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Encore un trader fou?

Posted by maule64 on in Eco...nnerie lue ou entendue |

Neeson qui avait coulé la Barings et Kerviel qui a coûté près de 5 milliards d’€ à la Société Générale, ont fait un émule en la personne d’un trader basé à Londres travaillant pour la vénérable ou prétendue telle, UBS, banque suisse. Résultat des courses, 2 milliadrs de perdus et dans la foulée des licenciements. Les commentateurs ont parfois titré sur un trader fou, mais n’est-ce pas plutôt le système financier qui est… déséquilibré. A partir d’une savoureuse métaphore, on avait déjà eu l’occasion de …deviser sur la bourse.

 

A. Kostolany (a) présentait à peu près de la manière suivante  les relations entre l’économie réelle (celle de la création de biens et services et de l’emploi) et la Bourse.

Il racontait la parabole du promeneur et du chien:

L’homme flâne, se promène à son rythme. Le chien lui court à toute allure, s’arrête, rejoint son maître, puis le dépasse et continue ses allers retours. Au total, il parcourt bien plus de terrain que son maître.

Cette présentation de la Bourse est plus flatteuse pour elle qu’on ne pourrait le croire.

Après tout, la Bourse  serait un chien fidèle et l’économie réelle son maître. Le premier ne nuit pas au second. Ses courses un peu désordonnées raviraient le promeneur, stimulé par l’allant du chien. De même, la Bourse aiderait l’économie à se financer et serait un aiguillon très stimulant, encourageant les projets novateurs et ou rentables et sanctionnant les activités dépassées. Finalement, malgré de brèves périodes en sens contraire, l’un et l’autre, chemineraient dans la bonne direction.

On peut filer la métaphore et se demander si en fait, cet animal n’est pas un chien fou. Il court dans tous les sens et finalement épuise son maître. Celui-ci est souvent freiné dans sa progression à cause du comportement  erratique de son chien. L’économie elle aussi, devrait être sécurisée par la Bourse qui l’aiderait à se financer, mais en définitive, elle subit les coups d’accélérateur (surchauffe spéculative) puis les coups d’abattement du chien fougueux (éclatement de bulles spéculatives qui ont un impact négatif sur la croissance et donc le bien-être des populations).

 

D’autres, sont encore plus sévères et voient dans la Bourse une espèce de chien enragé dont il faudrait se débarrasser. F Lordon dans un article musclé du Monde diplomatique (voir ici) explique que pour lui la Bourse sert à générer des profits financiers déstabilisateurs pour l’économie réelle, et estime que par des canaux plus classiques de financement, notamment  pour les start up (petites entreprises se développant dans les nouvelles technologies) on pourrait par exemple grâce aux banques financer plus efficacement l’économie.

 

Cette proposition radicale ne convient pas à tous, mais néanmoins de nombreux économistes depuis les déboires des dernières années, doivent convenir que la métaphore du chien  est recevable; alors mieux vaut contrôler la Bourse (la tenir en laisse? comme l’évoque ce post de Ch Chavagneux, voir ici) pour éviter que notre économie ne s’écroule comme un simple jeu de quilles.

 

On peut trouver ici une vidéo mise en ligne par l’euro député Pascal Canfin, il s’agit de témoignages pour le moins troublants de traders.

http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2011/09/confessions-de-traders.html

(a) cité dans « le dictionnaire des idées reçues économiques » chez Syros éditeur

 

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