création de monnaie scripturale), la banque n’a pas la monnaie centrale correspondante, il faudra qu’elle se la procure. L’idée est de rendre plus cher pour la banque cette nécessité d’emprunter de la monnaie centrale. On dit qu’on renchérit le coût de refinancement en monnaie centrale. Pour maintenir leurs profits, elles vont augmenter les taux d’intérêt qu’elles fixent à leurs clients, et ainsi cela devrait dissuader leurs clients de trop demander des crédits ce qui limiterait la création monétaire, et de ce fait le risque inflationniste.

         Et comment la Banque centrale peut-elle faire augmenter le coût de la monnaie centrale ?

         Elle dispose de plusieurs possibilités. En ce début de Première, je me contenterai de signaler l’existence du marché monétaire (c’est-à-dire le marché de la monnaie centrale). Sur ce marché, ceux qui ont des liquidités, de la monnaie centrale à prêter (les autres banques par exemple) la proposent moyennant une rémunération (le taux monétaire) aux banques qui en ont besoin. Que va-t-il se passer alors ? La parole à Jérôme, le spécialiste du marché :

  –  La banque centrale peut agir sur l’offre (en injectant de la liquidité sur ce marché) ou sur la demande (en en achetant) pour faire varier le taux monétaire donc le coût de cette espèce de matière première que serait la monnaie pour créer de la monnaie scripturale. Elle agira sur l’offre ou la demande en fonction de ses objectifs.

         Parfait ! Et si ce n’est pas le cas la Banque centrale pouvait demander au gouvernement (ce n’est plus le cas pour la France depuis 1987) de prendre des mesures plus drastiques et d’encadrer le crédit. En cas de dépassement des crédits octroyés, la banque pouvait être sanctionnée financièrement. Maintenant, comment faire pour lutter contre l’inflation par la demande ?

         Il faut réduire cette demande.

         Oui, mais comment ?

         En augmentant les impôts.

         C’est vrai, mais aussi en réduisant les dépenses de l’Etat pour essayer de contenir le déficit budgétaire.

         Il faut réduire l’intervention de l’Etat. C’est donc libéral ?

         C’est du monétarisme, mais certains pensent que c’est surtout du bon sens. On peut continuer ?

 

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