Bouclier fiscal, boulet électoral

Que n’a-t-on pas dit ou écrit sur le bouclier fiscal? On peut rappeler son principe (pour plus de détails voir ici): faire en sorte que l’Etat ne puisse pas prélever plus de 50% des revenus d’un contribuable. Présenté ainsi, et surtout si l’on ajoute qu’il ne faut pas prendre à une personne plus de la moitié de ce qu’elle gagne, l ‘idée paraît de bon sens et juste. Et pourtant, le bouclier décrié dès le début par la gauche ne passe plus auprès des français. Il est devenu le symbole de l’injustice comme l’a même fait remarquer F Baroin, ministre du budget.
D’abord, les français ont compris que les 100% n’étaient pas tous les revenus puisqu’avec de bons conseillers fiscaux, on sait limiter les sommes à déclarer grâce à de nombreuses niches fiscales (voir ici). Et surtout, on ne prend pas la moitié des revenus de son travail, mais de l’ensemble de ses revenus qui sont bien souvent des revenus du capital (dividendes, intérêts divers) et quand on verse de grosses ristournes fiscales, par exemple à Mme Bettencourt (Elle aurait ainsi récupéré 30 millions d’euros), cela heurte le français moyen qui se sent peu protégé (voir ici).
Le président a fait annoncer le jour d’une grande journée de grèves que l’an prochain, il pensait faire supprimer le bouclier et l’ISF.
Deux questions:
Si on supprime aussi l’ISF, impôt critiqué mais qui rapporte quelques milliards comment va-t-on compenser sa suppression, en prenant l’argent là où il est (voir ici)?
Prier ostensiblement à Rome pour rassurer son électorat de droite après de mauvais sondages et supprimer ce « symbole d’injustice » quand beaucoup de français dénoncent une réforme inéquitable des retraites , n’est-ce pas utiliser de grosses ficelles? Le risque étant que le bouclier fiscal se transforme en boomerang électoral.
