Le déficit: la constitution un barrage illusoire

On sait que les déficits en Europe se sont creusé de manière très spectaculaire. Les chiffres d’Eurostat le démontrent (a): La moyenne pour la zone euro est d’un déficit de 6,3% en 2009, mais pour la Grèce, on se situe à plus de 13,5% ; l’Espagne est à 11.2% et la France à plus de 7,5% ; La Grande-Bretagne (hors zone euro) avec ses 11,5 % ne doit pas pavoiser.
Comment endiguer cette marée noire, cettte déferlante de mauvais chiffres? Le président français semble privilégier comme barrage la Constitution. Il souhaiterait que figure dans ce texte fondamental l’interdiction ou du moins un chiffre à ne pas dépasser en matière de déficit public. Il prend exemple sur l’Allemagne qui depuis 2009 prévoit un déficit structurel (1) dans sa constitution de 0,35%. Il est rare que l’importation sans imagination d’un modèle soit très efficace.
D’ailleurs, pour que cette disposition passe il faudra réunir un congrès à Versailles (pour faire des économies?) et que sénateurs et députés votent à la majorité qualifiée cette modification de la Constitution.
On peut se demander si cette initiative n’est pas surtout un coup politique qui pourrait avoir du mal à dépasser le stade de l’intention. Ne se prive-ton pas d’un moyen de faire face à une crise exceptionnelle en pouvant augmenter dépenses et déficits? Et si le texte est assez creux ([1] attention l’Allemagne est moins exigeante avec elle-même qu’on le dit) pour ne pas insulter l’avenir à quoi bon se lancer dans ce projet censé convaincre les français qu’on va gérer désormais rigoureuseùment les finances publiques?
On sait avec un post précédent qu’il n’y a pas beaucoup de solutions. Quand le pétrole coule à flots, il finit par échouer sur les rivages et il faut se retrousser les manches pour nettoyer les dégâts.
De même, quand les déficits s’accumulent, il faudra passer un mauvais moment pour les éponger. Il faudra limiter les dépenses, mais aussi augmenter les impôts ce que le défenseur acharné du bouclier fiscal (trop rigide pour absorber les dettes) veut retarder le plus longtemps possible.
BP et Sarkozy proclament haut et fort qu’ils font colmater énergiquement, eficacement les brèches, on attend de voir.
(1) Attention cela doit s’appliquer progressivement des exceptions ont prévues (catastrophes naturelles, forte récession) et quand on dit déficit structurel cela laisse la place à bien des interprétations. Faut-il inclure les dépenses d’éducation, tous les investissements etc… L’Allemagne s’apprête à être moins vertueuse qu’on le dit, en schématisant.

1 Comment
Bonjour,
Je ne résiste pas à répondre à cet article très bon !! Comme vous, je pense (et j’espère) que c’est simplement un effet d’annonce, comme notre président aime en faire régulièrement ! Ceci dit, si un congrès (AN+S) devait se réunir pour statuer sur cette question et si jamais cette proposition passait, ce serait terrible puisque qu’un gouvernement ne pourrait plus techniquement/théoriquement mettre en oeuvre certains mécanismes économiques, une véritable politique économique keynesienne. A priori, je trouverai cela scandaleux…
Mais finalement, c’est assez amusant de voir que notre président s’inspire quelque part des allemands comme beaucoup d’autres (je pense à Châtel qui va encore plomber l’école avec ses idées…) mais peut-être aussi de l’Europe. En effet, l’UE évoque dans son dernier traité, celui de Lisbonne que l’UE s’établit sur un système économique qui est bien évidemment l’économie de marché, les termes exactes sont (il me semble) : « économie sociale de marché » (le doux oxymore !). De ce fait, un pays membre de l’UE doit obligatoirement être à pays à économie de marché. En outre, si le PC reviendrait à la tête d’un pays membre de l’UE (c’est peut probable malgré la crise, je vous l’accorde) alors dans ce cas, ce dernier serait en totale discordance avec le traité de Lisbonne (si bien évidemment, ce parti repose son idéologie sur le « communisme et le socialisme théorique », ce qui sous-entend un communisme différent de celui pratiqué par la Chine) ! Ce serait un sacré imbroglio !
Cordialement,
Mél