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Blagues commentées |
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« Combien faut-il d’économistes de Chicago [fief de l’école libérale américaine, dont viennent Milton Friedman et Robert Lucas entre autres] pour changer une ampoule ?
Aucun, si elle doit être changée, le marché s’en chargera. »
Commençons cette nouvelle série de blagues consacrée à la critique des courants économiques par le premier d’entre eux , en tout cas, le premier historiquement de ceux qui ont encore de l’influence de nos jours : le courant libéral ; pour dire les choses autrement, on n’évoquera ni les mercantilistes, ni les physiocrates.
Les libéraux croient aux vertus indépassables du marché. Ils croient (1) à l’autorégulation. Si un problème apparaît la solution sera trouvée par le marché. S’il y a trop de pommes (on dit que l’offre de pommes est supérieure à la demande), il suffit de faire baisser le prix des pommes, ainsi la demandera augmentera et on retrouvera l’équilibre, grâce au marché, grâce à la flexibilité des prix. C’est une confiance quasi aveugle dans le marché, puisque si une ampoule est grillée… le marché la remplacera. C’est en fait une façon de dire que les libéraux ne veulent aucune intervention de type étatique . Il faut faire confiance aux acteurs économiques qui voyant une perspective de profit s’en chargeront moyennant finances. On retrouve en fait la même idée chez Smith au XVIII ème siècle (considéré comme le fondateur de ce courant) lorsqu’il parle de la main invisible ; chacun est poussé comme par une main invisible à rechercher son intérêt personnel. Il ne prétend pas s’occuper de l’intérêt général, mais en agissant ainsi, l’économie et la société s’en porteront mieux.
La théorie libérale éclipsée par les succès de la théorie keynésienne (voir blague 9) de l’après-guerre à la fin des années 70 est revenue en force dans les années 80 devant les limites de l’intervention de l’Etat (déficits, montée du chômage et de la pauvreté). Petit à petit, les faiseurs d’opinion, les décideurs ont cru que le libéralisme permettrait de retrouver la croissance et la prospérité. Au fil des années ceux qui critiquaient l’autorégulation des marchés apparaissaient au minimum, comme des archaïques. A l’évidence, une ampoule grillée brillerait bientôt à nouveau grâce à la célérité, l’efficacité du marché. Des entreprises voulaient délocaliser ? D’autres souhaitaient licencier ? On s’était habitués à invoquer la dure loi du marché, sachant qu’en principe selon les libéraux l’intérêt général devrait au total augmenter.
Depuis quelques mois, ce bel optimisme a été douché par la crise financière qui se transforme en crise économique. Le marché qui est censé tout résoudre, a plongé nos économies dans des difficultés qu’on n’a pas connues depuis des décennies. Le marché ne brille plus de mille feux, et même ses plus enthousiastes défenseurs craignent que nos économies ne soient durablement dans le noir. Comme par enchantement, on se souvient que l’Etat électricien peut rétablir le courant et redonner de l’espoir et de…. la lumière. En clair, qu’il mette de l’argent dans l’économie pour la redynamiser et quand la croissance sera revenue, il ne manquera pas d’experts pour nous dire que son intervention n’est pas nécessaire et que le marché qui fait tout bien, se chargera aussi de remplacer les ampoules.
(1) la répétition du verbe croire n’est pas une maladresse, mais témoigne de la volonté de montrer que nous sommes dans le registre de la croyance, pour ne pas dire de la religion économique.
Blague 7 Et la lumière jaillira !…. ou ne jaillira pas.
« Combien faut-il d’économistes de Chicago [fief de l’école libérale américaine, dont viennent Milton Friedman et Robert Lucas entre autres] pour changer une ampoule ?
Aucun, si elle doit être changée, le marché s’en chargera. »
Commençons cette nouvelle série de blagues consacrée à la critique des courants économiques par le premier d’entre eux , en tout cas, le premier historiquement de ceux qui ont encore de l’influence de nos jours : le courant libéral ; pour dire les choses autrement, on n’évoquera ni les mercantilistes, ni les physiocrates.
Les libéraux croient aux vertus indépassables du marché. Ils croient (1) à l’autorégulation. Si un problème apparaît la solution sera trouvée par le marché. S’il y a trop de pommes (on dit que l’offre de pommes est supérieure à la demande), il suffit de faire baisser le prix des pommes, ainsi la demandera augmentera et on retrouvera l’équilibre, grâce au marché, grâce à la flexibilité des prix. C’est une confiance quasi aveugle dans le marché, puisque si une ampoule est grillée… le marché la remplacera. C’est en fait une façon de dire que les libéraux ne veulent aucune intervention de type étatique . Il faut faire confiance aux acteurs économiques qui voyant une perspective de profit s’en chargeront moyennant finances. On retrouve en fait la même idée chez Smith au XVIII ème siècle (considéré comme le fondateur de ce courant) lorsqu’il parle de la main invisible ; chacun est poussé comme par une main invisible à rechercher son intérêt personnel. Il ne prétend pas s’occuper de l’intérêt général, mais en agissant ainsi, l’économie et la société s’en porteront mieux.
La théorie libérale éclipsée par les succès de la théorie keynésienne (voir blague 9) de l’après-guerre à la fin des années 70 est revenue en force dans les années 80 devant les limites de l’intervention de l’Etat (déficits, montée du chômage et de la pauvreté). Petit à petit, les faiseurs d’opinion, les décideurs ont cru que le libéralisme permettrait de retrouver la croissance et la prospérité. Au fil des années ceux qui critiquaient l’autorégulation des marchés apparaissaient au minimum, comme des archaïques. A l’évidence, une ampoule grillée brillerait bientôt à nouveau grâce à la célérité, l’efficacité du marché. Des entreprises voulaient délocaliser ? D’autres souhaitaient licencier ? On s’était habitués à invoquer la dure loi du marché, sachant qu’en principe selon les libéraux l’intérêt général devrait au total augmenter.
Depuis quelques mois, ce bel optimisme a été douché par la crise financière qui se transforme en crise économique. Le marché qui est censé tout résoudre, a plongé nos économies dans des difficultés qu’on n’a pas connues depuis des décennies. Le marché ne brille plus de mille feux, et même ses plus enthousiastes défenseurs craignent que nos économies ne soient durablement dans le noir. Comme par enchantement, on se souvient que l’Etat électricien peut rétablir le courant et redonner de l’espoir et de…. la lumière. En clair, qu’il mette de l’argent dans l’économie pour la redynamiser et quand la croissance sera revenue, il ne manquera pas d’experts pour nous dire que son intervention n’est pas nécessaire et que le marché qui fait tout bien, se chargera aussi de remplacer les ampoules.
(1) la répétition du verbe croire n’est pas une maladresse, mais témoigne de la volonté de montrer que nous sommes dans le registre de la croyance, pour ne pas dire de la religion économique.