0

Qu’ils sont empruntés!

Posted by maule64 on in Dessin et Dessein |

 En fait, nous savons peu de choses de cet emprunt dont on parle tant. Et si on en parle tant dans les medias c’est que cette question relève plus du politique que de l’économie.

Que peut-on dire?

– Le Président voulait parler devant le congrès à Versailles. Comme il avait peu à dire de nouveau sur le fond, ses conseillers ont dû lui suggérer de collecter des fonds: l’idée de l’emprunt était lancée comme on lance une toupie et il s’agit de la faire tourner pour occuper les medias. Les anglo-saxons qualifient ces conseillers en communication de « spin doctors » (a) ceux qui font tourner les infos pour occuper les medias et faire en sorte que leur champion soit au centre de l’actualité et lui donne le tempo qui lui convient.

– Normalement, quand un gouvernement (mais y en a -t-il vraiement un?) a défini ses priorités, il va chiffrer ses dépenses et chercher à les financer en recourant pourquoi pas  à l’emprunt. Or ici, on nous dit qu’on va lancer un grand emprunt, mais on ne sait pas dans quelles conditions et pour quels projets. Autrement dit, cet emprunt va tel une toupie tourner sur lui-même pendant de nombreuses semaines avant espérons le de produire des effets positifs.

 

Il faut savoir que l’Etat emprunte très régulièrement sur les marchés financiers. Bien des économistes toutes tendances confondues, ne voient pas vraiment l’intérêt de lancer cet emprunt qui comme il doit être un succès politique, sera probablement avantageux  pour les souscripteurs (cf taux d’intérêt assez élévé+ sûrement des avantages fiscaux), et donc au total coûtera plus cher à l’Etat et aux contribuables.

On peut penser que finalement, ce sont ceux qui ont des revenus confortables et de l’épargne qui en seront les principaux bénéficiaires. Ils récupéreront leur épargne plus des intérêts grâce aux impôts payés par tous, en particulier la TVA, impôt qui  touche tous les revenus notamment modestes. Ce sont donc eux qui feront comparativement le plus gros effort… au profit des plus aisés.

On ne peut toutefois pas négliger a priori la dimension symbolique et peut -être utile de l’opération. L’exécutif peut arguer que cet emprunt national peut mobiliser les énergies et redonner du souffle à notre croissance. Nous verrons…

Pour atteindre cet objectif, il cherche des cautions . Il emprunte à la gauche un ex premier ministre (Rocard) et au camp chiraquien également un ex premier ministre (Juppé).

Plantu a raison de les nous les présenter embarrassés et donc…. empruntés. L’un et l’autre sont certainement flattés d’avoir été sollicités, mais ils représentent des traditions économiques différentes: le premier interventionniste et plutôt favorable aux impôts alors que le second veut plutôt réduire le poids de l’Etat ce qui ne rend pas leur association très convaincante.

En résumé, le Président attend des dividendes politiques de cette initiative éconnomique dont on peut douter du véritable… intérêt .

 

(a)  Un Spin doctor est un conseiller en communication et marketing politique agissant pour le compte d’une personnalité politique, le plus souvent lors de campagnes électorales. Le terme a une connotation négative. […]

Spin ferait allusion à la torsion, à l’effet que l’on donne à une balle de tennis ou à la façon de faire tourner une toupie. Ils dirigeraient donc l’opinion, en lui donnant une impulsion ou une pichenette, en lui fournissant les bons slogans, les bonnes révélations, les bonnes images, en mettant en scène les évènements qui la redirigeront dans le sens souhaité[…].

Le spin doctor a une influence considérable sur le discours, le programme et les initiatives de son client[…]. En ce domaine deux professionnels célèbres ont acquis une réputation sulfureuse, liée à des affaires de fuites ou de désinformation de la presse. Il s’agit de Karl Rove le conseiller de G. W. Bush, surnommé son « baby genius » et de Alastair Campbell pour Tony Blair. Tous deux eurent un rôle crucial dans le « marketing » de la guerre en Irak, et bien sûr dans le style et le programme de leurs clients.

En France, on peut prendre l’exemple de Nicolas Sarkozy, qui a bénéficié de l’habileté de plusieurs doreurs d’images, notamment Thierry Saussez ou encore Henri Guaino à partir de la campagne présidentielle 2006-2007.

Source de la note: article de Wikipedia sur les: « spin doctors »

 

Étiquettes :

Laisser un commentaire

Copyright © 2008-2021 ECONOMIE et HUMOUR All rights reserved.
This site is using the Desk Mess Mirrored theme, v2.5, from BuyNowShop.com.