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Episode 34 : Le marxisme, une théorie au service de la révolution

Posted by maule64 on in Un feuilleton économique |

Bastien pensait pouvoir enfin aborder le deuxième grand courant économique, quand son collègue Toscano entra et lui demanda sa clé pour ouvrir sa salle de classe. Pas si bête se dit Bastien, alors que les élèves souriaient devant ce retard habituel de Toscano. Un léger retard a toujours des témoins, le Proviseur par exemple, en revanche, le gros retard passe presque inaperçu, excepté des élèves  qui excusent volontiers les retards des camarades et surtout ceux des profs..

–          Venons en au courant marxiste, et à Marx mort à Moscou…

Bastien fut un peu vexé que son piège tombe à plat.

–          Mais non, Marx est mort et enterré à Londres en 1883. Ville qui symbolisait le capitalisme qu’il combattait. C’est une nouvelle preuve de l’ironie de l’histoire… Il n’alla pas plus loin, ayant même cru entendre un léger : « on s’en fout ». Un peu abattu, il demanda :

–          Pourquoi parle-t-on à propos du marxisme d’un discours scientifique et révolutionnaire ?

–          Moi je sais, Monsieur. Angéla ne voulait pas rater ce qui serait sûrement sa première et dernière intervention de la semaine, et peut-être du mois.

–          On vous écoute.

–          D’abord, c’est scientifique parce qu’il dit des choses sérieuses… scientifiques quoi.

Bastien se dut d’ajouter :

–          Disons qu’il a analysé rigoureusement le système capitaliste, sans se contenter d’une dénonciation morale. Il a insisté sur les contradictions du système économique et d’autres auteurs ont pu s’appuyer sur ses travaux. En somme, ceux qui adhèrent à ses thèses sont les marxistes, des bonhommes rouges alors que ceux qui s’appuient sur son raisonnement sans forcément partager ses conclusions sont qualifiés de marxiens, sans être de petits bonhommes verts…

Toujours pas de réactions, ou plus exactement une grande incrédulité apparaissait sur les visages. Bastien préféra redonner la parole à Angéla qui s’impatientait :

–          Et puis, son discours est révolutionnaire car il pense que le système capitaliste repose sur l’exploitation, sur l’aliénation des travailleurs et qu’on ne peut améliorer ce système. La propriété privée engendre les inégalités, il faut donc abattre ce système iji… inique et le remplacer par un autre.

Il y eut un blanc. Angéla était heureuse de son intervention ou plutôt de sa tirade tant elle semblait tirée du cours de philo ou d’histoire se demandait Bastien. Il se ressaisit :

–          Et par quel système faut-il le remplacer selon Marx ?

–          Le communisme bien sûr, dit Axel.

–          Pas du tout, par le socialisme, affirma Angéla qui pour donner du poids à son affirmation se sentit obligée d’ajouter : le prof d’histoire l’a dit.

–          Bien, je reprends. Pour les communistes, le système honni…

–          Oh ni, c’est quoi Monsieur ? Comment ça s’écrit ?

Bastien eut du mal à masquer son soupir.

–          Le système honni, détesté si vous préférez, c’est le capitalisme. Il faut donc l’abattre. Leur objectif ultime, c’est le communisme. Un système sans classes sociales, où chacun recevrait selon ses besoins. Evidemment, on ne peut passer de l’un à l’autre en peu de temps. Entre le système à abattre (le capitalisme) et le système idéal qu’on veut ériger (le communisme), on doit passer par le socialisme, une phase transitoire.

Angéla s’empressa d’ajouter :

–          Le prof a dit qu’il valait mieux parler de phase de transition parce que ça implique quelque chose de long, de plusieurs décennies, alors que transitoire, ça laisse supposer que ça pourrait être assez bref.

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