La main visible de l’Europe

On a beaucoup reproché à l’union Européenne d’avoir priviligié une approche libérale de son économie. l’Euro impliquait un pacte de stabilité: chaque pays devait limiter ses déficits et son endettement. Il n’y avait pas grand place pour le volontarisme politique et d’ailleurs le budget européen fllirtait péniblement avec la barre des 1% des richesses produites dans l’UE.
Autrement dit, l’action européenne était faible et subordonnée à l’idée que laisser fonctionner le marché sans trop d’entrave était bien. Ce qu’on résume souvent par faisons confiance au marché, laissons faire la main invisible qui guiderait les acteurs économiques et les pousserait à faire les bons choix.
Les conséquences de la crise des subprimes se poursuivent et se poursuivront en 2010. Si on ne peut tout leur imputer et en particulier les mécomptes publics grecs, on voit bien qu’en période de faible croissance économique , les marges de manoeuvre des Etats sont limitées.
La tentation a été de … rester les bras croisés et de laissser les grecs se débrouiller seuls. Les allemands notamment, qui ont fait beacoup d’efforts étaient peu enclins à les aider. La France elle, a plus tôt pris la mesure du risque de contagion qui pouvait gagner d’autres pays en difficultés avec leurs finances (Portugal, Espagne etc…) ce qui risquait de mettre à mal l’Euro et carrément la construction européenne. On sent que de plus en plus, dans les grandes capitales européennes, il faudra …tendre la main aujourd’hui aux grecs et plus tard à d’autres.
Le problème, c’est que nos institutions européennes n’avaient pas prévu ce scénario. Il faut donc imaginer de nouveaux dispositifs, simples prothèses suggérées par le dessin ou organisation sensiblement différente pour se serrer …les coudes?
On entend de plus en plus parler d’un gouvernement européen économique pour essayer de limiter le pouvoir de nuisance d’une finance trop débridée. Ce sont pour l’instant des mots, des intentions qui vont dans le bon sens. Peut-être qu’elles vont se concrétiser avec la création d’un FME ( fonds monétaire européen) [1] s’inspirant du FMI et qui aurait pour mission d’aider les pays en difficulté et d’assurer les investisseurs internationaux que l’Euro est solide et ne s’effondrera pas comme un château de cartes.
Finalement les derniers événements ont eu le mérite de montrer les limites de la main invisible et l’intérêt de voir émerger sinon une main de fer européenne en tout cas une volonté politique commune.
