L’Europe doit-elle faire rêver?

La mythologie nous enseigne que le nom Europe vient d’une superbe déesse. L’Europe politique elle aussi a fait rêver à ses débuts. Il fallait bien être capable de rêver pour surmonter les traumatismes liés à deux guerres mondiales particulièrement cruelles en Europe.
Son bilan est loin d’être nul ne serait-ce que parce que nous avons connu enfin une longue période de paix. Elle a aussi contribué à faire de l’Europe une grande puissance économique. Pourtant, elle ne fait plus rêver. Est-elle devenue une vieille dame, grosse, bouffie de ses réglementations parfois caricaturales? Sait-elle protéger ses citoyens, où en est l’Europe sociale garantissant une protection sociale correcte à ses membres? N’est-elle que préoccupée par des considérations matérielles qui l’alourdissent alors qu’on attend d’elle du dynamisme?
L’abstention qui se profile le 7 Juin prouve qu’elle n’enthousiasme plus. L’Europe n’a pas viré au cauchemar mais plutôt à l’indifférence. Elle ne va pas retrouver de suite la forme svelte de ses débuts, il est vrai aussi dans un contexte d’après-guerre, de privations. Les trente glorieuses et ses préoccupations matérielles sont passées par là. La crise depuis la paralyse souvent même si par à-coups elle se montre généreuse et prend sous sa protection de nouveaux pays. Sa croissance désordonnée n’en fait plus un leader charismatique indiquant les nouveaux défis à relever.
Peut-être à défaut de maigrir retrouvera-t-elle de l’allant en privilégiant une taille à « géométrie variable ». La coopération entre un nombre limité de pays peut être utile pour avancer sur des sujets cruciaux comme l’harmonisation fiscale, les droits sociaux minimums, l’environnement….
Sans un idéal commun sans rêve, il est difficile de progressser économiquement et socialement.
