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Episode : 36 Le keynésianisme, une théorie révolutionnaire

Posted by maule64 on in Un feuilleton économique |

Pas de volontaire ; Angéla se fit à nouveau discrète. Bastien pensa que le bellâtre d’histoire devait être moins à l’aise sur Keynes que sur Marx.

–          Quelle date clé peut-on au moins mettre en avant ?

–          1929, dit Axel.

–          Bien, et pourquoi ?

–          Je sais pas. C’est dans le tableau, se contenta de répondre Axel dont la bonne réponse avait surpris son professeur.

Surprise, Angéla décidément en verve, reprit la parole :

–    C’est vrai, on a vu que jusqu’en 1929, les thèses libérales dominaient mais la crise de 1929 a montré leurs limites, et à partir des années 30, ce sont les thèses keynésiennes qui vont influencer les politiques économiques.

Bastien se hasarda à demander :

–          Et avec qui, vous avez vu ça ?

Il fut soulagé par la réponse.

– Ben, avec vous.

–  Pensant qu’il appartenait sûrement à la catégorie des « beaux gosses » du lycée, condition de base pour que son cours marque une élève comme Angéla, il put compléter la réponse.

–  Le capitalisme est au bord du gouffre en 1929. Les hommes politiques, tels Roosevelt aux Etats-Unis et son new deal, vont décider qu’il faut remettre en marche la machine économique et que c’est à l’Etat qu’incombe cette tâche. Dès 1933 aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne (avec bien sûr des objectifs belliqueux dans le cas de Hitler), on voit intervenir l’Etat qui passe des commandes et se lance dans une politique de grands travaux. Et pourquoi a-t-on parlé de révolution keynésienne ?

Bastien eut le plaisir de constater que Bouchra consultait ses notes. Il lui donna la parole.

–          On peut dire que c’est une sorte de révolution puisque avant Keynes on pensait que l’Etat (gendarme) devait peu intervenir, et désormais on trouve normal qu’il joue un grand rôle ; on parle d’Etat-providence.

Bien sûr, Bastien savait qu’il aurait fallu indiquer que l’Etat avait été moins absent des affaires économiques au 19 ème siècle qu’on le dit, mais l’idée principale mise en évidence par Bouchra était bien qu’à partir des années 30 et surtout après 45 que l’Etat est devenu un acteur économique majeur. Il préféra clarifier un autre point.

–          Puisqu’on parle de révolution keynésienne, faut-il rapprocher Keynes de Marx ou de Smith ?

Une majorité d’élèves répondit :

–          Smith !

Bastien oublia les quelques réponses discordantes, et se dit avec fierté que son discours martelé en première, avait laissé des traces. Il voulut rester sur cette impression positive. Plutôt que de demander des précisions, il préféra les donner directement.

–          Marx est vraiment un révolutionnaire dans la mesure où il veut abattre le système capitaliste. Keynes lui, est un réformiste. Il veut aider le capitalisme à continuer à fonctionner. Il cherche à le pérenniser. Simplement, au contraire des libéraux qui estiment que ce système peut régler seul ses problèmes, il pense qu’il faut une espèce de technicien (en l’occurrence l’Etat) qui trouvera les réglages optimums pour que la machine économique, donc le système capitaliste, fonctionne bien.

–          Monsieur, vous pouvez préciser le rôle de la demande ? Vous avez dit un jour qu’il est fondamental, mais je ne sais plus trop pourquoi.

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