L’économie change la politique

Quand la gauche est arrivée au pouvoir en 1981 après 23 ans d’opposition, elle voulait en finir avec « l’ancien régime » disait-elle (le giscardisme, ce n’était pourtant pas la monarchie), et elle prétendait « changer la vie ». La rose voulait changer la société, et très tôt (cf politique de rigueur souvent abordée dans ce blog), c’est sinon la société, du moins l’économie qui a changé le PS. Résultat: énorme déception des français.
En 2007, le candidat Sarkozy a beaucoup promis (travailler plus pour gagner plus etc…). Il voulait imposer la rupture pour changer et transformer la France. La crise économique et quelques autres déceptions ont provoqué une sévère… rupture entre lui et les français.
Pour être élu, en particulier en France et aux présidentielles, il faut apparaître comme crédible, mais aussi faire rêver un peu ou parfois beaucoup les français. Les réveils sont ensuite douloureux.
Pour 2012, compte tenu du lourd contexte économique, on est tenté de penser que les promesses devraient être mesurées, mais au fil de la campagne et pour donner du souffle aux candidatures, il faudra bien susciter l’envie de faire voter pour soi.
A l’évidence rouler en Porsche (a) comme DSK, ne fera pas rêver les français mais peut-être que la rose fanée va redonner quelques pétales reste à savoir quelles promesses (plus de justice sociale soit, mais comment?) pourrait faire élire le candidat du PS? Plus généralement, trouver un équilibre entre gestion réaliste, promesses réalisables et espérances suffisamment excitantes n’est pas chose aisée.
(a) La blague qui en ce moment amuse à l’UMP:
Quelle est la différence entre DSK et un SDF? Le SDF lui change tous les jours de porche!

2 Comments
Re-bonjour Maule,
C’est assez amusant de voir que l’on pourrait faire le même constat pour le parti travailliste en Angleterre ! Quand notamment Blair a pris le pouvoir du Labour ! On avait alors souvent parlé de New Labor pour montrer à quel point ce dernier avait changé la ligne idéologique et économique du parti. Dans un bouquin que j’ai parcouru rapidement à la bibliothèque, Blair expliquait qu’il voulait prendre exemple sur la gauche française de la période mitterrandienne (fin du premier mandat et second mandat) pour impulser un changement notamment sur le plan de l’économie. Il va d’ailleurs rompre en 1995 avec les principes marxistes (clause IV des statuts de 1918) encore présents dans les statuts du Labour et va inscrire à la place l’idée d’une « sociale démocratie de marché ».
Peut-être que c’est la majorité des PS européens qui ont mué dans leur représentation de la société ? Le PS espagnol de Zapateros et celui de Prodi en Italie avaient des idées politiques assez similaires à mon sens.
Finalement l’économie change clairement la politique et les politiques sont aujourd’hui tributaires des variables économiques… la croissance, l’inflation…etc. Du coup la question parallèle c’est est-ce que le politique (et la politique) peuvent vraiment changer l’économie ?
A très vite ! 🙂
Mél
C’est sûr que dans notre tradition française, les politiques portent le verbe haut et on a envie de croire que le volontarisme des politiques peut tordre les contraintes économiques. Il faut que l’intendance suive disait de Gaulle. De déceptions en déceptions, on comprend aussi que le FN monte.
Je vous conseille de faire un tour sur le blog de Gadrey qui s’intéresse aux écrits de DSK
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/
Les commentaires notamment de D Clerc et D TaddéÏ sont intéressants.