Questions/réponses Octobre 2010
Voici les réponses aux principales questions posées parfois de vive voix, et auxquelles j’ai plus ou moins répondu directement.
Peut-on assimiler politique libérale à politique d’un gouvernement de droite ? et donc politique menée par la gauche à une politique keynésienne ?
Attention, on ne peut pas mettre sur un même plan les théories économiques et les choix économiques des hommes politiques. En revanche, il est vrai que la droite par conviction, opte a priori pour des politiques libérales (en cherchant à diminuer le poids de l’Etat, les impôts etc…) et la gauche pour des mesures interventionnistes, mais quand la crise de 2008 menace dangereusement notre économie, le gouvernement de droite n’a pas peur de creuser le déficit budgétaire (logique keynésienne). Et dans les années 80, la gauche pour combattre l’inflation, a dû se résoudre à adopter des mesures libérales.
Valeur ajoutée n’est pas synonyme de bénéfice ?
Tout à fait. Profit lui est synonyme de bénéfices. La valeur ajoutée s’obtient en faisant Prix de vente moins les consommations intermédiaires.
Ex le boulanger vend sa baguette de pain 1€ . Si on retranche 20 centimes de consommations intermédiaires pour la farine l’eau etc…, on a une valeur ajoutée de 80 centimes, mais ce n’est pas son bénéfice. Il faut qu’il paie son employé, sa vendeuse (il rémunère le facteur travail) pour 40 centimes.. mais il doit aussi rembourser ses prêts, payer des impôts pour 30 centimes. Son bénéfice ne sera donc que dans cet exemple, de 10 centimes.
Seules les entreprises créent de la richesse ?
Faux. La richesse créée est mesurée par le PIB marchand (créée par les entreprises ) + le PIB non marchand à ne pas oublier, qui correspond à tous les services rendus par les administrations (sécurité, éducation etc…).
Le PIB est un indicateur inutile ?
Il est vrai que cet agrégat de la comptabilité nationale est de plus en plus critiqué. Il n’évalue pas par définition l’économie souterraine (comme le bénévolat, le travail au noir), et en plus, il ne tient pas compte des dégradations liées à la production (déforestations, pollutions diverses etc…). On cherche aussi à le compléter par d’autres indicateurs comme l’IDH, et on a demandé à deux prix Nobel (Sen et Stiglitz de faire des propositions pour mieux apprécier le bien-être), mais par sa simplicité il reste et restera, un indicateur très utilisé non seulement par les économistes, mais aussi par les syndicats, les partis politiques pour éclairer les débats économiques et politiques.
Tous les écologistes sont-ils favorables à la décroissance ?
Décroissance signifie volonté de faire diminuer les quantités produites (donc le PIB) pour protéger la planète et rendre possible un développement durable.
Beaucoup d’écologistes estiment que cette voie est inévitable. D’autres conscients que cette décroissance pose des problèmes de création d’emplois et de répartition des efforts et des ressources veulent promouvoir une « éco économie » basée sur le recyclage, des produits moins matériels ce qui aux yeux des écologistes les plus déterminés (ou les plus radicaux ?) ne sera pas suffisant.
A noter que les partis d’opposition sont prudents sur le thème de la décroissance qui pourrait bien effrayer nombre d’électeurs.
L’IDH est-il l’indicateur idéal qui va supplanter le PIB ?
On l’a dit plus haut, cet indicateur est un progrès mais lui-même a des limites. Il repose pour un tiers sur le PIB/hab et on peut lui reprocher de ne pas tenir compte de suffisamment d’indicateurs sociaux.
L’Euro va-t-il évincer le Dollar ?
Une monnaie a le statut de monnaie internationale quand on libelle des transactions dans cette monnaie, qu’on effectue des échanges grâce à elle, et qu’on puisse constituer des réserves de change dans cette monnaie. Il est clair que l’Euro devient un concurrent du Dollar sans pour autant pouvoir se substituer à lui. En effet, une monnaie inspire confiance non seulement par les performances du pays qui la créée, mais aussi du fait de son poids politique lui-même lié à sa puissance militaire. Les USA ont donc des atouts qui font qu’à court et moyen terme le Dollar gardera son statut de clé de voûte du système monétaire international, même si aucun accord depuis les années 70 ne l’impose.
Rq : Rappelons que la livre sterling a longtemps été la monnaie référence avant de décliner, on ne peut exclure que cela arrive un jour au dollar.
Qui anticipe la demande effective?
Mieux vaut en effet parler de demande anticipée que de demande effective (traduction littérale de l’anglais).
C’est un concept clé de l’analyse de Keynes. Il dit que le niveau de la production et de l’emploi (donc du chômage) dépendent des anticipations des entreprises…qui jouent bien un rôle essentiel dans l’économie capitaliste. Le problème vient du fait qu’en période de difficultés économiques, ces anticipations sont pessimistes ce qui conduit à aggraver les difficultés du pays. Il faut donc que l’Etat intervienne pour faire en sorte que les anticipations redeviennent optimistes. Il doit stimuler la demande, relancer l’économie par des dépenses publiques, par exemple par des grands travaux quitte à faire du déficit budgétaire.
Quelle est l’originalité de l’investissement?
C’est une variable économique qui agit à la fois sur la demande et sur l’investissement. Sur la demande puisque celle-ci se décompose en consommation et investissement. Si l’investissement augmente alors la demande augmente ce qui doit faire progresser la production et en principe l’emploi. Mais l’investissement agit aussi sur l’offre en modifiant l’appareil productif. Il peut permettre de produire plus et mieux. Il est le vecteur du progrès technique qui fait évoluer les capacités productives.
RQ Un sujet au Bac est tombé demandant d’analyser l’impact de l’investissement sur la croissance. Un plan efficace consistait à aborder son effet sur la demande, puis sur l’offre.

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essai