Les rhinocéros usés jusqu’à la corne
Un reportage de l’émission « Envoyé spécial » (présentation ici du reportage) s’est penché sur le trafic de cornes de rhinos et sur les moyens de le freiner.
Les braconniers n’hésitent pas à tuer ou à immobiliser brutalement des rhinocéros qui ensuite risquent d’en mourir, pour scier leurs cornes.
On apprend avec étonnement qu’un des moyens pour lutter contre les braconniers consiste à anesthésier les rhinos pour leur couper sans autre dommage les deux cornes quitte à recommencer l’opération quand elles auront repoussé.
Un fermier qui défend ces animaux va plus loin et estime qu’il faudrait pouvoir commercialiser ces cornes ce qui est aujourd’hui interdit en Afrique du Sud. Ainsi, il s’agirait d’alimenter légalement un marché qui existe de fait, mais de manière opaque, illégale. Autrement dit, puisque le marché de la corne existe contrôlons son offre en l’alimentant par des « tailles » autorisées.

La recherche du profit, la cupidité génèrent un marché, eh bien c’est par une logique de marché que certains veulent régler le problème … ou accroître leurs revenus?
Cela fait penser au marché des droits à polluer (en fait permis négociables d’émission de gaz à effet de serre) pour limiter le réchauffement de la planète. L’idée est qu’il faut faire quelque chose et qu’on peut responsabiliser les acteurs économiques grâce à la logique du marché. On peut douter de l’efficacité de la démarche (voir ici) pour le réchauffement et on peut se demander s’il est bien raisonnable de chercher à protéger les rhinos en sciant réguliérement leurs excroissances, leurs cornes.
Avec un peu de mauvaise foi ou de lucidité, on peut se demander comment certains voudraient combattre le trafic d’organes, en autorisant leur vente?

