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La crédibilité éco du PS: les racines du mal

Posted by maule64 on in Dessin et Dessein |

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Les politologues insistent sur le fait suivant: N Sarkozy a une très faible cote de popularité, et pourtant pour les intentions de vote aux présidentielles, il fait jeu égal avec M. Aubry. On dira que ces élections ne sont que dans 18 mois et qu’on ne sait pas si DSK sera candidat, mais quand même, ces chiffres donnent à réfléchir.

Parmi les causes qu’on peut avancer, il y a bien sûr le réflexe anti-gauche de certains électeurs qui préféreraient voter pour un candidat de droite sourd et aveugle plutôt que d’en laisser passer un de gauche. Des politologues insistent aussi sur la droitisation du pays,  liée au vieillissement de la population: celle-ci serait plus sensible aux thématiques de la sécurité, de l’immigration portées sans états d’âmes par la droite.

Enfin, pour rester dans le cadre économique de ce blog, on peut penser également que le PS pourtant reconnu comme parti de gouvernement peut avoir du mal à convaincre du réalisme de ses propositions.

Un historien remonterait loin en arrière et par exemple à Jaurés et ses opposants, pour montrer que le PS a souvent été tiraillé entre ses propositions très à gauche dans l’opposition et le recentrage de son action une fois arrivé au pouvoir.

G Mollet dans les années 50 a symbolisé ce décalage entre la promesse et l’action. Plus près de nous, on se souvient que F Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981 pour lutter contre le chômage et réduire les inégalités par une politique de relance (keynésienne) et a dû dès 82, et surtout Mars 1983, adopter une politique de rigueur (libérale) axée sur la désinflation, la lutte contre les déficits ce qui a conduit mécaniquement à une … hausse du chômage.

Dans l’opposition le PS était très critique vis à vis de la réforme des retraites de Fillon en 2003 qui aujourd’hui semble actée; il a à nouveau été très remonté sur la réforme de 2010… qu’il ne remettra que probablement, partiellement en cause.

Le dernier rapport présenté par B Hamon sur « l’égalité dite réelle » a fait des remous au PS. Certains ténors craignent que le PS au pouvoir ne déçoivent les électeurs en s’éloignant des espoirs qu’il aura fait naître par ce texte, même s’il prend le soin de dire que c’est un programme sur 15 ans.

 Iturria pense lui  que la mesure avant d’être électoraliste, est tactique. Elle viserait à gauchir le programme du PS pour empêcher DSK de se présenter ce qui ferait le jeu de M Aubry… qui ensuite ne tiendrait que peu  compte de ces promesses. Le risque est de scier la branche sur laquelle  tout ce petit monde PS se trouve.

Les racines du mal socialiste en matière de crédibilité notamment économique sont profondes. Si le PS veut que l’espoir qu’il fait naître, ne soit pas qu’une fleur éphémère qui ne resplendit que le temps de la saison électorale, il lui faudra mesurer  et quantifier ses propositions. On ne récolte des fruits que si on a le temps de les cultiver; il faut donc convaincre par son sérieux, sa capacité à hierarchiser les chantiers que le gouvernant socialiste est un bon jardinier à qui on confie le pouvoir pour au minimum 5 ans. La floraison des candidats aux primaires confirme plus que la rose sait surtout  produire des épines.

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