Bon appétit messieurs! (a)
Iturria va loin en assimilant les dirigeants des grandes entreprises à des charognards qui ripaillent.
Il est vrai que longtemps le commun des mortels se sentait bien inférieur aux spécialistes de l’économie, aux spécialistes financiers. Ils avaient l’air si compétents ces experts, ces banquiers qu’on devait accepter leurs rémunérations pharaoniques. On nous assurait que leur action favorisait la croissance, nous enrichissait disait-on, il fallait les récompenser. Ceux qui pensaient autrement étaient des archaïques qui voulaient que l’Etat régule cette économie libéralisée qui en s’emballant ne pouvait que conduire à une bulle spéculative. Et on le sait depuis le XVII ème siècle, les bulles financières finissent toujours par éclater.
Et puis, nos chers dirigeants nous expliquaient que leur marché de recrutement à l’instar des stars est mondial. Si la soupe n’est pas assez bonne , ils quitteraient la France. Total, c’est l’addition qui est devenue de plus en plus salée.
Comme dans l’histoire, les français ont vu que les rois de la finance sont nus, au plutôt que leurs dirigeants éconmiques derrière leurs discours techniques et sufffisants jouaient au casino et avaient trouvé la martingale leur permettant de gagner à tous les coups (avec des stock-options, parachutes dorés, retraite chapeau etc…), même quand on les considère comme incompétents ( l’exemple Natixis est encore une fois sidérant [1]).
La morale de l’histoire est apparue crûment aux yeux de tous: il y a une fraction de la population qui s’est goinfrée de manière éhontée comme nous le dit ce dessin.
Ce dessin rappelle la métaphore du banquet de la nature de Malthus (2); célèbre libéral du 19 ème siècle. Chez lui aussi, peu importait que les plus pauvres ne puissent pas se nourrir. Ce n’était pas à l’Etat de les prendre en charge. La nature se chargerait (par la malnutrition, les maladies) de régler le problème.
Aujourd’hui, un tel discours n’est plus tenable politiquement. Il faut donc exprimer son mécontentement, « son étonnement ». Les ministres, le président s’en chargent; Mme Parisot étant la championne dans ce registre, mais Sarkozy le maître d’hôtel en chef français va-t-il mettre bon ordre? Va-t-il exiger que les gros appétits se serrent la ceinture, pour que les sacrifices soient mieux répartis? Les timides mesures gouvernementales rendent sceptiques. Les restaurants 3 étoiles sont réservés à une caste de privilégiés, le resto…. d’entreprise pour ceux qui ont encore un emploi. Les sandwiches ou les miettes aux restos du coeur sont le lot d’une partie importante de la population.
(a) Allusion à une célèbre réplique dans Ruy Blas pour dénoncer les puissants qui s’enrichissaient sans vergogne
[1] http://www.liberation.fr/economie/0101561271-natixis-1-5-million-pour-regarder-sa-boite-couler
[2] http://bac2008.blog.lemonde.fr/2008/06/09/au-banquet-de-la-nature/

