Réformer les réformes
Au passage une suggestion de cadeau:
« D’amour et d’eau fraîche » de M. ITURRIA Dessins 2007-2008 édition Sud-Ouest
Pour finir cette année quelques réflexions (qui dépassent les questions économiques) sur un des termes les plus employés, à savoir celui de réforme.
L’homme politique pour exister a besoin de réformer, et surtout, de convaincre qu’il réforme. L’effet d’annonce l’emporte sur le suivi de la réforme. Le candidat Sarkozy a promis qu’il y aurait un service minimum, le Président lui a accepté une réforme a minima, puisque les jours de grève la situation ne s’est guère améliorée pour les clients des transports en commun.
Iturria nous rappelle avec une belle efficacité qu’on peut faire de sacrées concessions pour garantir une réforme, par exemple ici celle du fonctionnement de l’Europe. Quand on veut que le but soit atteint, il suffit de laisser un seul joueur dans ce cas irlandais, tirer le penalty et de bien élargir la cage pour être sûr du résultat.
On peut être certain d’imposer sa réforme comme Darcos, de passer sur les récalcitrants (les enseignants et les premiers manifestants), mais quand Marianne ou plutôt les élèves se dressent devant lui, la peur d’en écraser va le stopper. Il cherchera ensuite à convaincre les électeurs qu’il fait une simple pause et que ce n’est pas surtout une marche arrière qui est enclenchée.
Dans un prochain post, je reviendrai sur cette notion de réforme qui est un mot valise, un mot fourre-tout, un gros mot. On ne peut accepter sans tiquer qu’on veuille nous faire croire que ce même mot puisse s’appliquer à un progrès, à un acquis social, comme à une perte d’avantage pour une catégorie, ou carrément à une régression sociale qui touche la majorité des français. De la même manière, le promoteur d’une réforme n’est pas forcément un moderne, un progressiste, et celui qui veut freiner cette évolution n’est pas nécessairement un archaïque.


