Brûler des morts pour réchauffer les corps
Quand on entend qu’une commune anglaise (Redditch voir ici) veut chauffer sa piscine municipale grâce à la chaleur d’un crématorium voisin, on se dit : « mais j’avais oublié que nous étions le 1 Avril ». Mais non, nous sommes en Février. Renseignement pris, ce n’est pas un canular morbide, mais une idée pour faire des économies.
On peut imaginer ce genre de coup de fil:

Ou encore, le directeur de la piscine demandant à son employé: « vite, prenez votre voiture, écrasez moi quelques vieux, la température commence à baisser ».
Il n’y a pas de raison, on pourra améliorer le système: « si vous portez votre pépé ou mémé à brûler les jours les plus froids, vous obtiendrez une remise de 15% sur les frais d’obsèques, ou mieux, un bon d’achat sur les maillots et autres accessoires aquatiques ».
L’auteur de ce blog est convaincu que comprendre les contraintes économiques et mécanismes économiques n’aide pas uniquement à comprendre l’économie, mais aussi la société d’un pays; Plus précisément, nos sociétés découlent en partie des choix économiques que nous faisons.
C’est bien que les anglais soient pragmatiques, mais il y a des valeurs à respecter et comme le dit un habitant de la région:
« C’est une insulte aux habitants, juge Robert McKenzie, le représentant du syndicat Unison dans la région des West Midlands, cela montre encore une fois que les conservateurs savent le prix de chaque chose mais ne connaissent la valeur de rien ».
Il faut se méfier d’une rationalisation trop poussée; tout n’a pas à être marchandisé (voir ici).
On hésite entre consternation, et humour noir, devant cette idée fumeuse. On se joindra à ceux qui feront feu de tout bois pour la dénoncer, tout en se souvenant qu’elle vient d’un pays qui a, au nom de la rationalité économique et pour baisser les coûts de production, réduit le chauffage des farines alimentaires et produit la vache folle!
NB: Apparemment, c’est fait. La municipalité a donné son feu vert au projet (voir ici). La phrase suivante devient désormais ambiguë: « Si tu veux grand dad ou grandpa (Pépé), on t’amène à la piscine! »
