Funeste énergie

Iturria nous rappelle la fable de Perette et le pot au lait. Elle pensait en cheminant d’un pas léger vers le marché, à tout ce qu’elle pourrait acheter en vendant son pot de lait, jusqu’à ce qu’il tombe, faisant s’évanouir du même coup, ses espoirs.
De la même manière, on avait pu croire ou voulu nous faire croire que grâce à l’énergie nucléaire, on avait un moyen de produire de l’énergie assez peu coûteux, émettant peu de GES. On a pu entendre dire que c’était une énergie propre (!).
Une énergie (presque) propre, et pas trop chère pour stimuler la croissance, que demander de plus?
Malheureusement, quand on perd comme ici le contrôle d’une centrale nucléaire, ce n’est pas du lait qui se répand, mais quantité de particules durablement toxiques, sans parler de l’eau contaminée, rejetée en mer.
Sans être forcément enthousiastes, beaucoup de personnes en particulier en France, avaient fini par se convaincre que ce choix d’une énergie dangereuse mais bien contrôlée, était raisonnable.
Manifestement, on ne peut pas tout prévoir et les générateurs de secours en France, en cas de défaillance, n’inspirent pas vraiment confiance. De même, qui peut assurer qu’un avion (avec ou sans terroristes) ne s’écrasera pas sur une de nos centrales provoquant une catastrophe en chaîne?
On se doute qu’un pays comme la France qui a beaucoup misé sur le nucléaire ne peut lui tourner rapidement le dos, mais la question d’une sortie du nucléaire (à l’allemande?) ou au moins un rééquilibrage en faveur d’énergies renouvelables doit se poser (a). Ceci dit, la question conduira-t-elle à une véritable réflexion et des mesures énergiques sur le sujet ou oubliera-t-on cette catastrophe espérant que les experts en auront tiré les conséquences, jusqu’à ce qu’une nouvelle catastrophe se produise? Décideurs et défenseurs de l’environnement auront-ils assez d’atomes crochus pour faire en sorte que l’activité humaine ne soit pas trop radioactive.?
(a) de nombreux medias abordent cette question. On peut se reporter par exemple au dossier paru dans le numéro d’Aternatives économiques d’Avril 2011.

3 Comments
______________________________________________
? La Nouvelle Économie. est la seule alternative plausible contre la montée de la tentation fasciste due à l’appauvrissement du Peuple et à la baisse inexorable de son pouvoir d’achat et donc à son désarroi.
Tout le monde crie Sarkozy Dégage mais quel est le projet économique de remplacement?
? La Nouvelle Économie. est la seule qui pallie à ce déficit d’Idées.
La Participation est GRATUITE et Anonyme.
Quel est ton Risque?
Qu’a tu à Perdre?
Quel est ton autre Option?
Mais question essentielle ici est celle d’une assurance gratuite, contre un événement Économique et Financier potentiellement catastrophique.
? La Nouvelle Économie.
______________________________________________
Bonjour Maule !
J’espère que vous allez bien ! Une légère réponse/réaction non pas au commentaire (inintéressant – je précise que je suis allée faire un tour sur le lien quand même et il y aurait beaucoup de choses à dire…) mais sur le billet. Vous vous doutez peut-être que je partage la quasi totalité de vos propos à la demie-exception faite de la référence à nos chères amis allemands.
La situation allemande sur le plan énergétique reste différente de la notre, leur dépendance à l’énergie nucléaire est plus faible. Vous soulignez aussi que la catastrophe japonaise a fait réagir Merkel aussi rapidement qu’un mouvement d’épaule de N.S ! 😉 Mais ce léger changement de cap (puisqu’elle a décidé de fermer, je crois 7 centrales nucléaires, mais quid du nombre de réacteurs nucléaires et surtout par prévention) c’était dû essentiellement à des échéances électorales importantes dans deux Landes où elle s’est prise (avec son parti – CDU) une sacrée déculottée… par le parti des verts allemand (Bündnis 90/ Die Grünen).
Est-ce que pour autant il y aura un déclic en France pour se poser la question d’un changement d’orientation sur le plan énergétique… j’en doute vraiment, car même les futures élections présidentielles (+ derrière législatives) et une possible victoire d’un PS (estampillé ou non du sceau invisible de FMI 🙂 – voire avec un programme commun aux verts ) ne devrait pas remettre en cause notre dépendance énergétique au nucléaire. Car comment, discréditer Areva, entreprise française au sommet… ?! Et puis, un autre argument serait sans doute celui de la Russie qui détient pour sa part des ressources naturelles en gaz importantes et qui nourrit l’Europe. Donc, on serait très dépendant cette fois-ci des russes. (Enfin, ce qu’on oublie de dire régulièrement, c’est qu’on achète les bâtons d’uranium…).
Alors, comme je l’ai appris en science politique et ce que vous sous-entendez dans le billet : effectivement, je pense que d’ici quelque temps, on aura oublier. En analyse de décision publique, le fait de ne pas prendre de décision (face à un problème qui a trouvé une place fortuite dans les médias et dans l’agenda des politiques) est une décision !
Peut-être en effet, qu’il faudra encore une autre catastrophe (plus grave ?) pour rebondir et changer de cap !
Bonne journée et au plaisir !
Cordialement
Mél
Bonjour Mel,
et merci pour votre commentaire tout à fait intéressant.
C’est vrai que j’ ai parlé de « nos amis allemands ». D’abord parce que ce ne sont pas nos ennemis, mais c’est un peu une facilité de langage, un lieu commun, et en même temps une nostalgie d’une époque où le couple franco allemand faisait avancer l’Europe. Ces derniers temps, on constate un sérieux rafraîchissement dans nos relations. Pas chauds pour aller en Lybie (mais ils avaient peut-être sentis que ce serait compliqué sans troupes au sol) et chauds bouillants, pour imposer une rigueur dont les effets pourraient se révéler bien néfastes (cf dernier post sur la dette souveraine).
Quant à la (préoccupante) énergie nucléaire qui ne garanttit pas effectivement l’indépendance, je ne sens pas les politiques disposés à se lancer dans une réorientation courageuse de notre production d’électricité.