Des mots pour les maux
J’ai relu avec plaisir le livre de Philippe Frémeaux sur les « mots de la crise » (a) et illustré avec talent par G Mathieu un vieux complice d’Alter Eco.

Disons le tout net, il y a peu de chances que cela devienne le livre de chevet des dirigeants du Medef.
En guise d’aperçu, je vous propose 3 parcours pour vous promener dans ce petit dictionnaire.
Parcours 1: Le Medef exagère, avec en majuscule les termes définis par Ph Frémeaux. LICENCIEMENT (à l’amiable). Mme Parisot estime que dans la vie tout est précaire, l’amour, le travail et donc un licenciement est la chance d’un nouveau départ ou.. licenciement?
Oui à la flexibilité des travailleurs mais il est normal qu’il y ait des PARACHUTES DORES ou encore des STOCKS OPTIONS. Tiens, le mot CUPIDITE est aussi défini, mais où dois-je le classer?
Parcours 2: Le détournement des mots. un PLAN SOCIAL protège les salariés ou signifie l’enterrement de bien des espoirs? La RECESSION est une mauvaise nouvelle qui devient plus présentable quand on parle de croissance négative. Et la CROISSANCE VERTE rassure-t-elle les écologistes?
Enfin, on se rend compte que le contraire de la REGULATION n’est pas la dérégulation.
Le parcours 3 est le plus « flippant », c’est celui de la crise qui justifie cet ouvrage.
On prendra une rasade de SUBPRIME à laquelle on ajoute de la DESINTERMEDIATION, on ne lésine pas sur la TITRISATION, on arrose abondamment de BONUS et TRADER, on ajoute son grain de sel avec les AGENCES de NOTATION et on obtient une indigeste CRISE de foi dans le CAPITALISME.
En bonus, on recommande le KERVIEL devenu une espèce d’unité de mesure. un déficit de 10 kerviels (50 milliards) cela devient préoccupant pour un Etat.
En résumé, un petit livre qui est une économie de mots pour décrire avec impertinence les maux économiques.
