La zone Euro: un peloton indiscipliné

Iturria illustre à sa manière le couple franco allemand, souvent moteur de la construction européenne.
On peut relativiser et filer cette métaphore.
Le couple est sur un tandem mais ils ne semblent pas vouloir aller dans la même direction. En réalité, sur la taxation des transactions financières, Berlin et Paris partagent à peu près le même objectif mais d’autres pays y sont moins favorables, sans parler du Royaume-Uni qui ne fait pas partie de la zone Euro mais veut à tout prix protéger sa place financière londonienne.
La zone Euro n’est pas un duo et puisque d’autres pays peuvent faire route avec nous, ils entendent dire leur mot sur la voie choisie. Par exemple, la Finlande a exigé des garanties supplémentaires de la part de la Grèce, si elle veut son accord au plan d’aide destiné aux grecs.
Ces comportements « individuels » font douter de la volonté des pays de la zone de se comporter en véritable équipe et les marchés financiers par leurs inquiétudes et arbitrages fragilisent encore plus non pas cette équipe, mais cette association de pays.
Il est vrai qu’il n’y a pas de solution si simple qu’on le dit. Aujourd’hui beaucoup appellent de leurs voeux la création d’eurobonds (euro-obligations) ou créances communes, mais l’accepter revient à faire bénéficier de taux d’intérêt bas des pays mal gérés au risque de pénaliser ceux qui ont des finances saines et de déresponsabiliser les moins vertueux (voir ici). Ces eurobonds passent aussi par une gouvernance économique plus étroite et donc par plus de fédéralisme. Il faudrait une belle volonté politique pour y arriver et changer de braquet dans la coopération économique!
On sent bien que la scission entre les pays proches de l’Allemagne et des pays du Sud (les PIGS , le « club med » voir ici) devient un scénario de plus en plus évoqué et donc de plus en plus possible.
Pourtant, en scindant ainsi le peloton au lieu de le ressouder ne risque t-on pas de perdre haleine à courir derrière une crise qui depuis 2008 nous impose sa cadence? En se débarrassant des moins forts ne va-t-on pas perdre encore plus collectivement?

2 Comments
Après l’échec que l’Allemagne a subi avec la mise sur le marché de nouvelles obligations à la fin du mois de novembre, il semblerait que la seule solution pour sortir l’Europe de la crise de la dette qu’elle traverse en ce moment soit la création et la mise sur le marché « d’eurobonds ».
Buildings are not cheap and not every person can buy it. Nevertheless, credit loans was created to aid people in such kind of hard situations.